Archive pour la Catégorie 'voyage 2009'

La maternité de l’hôpital REMA, lieu de naissance

bonjour à toutes et tous,

voici enfin des nouvelles de notre vie à Ruyigi. Patrick a des milliers d’histoires à vous raconter concernant le terrain de foot, Thibaud et Babou ont suivi assudiment les entraînements avec leur nouvelles équipes, une grande journée a été organisée par le FC Etoile de l’Est en notre honneur et en remerciement pour l’envoi du  matériel de foot….. tout ceci vous sera raconter dans quelques jours. Notre séjour à Ruyigi se terminera dimanche. Nous passerons 3 jours dans la capitale , à Bujumbura,puis ce sera le retour en Suisse. Alors, bonne lecture et à bientôt.

Les 5 Oberli’s

 mescollguesderema.jpg andretthierrysupertechniciens.jpg nouveaunrema.jpg

Hôpital REMA, mardi 14 juillet 2009

Voilà quelques jours que je retrouve mes collègues infirmières du service de maternité, que je les vois à l’oeuvre, et que j’ai envie de vous partager les émotions que j’ai ressenties.

Même si l’hôpital est superbe, avec du carrelage partout, des néons, des toilettes et douche dans chaque chambre, la différence avec nos structures est incroyable. Ici, tout est réduit au plus simple, au plus urgent, « sans chichis ». Pas question d’avoir 150 sets de pansements stériles prêts dans une armoire, des casiers entiers de seringues et de tubulures de perfusion……… 5-6 pièces suffisent ! Les compresses pour les soins sont découpées avec lenteur et patience lors des moments « creux » de la journée, tout cela autour de discussions en kirundi, kirundi dont je ne maîtrise que les rudiments!

Le matin, après le colloque matinal de 7h45 fait par les 2 infirmier(ère) veilleur(euse) devant tout le personnel de l’hôpital, directeur, les 3 médecins, l’équipe du bloc op, celle du labo et de la pharmacie, nous retournons dans le service, avec le vent des montagnes comme compagnie. Les bâtiments sont d’un étage, les couloirs à ciel ouvert, une porte fermée à clé réglemente les allées et venues de chacun. Un grand silence règne……… des femmes, plutôt agées, des garde-malades comme on dit ici prennent l’air, assises sur des chaises en plastique ou à même le sol. Elles nous regardent avec leurs grands yeux de biches africaines, mais, rapidement baissent le regard.

Nous ( ma collègue Jeanine et moi) entrons dans la salle de soins et d’accouchement et prenons place sur des chaises, (petite anecdote, ce sont des « chaises percées sans pot » ) et nous relisons chaque dossier et partons faire les soins du matin. Encore une fois, je découvre la précarité et la simplicité ……… les jeunes mamans sont couchées dans des lits, avec des draps disparates, elles sont nues et à leurs côtés dorment d’adorables nouveaux-nés emmaillotés dans des pagnes et des couvertures. Pas de belles chemises blanches, pas de petits berceaux remplis de peluches et de joujous, pas de table de nuit remplis de cadeaux, de fleurs ou autre !! Jeanine leur pose des questions en kirundi et les réponses des femmes sont faites, tête et regard baissés, comme soumises, elles découvrent leur corps avec pudeur. Une odeur âcre de sang, de transpiration, d’urine m’arrive dans les narines …..ici pas de protection hygiénique ou de pampers, de simples bandes de tissus font l’affaire. Jeanine enlève avec des gestes sûres la sonde urinaire, remplace la perfusion, fait une injection, prend du sang pour un dépistage de malaria chez une maman fiévreuse. Je suis impressionnée par la confiance des personnes soignées, elles ne protestent jamais, accomplissent ce que l’infirmière leur demande……. obéissance, soumission ……… je ne saurais dire mais je ne peux m’empêcher de faire le comparatif avec certains de nos patients, très demandeurs, râleurs, impatients, exigeants…. quelques journées en Afrique leur feraient du bien!!!

Nous passons de la chambre des accouchées et césarisées aux parturiantes hospitalisées pour menace d’accouchement prématuré. Une à une, elles viennent d’un pas lent et mesuré dans la salle d’accouchement pour le contrôle des BCF ( battements du coeur du bébé). Ici encore pas d’appareil sophistiqué, juste un stéthoscope obstétrical en bois en forme de corne posé sur le ventre des mamans. Jeanine capte tout de suite les battements du bébé, moi par contre je dois m’y reprendre à plusieurs fois, je n’ai pas l’oreille très affutée. On ne change pas le drap vert entre chaque patiente, par contre le port de gants, et le changement de gants est correct. Je précise que les lingères, lavent depuis plusieurs jours le linge à la main, sur des grands lavabos car les 4 machines à laver sont en panne!!!

Tout à coup, une maman fait irruption dans la salle d’acc, courbée par la douleur des contractions et se couche à même le sol !! Jeanine, gentillement lui demande de se relever et d’aller sur le table d’accouchement; et sous mon oeil de musungu, la suite se passe en quelques minutes. Ici, donner la vie est un acte naturel, et je redécouvre ce que nos arrière-grand-mères vivaient au siècle dernier.

Une femme est en train d’accoucher de son 1er bébé, les autres, assises dehors chantent des chants en kirundi. Jeanine prend en main l’accouchement, car ici les infirmières sont toutes des sage-femme également. Elles font les épisiotomies, recousent, s’occupent des soins du nourrison …….. par manque de médecins, les infirmières sont polyvalentes.

La femme, gémit doucement sous la puissance des contractions, les douleurs de l’enfantement sont normales donc pas question de péridurale, de calmants ou d’un bain chaud ……. Les paroles s’accélèrent, une femme de ménage, en tablier et bottes en plastique fait son entrée dans la pièce et participe aussi à l’accouchement. Une petite tête, recouverte de petits cheveux crépus apparaît …….. la suite se passe en quelques secondes ………. oup , le petit est là, on le tient par un pied et il se met à crier …….. ouf, il est bien tonique et en pleine forme. Le cordon ombilical est coupé, le bébé part dans les bras de la femme de ménage, Jeanine l’infirmière, reste auprès de l’accouchée pour la suite…(placenta, suture de l’épisio) Je me dirige tout émue vers la table ou le petit garçon est couché. On l’essuie avec des compresses, on aspire les sécrétions de ses voies respiratoires avec une pompe en forme de poire, on noue un fil stérile sur le cordon, une compresse et le petit ventre est bandé avec une bande stérile, ensuite on l’emmitouffle dans un drap vert de salle d’op + une grande couverture reçue par une ONG …… pas de joli petit pyjama bleu ou rose, pas de bain sous l’oeil émerveillé du papa. Les papas, on les voit discrètement derrière le portail ……… l’accouchement reste un acte entièrement féminin ! Les petits africains naissent avec une peau très claire, presque rose ………. un petit musungu !!

Derrière le paravent, je vois Jeanine qui aide la jeune maman à se relever …. celle-ci vient voir son bébé. Elle le regarde de la tête au pieds mais ne le prend pas dans ses bras, ne l’embrasse pas. Elle va s’asseoir sur une chaise en plastique, se tient le ventre mais n’exprime pas sa douleur. Pour avoir accouché 3x, je peux affirmer que les douleurs de l’accouchement sont les pires douleures ressenties et j’ai apprécié les anti-douleurs.

Nous accompagnons la maman et le bébé dans leur chambre, et les installons les 2 dans le même lit.

De suite, apparaissent les grands-mères qui viennent aider la jeune maman. Le petit est mis au sein….l’allaitement va de soi……… pas de tire-lait, de tétrelle, de biberons après chaque tétée, pas de poids pris avant et après. La jeune maman exprime sa reconnaissance à Jeanine avec un sincère Murakoze, mais pas de sourire.

Pour moi, cette expérience est unique; j’apprécierai d’autant plus tout le confort que nous avons en Suisse pour pratiquer notre profession, la profusion de matériel de qualité, les médicaments toujours disponibles, pas de problèmes d’eau ou d’électricité ……. et je tire un grand coup de chapeau à tout le personnel médical dans les pays tropicaux.

Reportage Laure 2: Au Milieu Des Vaches!

gervaisetsesveaux.jpg jeunesfermiresjp.jpg

Reportage 2 Ruyigi, le 9 juillet 2009

La ferme de Nyamutobo

Alain Gervais carresse le front noir et blanc du taureau. Ce petit bout d’homme de 4 ans et sa famille sont revenus il y a très peu de temps au pays. Ils étaient réfugiés en Tanzanie. Gervais, le père d’Alain, qui dirige maintenant la ferme de Nyamutobo, nous donne quelques explications concernant leurs vaches. « Il y a en tout 10 vaches dont 2 taureaux et 2 veaux », dit-il, et « chacune coûtent environ 1,5 millions Francs burundais » (ce qui correspond à 1500 Fr). Ces vaches sont une race importée de l’Ouganda appelée frison croisée. Elles vivent en stabulation permanente dans des box en bois parce qu’il n’y a pas assez de place pour les laisser errer. Leur régime alimentaire se compose d’herbes coupées dans les champs au alentour. Elles ont également une  »pierre à lèche »(sel)! Il y a 2 vaches laitières. Celles-ci produisent 10-15 litres de lait par jour pendant la saison sèche et 15-20 litres pendant la saison des pluies à elles 2.

Cinq enfants mal-nutris de la campagne choisis pas le centre mère-enfants de la Maison Shalom bénéficient de ce lait. Malheureusement, le nombre d’enfants sous-alimenté est tellement grand, que cela ne suffit pas. D’autant que les vaches produisent que très peu, car leur nourriture est pauvre.

Cette race est fragile. Les bovins subissent un traitement antitiques exterieur régulier. Une question se pose: pourquoi ne prennent-ils pas des vaches locales qui sont plus résistantes? « La première raison, c’est qu’elles n’acceptent pas la stabulation permanente car elles sont habituées à errer. Quand elles se trouvent enfermée elles refusent de manger. De plus, ce ne sont pas des vaches laitières, elles donnent au maximum 2 litres de lait par jour. »

Le fumier est très important pour les cultures. Le type de stabulation utilisée permet d’en recuperer au contraire d’une vache libre. Pour le moment, il n’y a pas d’autres animaux dans la ferme mais Gervais espère avoir bientôt des poules. A côté des box se trouve des femmes occupées à égrenner les haricots en frappant sur les pousses avec de grands bâtons. Les résidus seront utilisés comme foin. En période de pluie, la main d’oeuvre est constituée d’environ 150 personnes dont une majorité de femmes. Les gens sont formés au travaux agricoles pour ensuite pouvoir le reproduire chez eux.

notre nouvelle vie au Burundi

 

Vendredi 10 juillet 2009

Les journées passent, à leur rythme, et voici une semaine que nous avons quitté notre vie marinoise.

En une semaine, beaucoup d’événements se sont produits, grand nombre de découvertes pour toute la famille Oberli.

Voici un pe tit résumé de notre semaine auBurundi

 

Pour Patrick  mesureterrain.jpgpatgervaisetvincent.jpgpatetbabou.jpg

grandes négocations avec l’administrateur de Ruyigi concernant l’octroiement d’un terrain de sport pour la population de Ruyigi, les enfants de la Maison Shalom, les footballeurs de l’Etoile de l’Est, les lycéens de différentes écoles. Tout cela à force de tél , rencontres, discussions. Les travaux pour l’aménagement du terrain se feront au cours de ces prochains jours …….. patience, ce n’est pas en un jour que Paris fut bâti !!!

Tout cela se fait sous l’oeil de Gervais, qui rêve depuis longtemps de ce projet-SPORT et qui travaille dur depuis de longues années.

Autre occupation de Patrick : parcourir avec Michel, responsable de la communication de la Maison Shalom et Laure ( apprentie journaliste) les différents secteurs de la Maison Shalom. Mardi, c’était l’hôpital REMA, mercredi la ferme. La semaine prochaine, nous irons dans les frateries de Muhere, saluer les petits protégés de Maggy, et pour suivre les projets de notre association suisse « un avenir pour les enfants du Burundi », nous irons voir les résultats de l’utilistation du four solaire.

Pour Thibaud:

thibentourdecopains.jpg thib2.jpg

signalons que notre grand gars aux longs cheveux blonds ne passent pas inapeçu ici. Ses occupations sont le foot, avec des entraînements spécifiques de gardien qui enchantent les jeunes gardiens du FC Etoile de l’Est. Il a également retrouvé ses amis tambourinaires et les rejoint les lundi et mercredi soir. A force de frapper les tambours, ses mains sont « couvertes » de cloques !! Il a vite retrouvé le rythme; prochain défi : porter le tambour sur sa tête comme ses camarades tambourinaires.

Laure :

laureetquipefm.jpg laurevianney.jpglesfilles.jpg

comme ses amies Lydia et Lysette ne sont pas là, et que la garderie a été fermée ( Maggy construit une école maternelle sur ce lieu) elle a pris le parti de faire du journalisme avec son papa et ainsi se promène partout avec un appareil photo et un calepin dans la main. Elle devient une pro de la photo !! nous vous ferons découvrir ses photos lors de notre retour car , pour le moment , il est difficile de passer plus qu’un texte par la connection internet. Laure a également fait la connaissance de l’équipe féminine de foot du FC Etoile de l’EST. Elle a suivi un entraînement avec ses nouvelles amies, près du Lycée féminin de notre Dame de la Joie. Prochains projets : aller saluer ses petits amis dans les frateries, aller au marché avec l’équipe de la Villa des Anges et apprendre à cuisiner burundais,……… aller danser dans la discothèque aux rythmes des musiques de son ami le D’J Landry …………. la semaine prochaine sera bien chargée !!

Pour notre « petit » Babou,

babou.jpgbabou2.jpg baboujonglage.jpg

 

sa notorie té n’est plus à faire dans le village. Il est connu partout, pour ses talents de footballeur et de jonglage, mais certainement aussi parce que c’est le plus petit musungu. Tout le monde l’adore, les enfants, mais surtout les adultes …… il est le petit « chouchou » de tous.

Et pour Maman Laure ou Maman Thibaud,

vroinf.jpg

j’ai passé toute la semaine à l’hôpital REMA, plus particulièrement dans le service de maternité. J’ai eu la chance d’assister à plusieurs accouchements, en observatrice bien sûr. Il est clair que je n’ai pas trouvé nos critères d’hygiène et de prise en charge européennes, mais je suis admirative devant le travail accompli par mes collègues infirmières-sage femme. Comme je vais chaque jour « au travail » avec deux collègues et amis belges, Maurice qui s’occupe de la pharmacie et du stock de matériel médical et Andé , bio-technicien, nous pouvons partager nos impressions, ventiler et relativiser……….. ça fait du bien de pouvoir exprimer nos ressentis, c’est également plus constructif.

Projets pour la semaine prochaine: passer quelques jours en pédiatrie, aller dans les frateries, apprendre à cuisiner africain et acheter de l’artisanat. Sans oublier de distribuer le matériel que nous avons apporté.

Les équipements de foot , ainsi que les ballons et les « godillots »seront distibués de manière officielle avec Gervais, Vincent, Alexandre et Fidèle la semaine prochaine.

Le matériel médical (ciseaux, biberons, matériel de puériculture, médicaments et pommade) a été donné lundi matin. Les livres médicaux, conçus pour les infimier-infirmières ont été remis au Dr Patrick, responsable de l’école para-médical de REMA.

Les trousses avec crayons et ardoises seront données dans les frateries.

Les t’shirt, casquettes et autre M08 seront donnés aux enfants du village.

Voilà, en quelques mots le récit de notre vie ici, à Ruyigi. Nous vivons de grands moments d’émotion, beaucoup de questionnement, de découvertes dans ce pays majestueux des grands lacs.

On pense fort à vous tous. Bisous

Véro

Les reportages de Laure I

Apres s’etre essayee au secretariat, Laure a decide de realiser des petits reportages dans le sillage de Michel, le charge de communication de la Maison Shalom. Voici le premier:

nadineetsonbbjpg.jpg

 

 Reportage 1                                                                                     Ruyigi, le 7 juillet 2009

Maternité de l’hôpital REMA  

Couchée dans un lit vert, entourée de 3 grand-mères, se trouve une jeune femme de 19 ans, répondant au nom de Nadine. Celle-ci est maintenant mère d’un magnifique petit garçon de 3 kg, encore avec la peau toute claire et d’adorable petit cheveux crépus. Mais l’accouchement n’a pas été de tout repos et cela se voit sur le visage de la jeune mère. L’enfant est né lundi par césarienne. Il doit la vie au médecin et infirmières qui ont pratiqué l’opération avec un grand calme. Lorsqu’ils l’ont sorti du ventre de sa mère, il était tout gris et ne respirait pas. Les infirmières ont eu recours au massage cardiaque pour le ramené à la vie puis l’on placé sous une couveuse de fortune, faite d’une lampe de bureau. En ce moment même, il doit être entrain de dormir contre sa maman. Le nom du bébé n’a pas encore été donné officiellement car Nadine veut le choisir en compagnie de son mari. Si sa n’en tenait qu’à elle, le nouveau-né s’appelerait Thierry. Le petite famille habite à Rutonganikara???, à 5 km de Ruyigi. Un centre de santé se trouve à proximité de leur maison mais Nadine a préféré faire quelques km en plus pour avoir des soins de meilleurs qualités. Elle a d’ailleurs exprimé être satisfaite des soins qui lui ont été procuré. Le père de l’enfant est très heureux de cette naissance. Il était présent lors de la césarienne et est venu faire une petite visite quelques minutes avant notre arrivée. Le petit Thierry est leur 1e enfant et surement l’ainé d’une longue série. Car, si il n’y a pas de complications suite à l’intervention chirurgicale qu’elle a subi, Nadine prévoit d’avoir 8 enfants! Elle restera encore 3 jours à l’hôpital si tout se passe sans problème puis pourra rentrer tranquillement à la maison avec son boudechou! Selon le médecin chef il y aurait 3à4 césariennes et une dizaine d’accouchements normaux par semaines. Dans la même chambre au mur rose que Nadine, une autre femme est entrain  d’allaiter son nourrisson. Celui-ci est âgé de seulement une heure. Le courage de la mère est impressionnant. Elle est arrivé le matin à 7h et est allongée sur la table d’accouchement 3h plus tard. En une vingtaine de minutes le bébé, un garçon,  est là. Sa mère était contente. Quand elle est allée le voir, elle a trouvé qu’il a une grosse tête. Toute la procédure s’est déroulée sans anti-douleur et la jeune femme ne s’est jamais plainte. Demain elle sera denouveau à la maison.

Laure

 

Cesarienne au petit-dejeuner

Lundi matin 6 juillet 2009 

 

Franchement, aucun membre de la famille des  Oberli’s  ne fait le malin cet après-midi !!! je crois que nous sommes tous sous le choc !!! et à plusieurs niveaux. 

Tout d’abord, nos estomacs sont un peu chamboulés; hier c’était Laure qui n’avait pas digéré les arachides et a passé la fin de la journée « patraque et embarassée », à midi, c’est Babou qui commence à vomir……… et cela lui était doublement douloureux puisque nous avions des haricots à midi comme il l’avait demandé le jour d’avant et des brochettes le soir.. Le pauvre chou est endormi et récupère !! 

 

Notre 1ère journée sur le terrain est organisé ainsi; les filles partent du côté de l’hôpital, les garçons se dirigent  vers des négociations avec l’administrateur de Ruyigi et Maggy pour un terrain de sport communal , principalement pour construire un terrain de foot……… voilà le commencement de l’histoire … 

 

En écrivant ces quelques lignes, j’ai les mains qui temblent encore de mon expérience de ce matin.C’est donc avec une joie et une impatience grandissante que je pars pour l’hôpital REMA, remplie de bonne volonté. Laure m’accompagne pour visiter les lieux, qui ont bien changés depuis 2 ans ! Deux amis et collègues belges vont également à REMA, Maurice chargé d’organiser la pharmacie et le stock ( et qui en est à son 2ème voyage, donc connaît
la Maison et les diverses problématiques ) et André, bio-technicien retraité qui aura la lourde tâche de réparer des appareil médicaux, des couveuses , (un super Mike Giver avec une pince magique) mais surtout de former un collègue de REMA qui pourra faire les réparations seul, le moment voulu … Bref, nous voilà tout joyeux dans la voiture de Maggy. Nous sommes accueillis par les médecins, les infirmières et le personnel de l’hôpital. De grands sourires illuminent des visages que nous connaissons déjà et les accolades sont généreuses. Maggy ouvre le colloque en faisant les présentations et nous voilà remis aux mains de nos différents responsables de services. André part avec Thierry direction le local technique, Maurice retrouve ses collègues de la pharmacie et du stock médical ( ah, tiens, le stock médical me rappelle quelque chose ….!!), Laure part avec Jean-Baptiste dans les bureaux administratifs, et moi, je rejoins mes collègues infirmières de maternité. A peine arrivée dans le service, on me dit qu’il a y une césarienne chez une jeune primipare ( un petit bout de femme de 16ans environ, 1,40m et pas plus de 40kg ), car il y a souffrance foetale: en d’autres termes, le bébé souffre et il faut pratiquer d’urgence une césarienne!! On me demande si je veux assister, et j’accepte. On part enfiler nos habits verts de salle d’op et nous voilà au bloc op. Mais le hic, arrive après quelque secondes: on me demande de participer à la réanimation du bébé……. !! je leur explique que je ne sais pas réanimer un nouveau-né !! première frustation ! Heureusement l’infirmière de maternité, Claudine est là pour tout asssurer. 

Impressionnée par la qualité du matériel en salle, je regarde Désiré le médecin et les infirmiers -anesthésie commencer la césarienne. Mais très rapidement, ma tête commence à se serrer, de fines goutelettes perlent sur mon front ……, par précautions , je m’éloigne de la table d’op pour respirer un peu d’air frais ……….. et ………. je me réveille étendue par terre, après fait une petite syncope !!! Le bébé est déjà là, tout petit, sans cris, sans signes de vie et je vois les 2 infirmières le secouer et commencer la réa !! et moi, pauvre petite musungu, je suis étalée par terre ..!!! autant dire que je me sens nulle et incapable. 2ème frustration. 

Claudine aspire ce petit avec une espèce de pompe et ENFIN il se met à émettre de petits cris et pleurs; quelques minutes d’oxygène, un peu d’eau sucré injecté par le cordon ombilical et je vois ce magnifique petit garçon prendre vie ……… ! Comme  il va mieux, nous allons le transporter en maternité pour la suite des soins et Claudine me donne ce petit bout d’homme dans un grand drap vert ……… les larmes aux yeux, le coeur serré d’émotion, je le porte comme le plus beau des cadeaux de la vie ……. bienvenue sur la terre petit prince, je souhaite que ta vie soit douce et agréable. J’espère que ta jeune mamam reprendra vite des forces. 

 

Arrivées dans le service, Claudine et Mado ( l’infirmière-chef adjointe) pratiquent les soins du cordon, font 2 double noeuds avec du cordon stérile et bande le petit ventre, qui respire régulièrement. 

Pas de couveuses (elles sont les 6 en panne), pas de saturomètre, pas d’oxygène, pas de perf pour ce petiot, mais il va bien et tout le monde est rassuré. Pour qu’il soit bien au chaud, on branche pour quelques minutes la lampe du bureau au-dessus de lui, on l’emmaillotte dans une couverture en attendant le retour de sa jeune maman. 

 

Comme la situation est stable, Mado et Claudine me font découvrir le service de maternité et m’expliquent à tour de rôle, la salle des accouchements qui fait également office de bureau et salle de soins ambulatoires, une chambre avec 2 femmes enceintes hospitalisées pour douleurs abdo, la salle commune des accouchées (6 lits pour les femmes de la campagne, avec de la place pour les familles, qui ont le rôle de garde-malade) , 2-3 chambres de 1-2 lits pour les « privées » et la salle de matériel. Nous échangeons nos pratiques et chacune de nous découvre un autre monde médical avec  un rôle infirmier différent. 

Après la visite médical du docteur Désiré, nous donnons les soins à 2 jeunes mamans; l’une a accouché à la maison et a une déchirure importante qu’il a fallu suturer. Il a fallu aussi lui donner des antibiotiques pour éviter l’infection et probablement le décès. L’autre est une autre jeune personne très triste, qui a subi une césarienne pour une mort in-utéro de son bébé……! Les soins sont quasiment identiques, c’est pourquoi j’ai ENFIN pu effectuer de petits soins et pour la 1ère fois de la journée, je me suis sentie « utile » et efficace. 

Il est midi et dehors m’attendent Maurice et André. Je suis heureuse de les revoir et je prends congé de Mado et Claudine pour aller manger à la villa des Anges et retrouver Patrick et les enfants. Laure a elle aussi passé une matinée épuisante, elle devait enregistrer sur l’ordinateur avec clavier version anglaise, les noms et prénoms des patients soignés à REMA, et malgré quelques rudiments de kirundi, les Y N ‘ des noms kirundi ont causé bien du soucis à notre grande fille. 

A notre arrivée, le repas n’étant pas prêt, nous retournons voir « nos hommes » à la villa suisse pour leur faire part de nos émotions de la matinée …….. personne ! L’entraînement de foot dure plus longtemps peut-être……….. non, ils avaient fait un saut à la cité des Anges vers Prosper ……… pas le temps de faire de longs discours……… Babou passe comme une fusée pour se diriger aux toilettes …….. pauvre bonhomme !! 

Le reste de la journée se déroulera pour Babou et moi à la maison, Thib et Laure ont eu la joie de retrouver Antoine, enfant de
la Maison Shalom, qui les emmera plus tard vers les tambourinaires, qui se feront une joie d’inviter leur frère tambourinaire-musungu à rejoindre la troupe ……. 

 

Belle et émouvante 1ère journée sur le terrain. Patrick vous fera part de l’avancée des négociations pour le terrain de foot, et les projets de Maggy. 

 

Pour ma part, je suis de garde pour cette nuit ……… le Primpéran, le coca, le Paracétamol…….. tout est prêt, mais j’espère que Babou passera une bonne nuit et surtout que les autres ne commenceront pas à leur tour. 

 

 Veronique

Retour chez nos amis: tout et rien n’a change

Dimanche 5 juillet 2009 

 

Tout a changé, rien n’a changé. Nous revoici à Ruyigi, quasiment deux ans jour pour jour après avoir quitté le village de l’est du Burundi. La vie ici à continuer, mais nous avons l’impression de reprendre son court là où nous l’avions laissé. Les routes sont toujours aussi fracassées entre Gitega et Ruyigi, les policiers sont toujours habillés de bleu, les Burundais boivent toujours de la bière, l’Amstel pour les grands moments,
la Primus pour le quotidien plus commun. Le Fanta, le Coca et le Fruito – à base de fruits de la passion et toujours aussi excellent, je me demande pourquoi personne ne l’exporte – sont incontournables si l’on veut se soustraire à l’alcool. 

Pour notre part, nous avons retrouvé la « villa suisse », cette demeure coloniale belge dont la dénomination vient de notre premier passage. On nous avait dit que la salle de bain avait été refaite. C’est vrai pour les catelles. Mais pour le reste, mis à part le boiler qui a été placé plus haut et sur la paroi extérieure, rien n’a bougé: quatre pièces sans cuisine, mais avec un frigo dans le salon. Le hic est que ce dernier samedi, les plombs ont sauté, l’electricien a dû intervenir d’urgence à la lueur de son téléphone portable et des étincelles provoquées par son tournevis, mais que personne n’a cherché à réenclencher l’engin. J’ai essayé de le faire, mais la prise m’est restée dans les mains. Alors courageux, mais pas téméraire, j’ai laissé tombé. Malheureusement, il y a dans l’appareil une dizaine de tommes de fromage à pâte orange qui, avec l’humidité prennent rapidement de la couleur. Mais bon, si on n’ouvre pas le frigo, ça ne pue pas trop. 

 

Ce premier week-end a été celui des retrouvailles. Amitiés sincères avec Maggy, Alexandre, Prosper ou Gervais. Alexandre qui ne travaille plus à Ruyigi nous a invité dimanche matin chez lui pour faire la connaissance de ses enfants: Ralph, un gros mois et des cheveux plein la tête et Myrna, qui était née deux jours avant notre départ il y a deux ans. Alexandre a tenu à faire vite: à midi, il enfourchait sa moto pour se rendre à Muyinga, à 180 kilomètres, où il conduit des véhicules du UNHCR. Il m’a expliqué que la région était le théâtre de va et vient incessant de réfugiés. Des Congolais qui continuent à fuir les combats du nord-Kivu et de Burundais qui revenaient au pays depuis
la Tanzanie. Avec son groupe, il s’occupe d’un camp de 45 000 personnes. 

 

Nous avons passé une partie de l’après-midi chez Maggy. Tranquillement. A l’évidence, elle était fatiguée. Les deux jours précédents, elle a accueilli une quarantaine de personnes de sa famille pour la levée de deuil d’un de ses oncles. 

La discussion a été l’occasion de poser quelque peu le programme des premiers jours. Sur celui-ci va changer. Mais au moins l’on sait que l’on se lèvera à 6h30, avec le soleil. Véro et Laure se rendront avec Patrick – pas moi, le médecin à l’hôpital Rema – alors que j’accompagnerai Thibaud et Bastien a leur premier entraînement avec Gervais. Le moins que l’on puisse dire est qu’ils sont attendus. Samedi en arrivant, la première équipe du FC Etoile de l’Est disputait un match de championnat sur le terrain qui sert aussi bien aux célébrations religieuses qu’aux distributions de nourriture. Une surface, un tiers terre battue rouge, un tiers mélangé avec des mottes d’herbes sèches d’une dizaine de centimètres de haut et un tiers plus proche des brousailles que du gazon. Composée de très jeunes joueurs du lieu, le FC Etoile vêtu des couleurs de NE Xamax a perdu par un à zéro. En coup de vent, je me suis rendu sur les bords du terrain (environs mille spectateurs), mais après cinq minutes, je suis rentré. Durant ce laps de temps, trois enfants étaient venus me demander si Thibaud était là aussi. Et Laure et Bastien. 

 

Ce fut rebelotte dimanche, lors du match entre l’équipes des vétérans de Ruyigi emmené par le gouverneur destitué de la province et vêtu de maillots jaunes couleurs Yverdon-Sports féminin opposé à l’équipe de laveur de voitures et de camions du village, eux habillés rouge « Fotolabo ». Malheureusement pour eux, les laveurs de voiture ont pris un savon. Cette fois, nous nous sommes rendus en famille au stade. Dommage pour les joueurs, parce qu’en quelques secondes nous étions entourés de dizaines d’enfants. Bastien, du haut de son mètre 40, bouillonnait: d’une part parce qu’il avait l’impression que la terre entière lui scrutait ses yeux bleus et d’autre part parce qu’il ne voyait plus le match. L’autre sensation étaient les cheveux de Thibaud. Il y a deux ans, il arborait une coupe brosse. Aujourd’hui, sa longue chevelure blonde intrigue. Est-ce bien lui ou est-ce sa soeur? Non, ce n’est pas sa soeur, puisque Laure est à côté de lui. Impressionnés les gaillards! 

En tout cas, s’il voulait passé inaperçu, c’est raté. Quelques heures auparavant, dans le jardin du Frieden,  snack-bar sympa à deux pas de notre logement, un ancien conseiller du gouverneur aujourd’hui consultant (!) pour les organisations non gouvernementales étrangères présentes à Ruyigi avait cuisiné Laure et Véro sur les cheveux des Européens. Avec des questions existentielles: combien de temps passait Laure et Thibaud pour se lisser les cheveux? Est-ce qu’il poussait naturellement comme ça? Pourquoi ceux de Bastien et son papa ne poussaient-ils pas? Réponse: « ils poussent, mais on les coupe » l’a laissé dubitatif et à entraîner une autre interrogation. Que fait-on des cheveux coupés? Réponse: « Ben, on les jette. » Etonnement sans fin. S’en est suivi une longue discussion sur la gestion des déchets, le tri et les décharges… L’Afrique nous surprendra toujours… 

 

Viens de faire une courte pause « brossage de dents ». Insousciant devant le lavabo, je vois soudain deux tas gris peu ragoûtant. Me demande qui a bien pu laisser des « merdes » sur le carrelage quand les hamas se mettent à bouger. Surprise avant identification: ce ne sont que deux crapauds sortis des canalisations de la baignoire. Dérangés dans leur promenade nocture, ils retournent dans leur trou. On les verra peut-être demain… Jusque là, espérons qu’ils auront très faim et qu’ils mangeront les moustiques. 

 

Après mon voyage pour le temps en Zambie, en 2000, je m’étais juré de ne jamais reprendre le volant sur le continent africain. Raté. Samedi, Albert, chauffeur de
la Maison Shalom, a déposé un 4×4 noir devant la maison. Ordre de Maggy pour que l’on soit plus indépendants. Les premiers kilomètres ont été épiques: slalom entre les ornières, vélos sans frein derrière et en face, regards moqueurs de la moitié de la ville: un musungu au volant d’une voiture noire. A l’arrière, les enfants se foutent de ma gueule. Michel, le neveu de Maggy et fils d’Apollinaire aussi. En cinq minutes, j’ai appris deux choses. C’est ringard de mettre sa flèche et allumer ses phares en plein jour, cela fait frimeur. J’ai accepté d’éteindre les phares. Par contre, la flèche, je continuerai. Cela peut rendre service. 

 

Demain en matinée, j’irai avec Maggy discuter avec l’administrateur communal de la mise à disposition d’un terrain pour aménager une place de sport. Ce sera une première. Je me demande à quoi je servirai. Mais ce sera une expérience à raconter. Et peut-être que je comprendrai mieux le sentiment qui ce soir m’habite: ce décalage incroyable entre une stabilité de surface et cette fragilité lourde qui plane sur chaque personne, chaque mur et chaque maison. 

 

 

 

lets’s go pour notre 2ème voyage à la Maison Shalom, Burundi

bonjour à tous,

Voilà des mois que nous préparons notre deuxième voyage au Burundi ………… et notre rêve deviendra réalité dans… 4 jours.

Nous nous réjouissons du fond du coeur de retrouver tous les Amis de la Maison Shalom, Maggy et toute sa formidable équipe, nos amis footballeurs du FC Etoile de l’Est, les amis journalistes, ainsi que la population de Ruyigi !!

 p1010084.jpgp1010090.jpgp1010083.jpg

Nos bagages seront remplis de matériel que nous avons reçu durant tous ces mois: matériel médical pour le centre mère-enfants et l’hôpital REMA, matériel scolaire, et pour une grande partie du matériel de foot. UN GRAND ET SINCERE MERCI à toutes les personnes qui nous soutiennent, par leur amitié, encouragements et dons de matériel.

Le grand projet de Patrick et des enfants sera de promouvoir la paix et la réconciliation par le sport, aux côtés de Gervais, Alexandre et Vincent, les entraîneurs qui donnent sans compter et depuis de longues années temps, énergie et message aux jeunes footballeurs de la région. Thibaud, le grand gardien, fera des entraînements particuliers pour les gardiens, Babou se fera une joie de leur montrer des techniques de jonglage et de foot freestyle. Quant à Laure, elle espère rencontrer l’équipe féminine de foot, sans oublier ses chères petits de la garderie.

 Durant tous ces mois, nous avons pensé aux personnes qui vivent des situations difficiles de part le monde, chez nous en Suisse ( et il y en a de la misère et de la solitude cachée derrière les murs de nos maisons…) et en Afrique, ce continent qui nous tient tant à coeur.

 Alors, LET’S GO pour ce nouveau et fabuleux voyage, un nouveau pas vers l’égalité, le partage et l’amitié entre les peuples et les continents.

Les 5 Oberli’s




" Qui voyage ajoute à ... |
LOCATION MAISON DE VACANCES... |
Les randos de Jérome et Vir... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Voyage en équateur
| Les frenchies chez les Roug...
| BLEU MARINE