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Visite d’Un Seul But aux foyers de la Paix

Laure et son amie Moniqueéquipes foyers de la paixéquipe des filles Murhesarencontre entre femmes

Visite d’Un Seul But aux foyers de la Paix

Ce matin, nous reprenons nos valises après une semaine passée aux côtés de nos amis de Katana pour notre prochaine destination Kambehe, aux Foyers de la Paix de notre ami Roger.  Roger est un passionné comme nous, un homme de grand coeur qui oeuvre depuis des années pour amener la paix dans cette région meurtrie par les guerres, la violence. Nous nous réjouissons profondément de cette journée , c’est l’aboutissement de plusieurs années de collaboration où notre participation principale réside dans l’envoi de matériel de sport et pédagogique.

Romain, Rosette ( soeur et frère de Roger) et ses enfants viennent nous chercher en voiture et nous sommes choyées comme des princesses. Le trajet est rempli d’espoir et d’impatience de plonger dans ce monde de Kambehe surnommé, « crèche des artisans de Paix », est en quelque sorte, une ECOLE DE VIE. On y apprend tout ce qui entretient la relation à l’autre, dans le respect et dans la dignité dont chaque personne a besoin pour grandir humainement.

Toute une équipe de jeunes, chapeautée par Roger travaille d’arrache-pied dans ces projets de travail communautaire : ce travail communautaire est  un lieu de rencontre, d’expression et de valorisation des capacités humaines, spirituelles, techniques, de collaboration, de compassion et de partage. Des jeunes issus des milices armées sont pris en charge par notre ami Roger et celui-ci les a sensibilisés à jeter les armes et à venir au Foyer de Paix en vue d’un encadrement de détraumatisation et d’une  formation professionnelle.  C’est donc avec les emblèmes de paix, respect et solidarité que nous arrivons avec notre ballon de foot….

L’accueil sur place nous laisse sans voix ! Des femmes, des mamans , belles comme des princesses sont là pour nous saluer aux rythmes de leurs chants et danses. Comme le dit  notre Ami Roger : « lorsque les mamans dansent c’est la vie qui renaît dans nos familles ». La hutte traditionnelle, construite par les jeunes est splendide et nous plonge dans la réalité locale… un endroit sobre, beau, fonctionnel où seul le nécessaire est présent… belle leçon de vie pour nous occidentaux habitués au superflu et « luxe ». Tous les groupes des Foyers de la Paix sont là… mamans, apprentis de menuiserie et maçonnerie, appentis couturières, et NOS FOOTBALLEURS.

Discours d’accueil, remerciements…. des mots qui nous touchent au plus profond de notre coeur et nous prouvent que nos équipements, nos ballons, notre soutien vaut la peine et redonne forces et confiance aux gens d’ici.

Des cadeaux arrivent vers nous avec des chants et danses…. un superbe coq et un lot de bananes…. olalalal, je vous jure que je n’en menais pas large de porter ce coq ( 1ère fois de ma vie)

A notre tour de remercier nos nouveaux amis-amies, de leur dire notre joie d’être parmi eux, de partager leur vie durant quelques heures. ON EST ENSEMBLE, TUKO PAMOJA.

La visite se poursuit avec un arrêt vers la fontaine (faite en collaboration avec une association Suisse AMANU KWENU, dont nous sommes partenaires ) MERCI Erika d’avoir apporté l’eau dans ce village. L’EAU, si importante pour la vie quotidienne et exige un travail harassant des femmes et jeunes filles qui doivent porter sur leur dos des 20kg …

Nous repartons en dansant pour la suite du programme :  visite dans les champs où les femmes travaillent durement à planter les graines de haricots, de manioc, de blé…  reboisement des terres par la plantation d’arbrisseaux , très important dans cette région où l’on coupe les arbres pour cuisiner… Roger est un grand écologiste et pense à l’avenir de ce pays. Heureusement, nous sommes venues en basket et nous sillonnons les chemins aménagés et travaillés à la sueur du travail . Nous rencontrons sur les petits chemins, les enfants étonnés de voir 2 musungu … belle rencontre avec des jeunes enfants aux sourires merveilleux… la joie est partout malgré la grande pauvreté : 2ème leçon de vie !

 Après un délicieux repas pris dans les murs du Grand Séminaire et surtout partagé autour d’une table d’amis, nous repartons avec des forces nouvelles sur … LE TERRAIN DE FOOT  et nous allons à la rencontre des joueurs. Grande joie de voir tous ces maillots de foot colorés  de nos équipes donatrices en Suisse… Grandson Tuileries, Rheinach….

6 équipes, aux couleurs d’UN SEUL BUT vont jouer sous un magnifique soleil et les cris des supporters. Mots de salutations et encouragements aux diverses équipes : la première est une équipe composée des ex-enfants soldats, d’une jeunesse sacrifiée par les seigneurs de la guerre nous attend . Grande émotion de les voir évoluer, jouer ENSEMBLE et dans un cadre fair-play , de jeu collectif. Une autre équipe de filles vient de voir le jour et nous les encourageons fortement à poursuivre sur cette voie de l’émancipation des jeunes filles par le sport ( confiance en soi, respect, valorisation, ouverture sont nos mots d’encouragements). D’autres équipes viennent nous saluer, nous demander un soutien matériel…grand rôle d’ambassadrices du sport !! Laure,  ma belle aux yeux bleus est fortement sollicitée par la gente masculine et sportive  et a même trouvé une petite amie qui ne veut plus lâcher sa main. Rencontre et PONT entre nos 2 mondes.

 La journée se termine et nous repartons avec des émotions fortes plein le coeur, des signes d’amitiés et de reconnaissance, de nouveaux visages, de nouveaux espoirs.

Je terminerai ce récit par les mots de notre Ami Roger

« CONFIANCE !  J’ai confiance en Dieu. A son école, j’apprends chaque jour à faire confiance en l’homme et en ces femmes qui m’ont donné la vie  !  Les expériences de la vie m’ont donné le temps de rêver, de me casser le nez, de tomber et de me relever… Et ce n’est pas fini !   Néanmoins, je découvre que les moments les plus sublimes  sont ceux où j’ai fait confiance… La vie demeure belle  et elle vaut la peine d’être vécue.

Il n’y a que l’AMOUR et la CONFIANCE d’un Enfant qui peuvent  nous garantir la JOIE devant les « événements »  de l’histoire. Heureux ou douloureux, ils demeurent « nos maîtres intérieurs ». Roger

 

Derniers jours de notre voyage au Congo entre joies et peines

Laure et Moïse rayonnantVianney et le jeune footballeur aveuglevisite des malades du Dr Jeff à Heri Kwetu les enfants handicapés d'Heri kwetu

Derniers jours de notre voyage au Congo entre joies et peines

 

Le réveil n’a même pas besoin de sonner… je suis réveillée et je me lève à 05h30 car mon premier patient arrive à 06h00. En pagne africain, je l’attends dans ma salle d’infirmière. Sa 1ère question : tu étais où Da Véro depuis plusieurs jours ? En effet, nous avons beaucoup beaucoup voyagé cette semaine, sur les routes rouges et sinueuses des collines verdoyantes pour rendre visite aux écoliers, clubs de sport, à la prison et hôpitaux bénéficiaires d’UN SEUL BUT.

Mais revenons à sa plaie. Elle évolue favorablement mais lentement. Je lui redonne du matériel pour poursuivre les pansements mais lorsque je lui dis que nous partons demain il est triste… qui va me soigner Da Véro si tu pars…. je lui explique que nos famille, nos amis, mes malades et mes élèves de français m’attendent en Suisse, mais que nous serons toujours ensemble : TUKO PAMOJA.

A peine la porte refermée, et un chai à la main, j’entends quelqu’un m’interpeller par la porte : Da Véro, ta petite Jasmine est là. C’est la petite protégée de Laure , Jasmine, sa soeur et sa maman.

Jasmine et sa peau si abîmée par l’excéma. Après quelques progrès, sa peau est à nouveau lésée, très très sèche et rugueuse. J’ai parlé avec mes amis médecins congolais et ils pensent que c’est un excéma grave. Je ferai tout mon possible pour trouver les médicaments ( antibiotiques et pommade) pour cette petite princesse fragilisée, voir même je consulterai un dermato à Neuchâtel. Jasmine,très timide ne parle presque pas mais elle a voulu à tout prix offrir des cadeaux à tantine Laure et son infirmière Da Véro. De très beaux cadeaux en bois, artisanat local. Celui de Laure est un beau poisson, coupe à fruits et quand Laure se mariera elle pensera toujours à sa petite amie, et pour moi, un cadre avec des mamans affairées à moudre du grain dans un grand plat : c’est Da Véro qui prépare les médicaments et pommade pour Jasmine et tantine Laure qui l’aide…… des larmes de bonheur dans les yeux , nous serrons notre petite princesse en rose. Il n’y a pas de plus grand bonheur que celui de donner mais aussi d’accueillir et recevoir des MERCIS, des sourires et des petits cadeaux remplis d’amitié et de joies. Notre princesse part à l’école. Juste le temps de prendre une douche froide et voici mon 3ème patient. Un travailleur de notre ami Adrien, qui décharge le container à peine arrivé à Bukavu. Il souffre du dos, comme beaucoup de personnes. Encore une fois, j’offre mes mains sur ce dos fatigué et douloureux. Le Perskindol fait son effet…. je crois que je vais demander du sponsoring car tant de mes patients ont vu leur vie changer avec cet petit tube jaune.Quelques amis, rencontrés durant notre périple viennent nous saluer et nous dire au revoir. Laure a pris la poudre d’escampette ce matin…. elle a la joie de visiter un zoo avec des singes et reptiles avec d’autres amis. Malgré le fait de circuler encore une fois sur des routes difficiles, elle est ravie de cette excursion et je « lui donne volontiers congé ».

 

Nous nous préparons à aller au centre Heri Kwetu, un centre pour handicapés au centre de Bukavu. Hier déjà nous y étions déjà et grâce au Dr Jeff, nous avons pu visiter les enfants aveugles, sourd-muet, les enfants et adultes opérés des pieds bots, des malformations, des traumatismes médullaires tels que paraplégie ou tétraplégie. C’est très dur émotionnellement mais la joie des enfants est si grande et vraie que nous avons vite refoulé nos larmes pour rire avec eux.

Une nuée de petites mains viennent vous saisir, vous touchent la peau comme s’ils voulaient voir si le blanc était réel…. ils aiment caresser nos cheveux et remettent en place mes mèches folles. Avec notre guide, qui opèrent tous ces enfants, nous allons de dortoirs en dortoirs, dans la cuisine. Là un jeune garçon commence à s’agiter sur sa chaise haute. C’est Moïse , un enfant abandonné à la naissance ; il ne pesait que 2 kg !! avec l’amour des soignants et de l’équipe d’Heri Kwetu, Moïse a pu grandir et s’épanouir, malgré un grand handicap mental. Ses cris de joie nous prouvent que nos visites apportent un peu de réconfort et des étincelles de bonheur.

Il est de temps de visiter les locaux de soins, salles de kiné ….. là, rien mais rien de comparable à nos structures suisses. De vétustes installations sont là, souvent en bois attendent les dizaines de patients qui viennent faire de la kiné. Je ne peux m’empêcher d’être triste devant ce fossé immense entre nos 2 continents…. et cela m’encourage à continuer jour après jour à récupérer tout matériel de soins, de kiné, de gym chez nous.La salle de fabrication des plâtres et prothèses est elle assez moderne et de belles jambes artificielles sont en pleine confection. Cela peut paraître barbare et indécent, mais je vous jure que lorsque une personne qui n’a jamais pu marcher, qui se traînait sur les mains voit sa vie transformée avec une jambe en métal et plastique. ETRE DEBOUT , ETRE LA TETE HAUTE….. pour affronter la vie et ne plus ramper comme un petit animal blessé. Chaque personne est une histoire sacrée et c’est à nous de faire en sorte de leur apporter aide, compassion et humanité.

La nuit tombe et nous devons prendre congé de nos petits amis fragilisés. Il est difficile pour nous de les quitter. Un jeune aveugle joue au foot avec son copain……improbable me direz-vous !! et bien non ! Dans le ballon de foot il y a quelque chose qui fait du bruit et permet au jeune aveugle de se diriger en qq secondes sur le ballon. Ses sens ont été modifiés et donc celui de l’ouïe est décuplé.

Aujourd’hui donc, nous allons avec mon ami Adrien acheter des objets confectionnés dans les ateliers d’Heri Kwetu….. poupées africaines aux couleurs chatoyantes, animaux, sacs, bijoux…. un vrai bonheur. Je suis heureuse de mes achats tout en sachant que l’argent sera bien investi.

Je ne suis pas venue les mains vides…. quelques ballons, orange, bleu et rose accompagnent un beau ballon de foot (Kabumbu) et une corde à sauter. La responsable, une soeur italienne âgée est heureuse. Son beau sourire se fane lorsqu’elle parle de la situation de précarité dans laquelle le peuple congolais du sud Kivu doit faire face. Notre pays s’embellit et s’enrichit mais notre population se meure….. nos enfants meurent comme de mouches, affamés  et terrassés par les maladies. Nos dirigeants se remplissent les poches et les citoyens n’ont RIEN. Nous avons choisi ce pays et nous souffrirons avec nos gens jusqu’au bout.

 

Des larmes de joie et de chagrin inondent mon coeur. Oui, ce pays est rempli de contrastes, de beautés et d’horreurs, de gens formidables prêts à sacrifier leur vie et d’autres prêts à tuer père et mère pour un bout de pain ou quelques dollars mais :

 

« La sagesse de la joie nous incite à vivre au coeur du monde pour en épouser les contradictions et tenter d’être un levain dans la pâte afin de contribuer à sa transformation.

La sagesse de la joie rime avec ENGAGEMENT.

Frederic Lenoir

 

 

Mes mains d’infirmière pour soulager mes patients africains.

mes patients après matchma salle de soins et massagematériel de soinsétat cutané de Jasmine le 11.02

Mes mains d’infirmière pour soulager mes patients africains.

 

Il est 7h du matin, je suis réveillée depuis 5h30 avec les cloches de l’église. Je me prépare à rejoindre mon petit bureau d’infirmerie que nous avons aménagé avec la table de massage et tout le matériel de soins et médicaments reçu par mes chères collègues de Nomad, les pharmacies, les amis qui ont fait des dons.

Mon premier patient arrive…. une grosse plaie au genou suite à un accident de moto. La plaie évolue bien et je suis heureuse car mon patient marche mieux et souffre moins. Son grand sourire me rassure sur la bonne évolution.

2ème patient : un homme un peu âgé qui lui aussi a eu un accident de circulation…. une moto-taxi l’a bousculé et lui a roulé sur la jambe. Il faut préciser que les motards sont les rois de la route ! L’homme assez pauvre ne peut se payer les frais médicaux malgré une plaie au tibia profonde et infectée. Tout en prodiguant des soins, je donne des conseils et prépare dans un petit sachet quelques médicaments contre la douleur,un peu de pommade  pour lui permettre de travailler toute la journée.

Vient le tour des malades qui souffrent de maux de dos. Les conditions de vie, les routes sont si difficiles ici que les personnes souffrent beaucoup. Je leur offre un temps de massage, et d’un coup, toute la salle sent le fameux Perskindol. Le massage n’est pas une pratique courante ici et la population est plus en état de survie, peu de confort et les notions de bien-être sont peu connues.

Tout en faisant voler mes mains sur leurs corps douloureux, je leur offre mon écoute, ma présence, mon amitié. Le toucher est important pour se mettre en communion avec l’autre. Nos couleurs de peau sont si différentes, mais nos coeurs battent à l’unisson.

Après le massage, je leur offre un temps de repos avec une musique douce et apaisante.

Quel peut être plus beau cadeau que ces personnes qui repartent avec un sourire et me disent MERCI DA VERO, tu nous a soulagés, tes mains nous font du bien

Hier, après nos activités, nous nous retrouvons avec Laure et partageons nos expériences. Elle me dit avec une voix émue : tu sais maman, à l’école il y a une petite fille toujours triste, qui ne participe pas aux activités. Elle est couverte de plaie sur le corps et souffre beaucoup. J’ai demandé à la maîtresse et directrice de l’école Mama Gina si tu pouvais venir soigner cette petite fille. Ohhhh  mon coeur de maman a été émerveillé devant ma grande fille et sa réaction face à la souffrance de cette fillette. Elle a été touché par cette petite princesse fragilisée. Je vais soigner cette petite patiente de 3 ans afin de lui redonner la joie de vivre et le sourire.

 

 

 

 

 

Une journée pas comme les autres avec l’association Sentinelles

écoliers primaires à Nyantende Laure avec Safari et les orphelins maman Véro et les petits enfants du village paysage de Nyantende

Une journée avec l’association Sentinelles chez les veuves vulnérables de Nyantende  (sud Kivu RDC)

 

Je profite d’une journée de repos pour vous raconter notre première semaine. Nos corps sont éprouvés par la chaleur ( 25-28 degrés), des maux de ventre provoqués par la Malarone ( médic contre le palu)  et par la fatigue. Laure et moi venons de vivre 3 jours sans eau…… et l’électricité est un luxe ici et on ne parle pas de la connexion.

Une semaine remplie d’expériences incroyables et intenses, tant physiquement qu’émotionnellement. Notre Afrique est si belle mais aussi très dure, dure par ses contrastes….. ses inégalités et  injustices.

Nos journées commencent très tôt le matin (06h) et pas question de faire la grasse matinée. Les gens vivent au rythme du soleil et comme la nuit tombe à 18h30, les activités débutent de bon matin.

Nous avons partagé la vie d’une journée  de l’asso Sentinelle (dont le siège est à Lausanne) qui oeuvre auprès des veuves vulnérables ( très très pauvres). Deshi notre super chauffeur expérimenté est venu nous chercher avec Da Rachel et Safari, les assistants sociaux. Nous voici donc à 5 dans le véhicule qui nous amène dans le village de Nyantende, à qq kilomètres de Bukavu, la capitale de sud Kivu. Les routes congolaises sont sinueuses, sur la fameuse terre rouge et avec des trous partout. Au moment où la route nous paraissait presque impratiquable, passe la chanson de Black M «  sur ma route »…. grand éclat de rire général et nous nous mettons à chanter …. A ce moment, un convoi funéraire porte le corps d’une personne décédée et le ramène à la maison pour la veillée. Le village entier est à sa suite. Ici tout se vit en famille et avec la communauté, rien à voir avec nos habitudes occidentales où des personnes peuvent mourir seules dans leur appartement.

Nous nous dirigeons vers  l’école du village. Tout au long de la route des dizaines d’enfants de tous âges marchent avec leur cartables. Ce sont les enfants qui ont été chassés de l’école car les parents n’ont pas payé les primes scolaires ( 5-10$ par mois). Les écoles sont d’une extrême pauvreté, les toits quand il y en a sont en tôle au en paille…. 50-70 enfants dans la même classe. Ici Safari paie les frais scolaires des enfants des familles prises en charge par Sentinelle.

Notre périple se poursuit vers une première famille, dont la hutte en   terre et toit en paille était dans un tel état de délabrement que la pluie tombait dans la maison. Imaginez la vie de cette vieille maman ( env 75-80 ans) , sa fille et ses orphelins …. comment peut-on vivre dans une maison humide, dormir par terre sur des nattes mouillées, essayer de faire la cuisine avec des braises mouillées…. sans parler des maladies !!! Sentinelle a donc pris en charge de construire une petite maison en brique juste à côté. La vieille maman court nous saluer dès notre arrivée, courbée sous le poids de son petit fils qu’elle porte sur son dos. Elle danse et pousse des cris de joie, nous prend dans ses bras d’une maigreur extrême. Elle loue ses bienfaiteurs qui lui ont redonné la joie de vivre dignement dans une maison, une lumière intense brille dans ses yeux brûlés par le soleil. Rachel et Safari demandent des nouvelles de toute la famille. Laure et moi sommes très émues.

Nous remontons dans le véhicule pour nous diriger vers une autre famille. Le drame est encore plus grand puisqu’il s’agit d’enfants orphelins de père et abandonnés par leur mère. Un jeune garçon, beau comme un dieu africain vient à notre rencontre. C’est l’aîné et il devient le chef de  famille à 18 ans, responsable de ses 3 petites soeurs. Sa hutte est aussi en très mauvais état et ils n’ont aucun revenu. Ils ont été pris en charge par Sentinelle dans un état physique épouvantable, anémiés et très dénutris. La petite soeur, âgée de 6 ans en paraît 3 tant son développement a été retardé par la  malnutrition. Vivres, habits sont donnés au garçon, et les frais pour une formation dans la mécanique lui permettant de chercher un petit boulot. Ce jeune garçon dont nous ne connaissons pas le nom regarde Laure attentivement et lui fait de nombreux sourires. Il est comme toutes les personnes ici intrigué par les piercing sur le visage et ses tatouages. Autre coutume et culture, autre vision de la femme.

3ème famille. Une bien triste histoire aussi. Il faut dire que les femmes   veuves sont vraiment dans une extrême fragilité et isolement social, la communauté n’est parfois pas solidaire et ses pauvres mamans travaillent durement pour subvenir aux besoins de leurs nombreux enfants. Une petite fille, d’une maigreur incroyable est assise sur la porte. De suite nous observons chez elle un handicap physique et mental. Rachel nous raconte que lorsqu’ils sont intervenus auprès de cette famille, la fillette était dans un état végétatif, ne pesait que 6 kg pour un âge de 10 ans !!  les larmes nous viennent aux yeux et notre coeur se serre ……… difficile de résister devant cette misère profonde.

La maman, une belle femme mais fatiguée par la vie nous dit fièrement que la petite pèse actuellement 10kg, qu’elle a la force de se tenir assise et se déplace par terre. Elle peut manger , parle qq mots et son sourire radieux nous le prouve. Nous sommes émerveillées du travail fourni par toutes ces personnes de bonne volonté qui se dévouent chaque jour  malgré de petits moyens et révoltées au plus haut point par d’autres, ceux qui gouvernent et restent les bras croisés.

MERCI AKSANTI SANA à Rachel, Safari, Adrien, Mira, Pillar, Evelyne e tant d’autres de nous montrer votre engagement auprès de cette population du sud Kivu.

MERCI d’être pour nous des exemples de solidarité, de fraternité et de respect envers chaque être humain. Chaque personne est une histoire sacrée. L’histoire du colibri me revient à chaque instant : chaque petit geste posé, même s’il paraît dérisoire peut apporter du réconfort dans une vie, permettre à l’autre de vivre dignement.

MERCI à nos familles et tous amis suisses, qui eux aussi ont compris ce message et nous apportent leur soutien financier et matériel. Je le redirai chaque jour : chaque crayon, chaque livre, chaque ballon de foot,  chaque savon-brosse-à-dent, chaque compresse-pansement-médicament, chaque jeu pour enfant peut apporter beaucoup à ceux qui n’ont rien. Notre plus belle récompense sont les sourires et la petite flamme qui brille dans les yeux des enfants, des mamans, des jeunes sportifs que nous rencontrons. Nous reviendrons riches de tout cela.

Les prochains jours nous mèneront dans l’école maternelle et primaire pour Laure a ses projets de sport pour jeunes enfants, dans la prison de Bukavu pour moi. Chaque jour je soigne mes patients dans la petite salle de soins aménagée spécialement avec la table de massage reçue : pansements de plaie le matin, massage l’am.

Ensuite, nous enfilerons nos souliers de sport pour partir à la rencontre des jeunes écoliers et sportifs de Katana où les projets de sport sont déjà bien mis en place par notre ami Paul dès 2012 et maintenant par Nicodème, son corps enseignant et ses coachs de l’Ecofoot. Hâte de revoir tous nos amis avec nous travaillons depuis quelques années avec UN SEUL BUT.

 

 

 

 

 

 

 

 

INAUGURATION DES EQUIPEMENTS SPORTIFS d’UN SEUL BUT dans les foyers de la Paix à Bunyakiri (Sud Kivu)

Bunyakiri remise d'un ballon à l'équipe féminineinauguration des équipements BunyakiriBunyakiri 2match de foot Bunyakiri2match de foot Bunyakiriroute Bunyakiri

INAUGURATION DES EQUIPEMENTS SPORTIFS d’UN SEUL BUT après un voyage incroyable sur des routes mauvaises et boueuses dans une région très retirée du sud Kivu dans les  FOYER DE PAIX A BUNYAKIRI Voici quelques photos et remerciements de notre ami Roger qui se bat pour que cette jeunesse congolaise aie un avenir meilleur sous le signe de la paix

- MERCI A VERONIQUE OBERLI ET A TOUS LES AMIS SUISSES QUI ONT OFFERT LES EQUIPEMENTS SPORTIFS ET ENCOURAGENT NOS INITIATIVES POUR LA PA…IX ET LA RECONCILIATION, A BUNYAKIRI,

Père Roger RUBUGUZO MPONGO

UN SEUL BUT ! •EDUQUER A LA PAIX – RAPPROCHER LES JEUNES  QUE LA GUERRE A DISPERSES DANS LA FORET – VALORISER LEURS TALENTS – POUR UN MIEUX VIVRE ENSEMBLE – POUR REAPPRENDRE A VIVRE PARMI LES HOMMES ET LES FEMMES – ET ENVISAGER ENSEMBLE DES PROJETS D’AVENIR ET DE VRAIE REINSERTION  SOCIALE

LE FC KRIENS, grand donateur pour UN SEUL BUT, voit ses maillots portés par les jeunes sportifs-ves congolais

les petits écoliers de l'école primaire de KatanaFC KRIENSvert blanc noirextrême_gauche,_capitaine_Kilongo,_6ème_CA_IramboFilles joueuses Inst Irambotri du matériel FC Kriens

Grande joie pour nous de voir cet article sur Un SEUL BUT. Nous remercions encore chaleureusement le FC KRIENS pour leur don de matériel sportif.

Nous continuons notre récolte de matériel….. alors n’hésitez pas à en parler dans vos clubs de sport, autour de vous…. Chaque paire de chaussures, chaque ballon, chaque maillot a son importance et permet à nos projets de sport-éducation de perdurer.

© 20 minuten online; 21.12.2014

Hilfe in Afrika: Kleine Kongo-Kicker spielen im Kriens-Trikot

Fussballtrikots für eines der ärmsten Länder der Welt: Der SC Kriens spendete Trainings-Utensilien an eine Hilfsorganisation für Kinder im Kongo.

Die Demokratische Republik Kongo gehört zu den ärmsten Ländern der Welt. Auf dem Human Development Index der Vereinten Nationen belegte der Staat 2013 den zweitletzten Platz. Das monatliche Einkommen liegt laut Fastenopfer zwischen acht und 160 Franken. Die Lebenserwartung beträgt lediglich rund 50 Jahre.

Die Organisation «Un seul but» arbeitet in diesem schwierigen Umfeld und hat sich zum Ziel gesetzt, Kinder und Jugendliche in den Ländern Burundi und Kongo mehr für den Sport zu begeistern und die Bildung zu fördern. Sport verbessert laut Organisation das Leben der Kinder und schafft ein Gefühl der Zugehörigkeit.

Damit die Kinder aber überhaupt einheitliche Trikots für ihre Spiele und Trainings haben, sind sie auf Spenden angewiesen. So hat etwa Steg Electronics schon nicht mehr gebrauchte FCL-Dresses nach Afrika geschickt. Auch der SC Kriens hilft mit. So spendete der SC kürzlich via Un Seul But laut regiofussball.ch Fussballtrikots, Trainingskleider sowie Bälle an die Hilfsorganisation, die das Material dann in die Stadt Katana in den Kongo brachte.

SC Kriens engagiert sich regelmässig

Laut Ueli Mattmann, verantwortlich für das Material beim SC Kriens, will sich der SC auch sozial engagieren: «Es gehört zu unserer Philosophie, Sportliches und Soziales miteinander zu verbinden. Wir sind ein Verein mit vielen Junioren und die Förderung von Kindern und Jugendlichen liegt uns am Herzen – in Kriens, aber auch in anderen Teilen der Welt.» Der SC Kriens spende jeweils an verschiedene Organisationen. Wichtig sei, dass eine Organisation seriös sei und auch Feedback zurückkomme. Gespendet werden vor allem Trainingssachen. Neulich sei etwa der Ausrüstungspartner gewechselt worden – somit hätten die alten Trikots ausgemustert werden müssen.

Zu den Tätigkeitsbereichen von «Un seul but» gehören unter anderem das Organisieren von sportlichen Aktivitäten im Schulprogramm, das Lehren von Werten wie Respekt und Solidarität oder auch das Organisieren von sportlichen Aktivitäten in Gefängnissen. Für all das sammelt die Organisation Spenden in Form von Sport- oder Schulmaterial oder finanzieller Unterstützung. Véronique Oberli, Präsidentin der Organisation, sagte gegenüber Sport & Development: «Sport und Bildung gehören zusammen. Durch den Fussball können viele Dinge geschaffen werden.» (msa)

20 minuten online; 21.12.2014

 

L’AFRIQUE est devenue ma deuxième famille. Article écrit par Jennifer Keller dans FEMINA 12.10.2014

«L’Afrique est devenue ma deuxième famille»

AMOUREUSE DU FOOTBALL ET DE LA TERRE AFRICAINE, LA NEUCHÂTELOISE VÉRONIQUE A ENFIN PU CONJUGUER TOUTES SES ENVIES EN PROMOUVANT LE SPORT SUR LE CONTINENT NOIR

TEXTE JENNIFER KELLER PHOTO GUILLAUME PERRET

L’ Afrique, c’est un rêve d’enfant. Un appel qui remonte à mes 10- 12 ans. A l’époque déjà, tout m’attirait: la population noire, la culture, la musique, l’histoire aussi de ces peuples qui ont subi l’esclavagisme et l’apartheid. Le véritable déclic a eu lieu à mes 15 ans, le jour où j’ai entendu, à la radio, une émission sur la construction d’un hôpital à Ouagadougou, au Burkina Faso. J’ai senti que ma place était là. J’ai alors commencé une école d’infirmière avec l’objectif de partir. Mais les chemins de vie sont parfois différents de ce qu’on imagine…

J’ai rencontré mon futur mari pendant mes études. Et mon projet a changé: nous avons fondé une famille. Durant vingt ans, j’ai mis mon rêve de côté, sans en souffrir pour autant: nos trois enfants, notre passion familiale commune pour le foot et mon travail d’infirmière ont bien rempli ma vie. L’Afrique? Elle a évidemment continué à m’accompagner, par le biais de mon engagement dans différentes ONG. Il a fallu attendre 2005 pour que l’appel revienne en force. J’ai rencontré Maggy Baranktisé lors d’une conférence à La Neuveville (BE). Cette Burundaise parcourait l’Europe pour financer un projet d’hôpital. Au terme de sa présentation, elle a invite le public à venir mettre une pierre à l’édifice. Quand je suis rentrée à la maison, j’ai dit à mon mari: «On part!» C’était pour moi une évidence. Un moment grisant: j’allais enfin réaliser mon rêve.

Et nous sommes effectivement partis en famille en 2007. Je me souviens encore de notre arrivée là-bas. La terre rouge, cette odeur si particulière, la générosité des gens… Et ce sentiment indicible d’être à ma place. Nous avons vécu durant un mois dans la région de Ruyigi, à trois heures de Bujumbura, la capitale du Burundi, où nous avons travaillé dans l’hôpital de Maggy encore en plein chantier. Cela a été une expérience très forte.

Match contre les préjugés

Là, au coeur de l’Afrique, nous avons réalisé que le sport était inexistant. Deux voyages plus tard, et forts des amitiés tissées sur place, notre projet est né: promouvoir le sport et la santé dans les écoles burundaises en amenant du matériel sportif récolté auprès des clubs de football suisses. Depuis 2007, nous avons ainsi envoyé des milliers de maillots, ballons et équipements. Le sport peut paraître secondaire face aux problèmes que connaît l’Afrique. Pourtant, grâce à un simple ballon de foot, les enfants apprennent à découvrir les valeurs de solidarité, de discipline. A aller au-delà des discriminations raciales et à vivre ensemble, tout en s’amusant et en se faisant du bien physiquement. Pour moi, c’était inespéré!

J’avais ici l’occasion de concilier mes passions: ce continent, le football et mon rôle de soignante.

Par la suite, je suis repartie plusieurs fois seule en Afrique, en tant qu’infirmière, notamment à l’occasion d’une mission médicale itinérante au Sénégal, dans la région conflictuelle de la Casamance. Des aventures dont je suis revenue plus forte, mais aussi plus critique vis-à-vis de notre société, qui gaspille sans penser que notre «surplus» pourrait servir ailleurs.

Et puis, bien sûr, j’ai remis le cap vers la région des Grands Lacs au Burundi et dans le Sud-Kivu (ndlr: République du Congo) élargi. Sous la bannière d’Un seul but – l’association que ma famille et moi avons créée pour gérer la récolte du matériel sportif, devenue quasi nationale – je rends chaque année visite aux écoles villageoises africaines qui participent à l’action. Cela afin de renforcer les liens, évaluer et développer le concept. Depuis deux ans, je me bats pour que les filles puissent accéder au sport dans les écoles. Cela me tient tout particulièrement à coeur, car là-bas elles sont souvent vues comme «juste bonnes» à faire des enfants et à travailler. Je suis une femme,Blanche de surcroît. C’est important que j’aille sur place pour leur prouver qu’il est possible de vivre différemment.

L’Afrique en plein coeur

A ma grande surprise, le concept s’est également étendu au milieu carcéral. En 2013, j’ai été invitée à la prison centrale de Bukavu, pour promouvoir le sport dans le cadre d’un projet de paix et de réconciliation. La première fois que j’y suis allée, j’étais un peu inquiète, ne sachant pas trop à quoi m’attendre. En voyant tous ces hommes, détenus dans des conditions inhumaines, j’ai eu des frissons. Mais je n’ai pas eu le temps de m’apitoyer sur leur sort tellement on m’a sollicitée, que ce soit pour leur parler des valeurs véhiculées par le sport ou accomplir mon rôle de soignante. J’ai été étonnée de voir à quel point ils étaient réceptifs à ce que je disais: pour eux, le sport est une fenêtre sur le monde, l’opportunité d’oublier un temps leur dure réalité.

Si j’ai déjà eu peur? Jamais. Malgré deux accidents de terrain – mes «stigmates» africains – je me sens chaque fois portée par une force qui me dépasse. Une force qui s’est décuplée en novembre 2013, suite au Forum Educasport auquel j’ai participé à Paris, et qui m’a confortée dans l’idée que ce que je faisais avait du sens. Mais je reste vigilante. Je suis consciente que les régions où je voyage ne sont pas sans danger. Je ne travaille en outre pas seule, partageant beaucoup avec les personnes qui sont sur place. Je ne suis pas celle qui «aide», mais celle qui «collabore avec». Nuance très importante à mes yeux.

L’Afrique est un peu devenue ma deuxième famille. Au Congo, on m’appelle Da Véro, pour «dada» qui signifie «soeur». Tellement proche qu’en Suisse elle envahit notre maison. Certains disent que je suis comme Lotti Latrous (ndlr: humanitaire zurichoise vivant loin de son foyer)  Que je délaisse mes enfants pour m’occuper des autres. Pour l’heure, ils ne s’en sont jamais plaints. Ils participent au projet depuis le début. L’association, c’est notre famille. Nous sommes un petit pont entre les deux continents. Mais c’est vrai que j’ai ce sentiment que je terminerai un jour ma vie là-bas. Comment? Je ne le sais pas encore. Pour l’heure, j’apprécie la chance qui m’est donnée. Celle de pouvoir réaliser mon rêve en concrétisant celui d’autrui.

photo Véro Féminala tribu Oberli, mars 2013Laure Thib et Babouséance de travail

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La maternité de l’hôpital REMA, lieu de naissance

bonjour à toutes et tous,

voici enfin des nouvelles de notre vie à Ruyigi. Patrick a des milliers d’histoires à vous raconter concernant le terrain de foot, Thibaud et Babou ont suivi assudiment les entraînements avec leur nouvelles équipes, une grande journée a été organisée par le FC Etoile de l’Est en notre honneur et en remerciement pour l’envoi du  matériel de foot….. tout ceci vous sera raconter dans quelques jours. Notre séjour à Ruyigi se terminera dimanche. Nous passerons 3 jours dans la capitale , à Bujumbura,puis ce sera le retour en Suisse. Alors, bonne lecture et à bientôt.

Les 5 Oberli’s

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Hôpital REMA, mardi 14 juillet 2009

Voilà quelques jours que je retrouve mes collègues infirmières du service de maternité, que je les vois à l’oeuvre, et que j’ai envie de vous partager les émotions que j’ai ressenties.

Même si l’hôpital est superbe, avec du carrelage partout, des néons, des toilettes et douche dans chaque chambre, la différence avec nos structures est incroyable. Ici, tout est réduit au plus simple, au plus urgent, « sans chichis ». Pas question d’avoir 150 sets de pansements stériles prêts dans une armoire, des casiers entiers de seringues et de tubulures de perfusion……… 5-6 pièces suffisent ! Les compresses pour les soins sont découpées avec lenteur et patience lors des moments « creux » de la journée, tout cela autour de discussions en kirundi, kirundi dont je ne maîtrise que les rudiments!

Le matin, après le colloque matinal de 7h45 fait par les 2 infirmier(ère) veilleur(euse) devant tout le personnel de l’hôpital, directeur, les 3 médecins, l’équipe du bloc op, celle du labo et de la pharmacie, nous retournons dans le service, avec le vent des montagnes comme compagnie. Les bâtiments sont d’un étage, les couloirs à ciel ouvert, une porte fermée à clé réglemente les allées et venues de chacun. Un grand silence règne……… des femmes, plutôt agées, des garde-malades comme on dit ici prennent l’air, assises sur des chaises en plastique ou à même le sol. Elles nous regardent avec leurs grands yeux de biches africaines, mais, rapidement baissent le regard.

Nous ( ma collègue Jeanine et moi) entrons dans la salle de soins et d’accouchement et prenons place sur des chaises, (petite anecdote, ce sont des « chaises percées sans pot » ) et nous relisons chaque dossier et partons faire les soins du matin. Encore une fois, je découvre la précarité et la simplicité ……… les jeunes mamans sont couchées dans des lits, avec des draps disparates, elles sont nues et à leurs côtés dorment d’adorables nouveaux-nés emmaillotés dans des pagnes et des couvertures. Pas de belles chemises blanches, pas de petits berceaux remplis de peluches et de joujous, pas de table de nuit remplis de cadeaux, de fleurs ou autre !! Jeanine leur pose des questions en kirundi et les réponses des femmes sont faites, tête et regard baissés, comme soumises, elles découvrent leur corps avec pudeur. Une odeur âcre de sang, de transpiration, d’urine m’arrive dans les narines …..ici pas de protection hygiénique ou de pampers, de simples bandes de tissus font l’affaire. Jeanine enlève avec des gestes sûres la sonde urinaire, remplace la perfusion, fait une injection, prend du sang pour un dépistage de malaria chez une maman fiévreuse. Je suis impressionnée par la confiance des personnes soignées, elles ne protestent jamais, accomplissent ce que l’infirmière leur demande……. obéissance, soumission ……… je ne saurais dire mais je ne peux m’empêcher de faire le comparatif avec certains de nos patients, très demandeurs, râleurs, impatients, exigeants…. quelques journées en Afrique leur feraient du bien!!!

Nous passons de la chambre des accouchées et césarisées aux parturiantes hospitalisées pour menace d’accouchement prématuré. Une à une, elles viennent d’un pas lent et mesuré dans la salle d’accouchement pour le contrôle des BCF ( battements du coeur du bébé). Ici encore pas d’appareil sophistiqué, juste un stéthoscope obstétrical en bois en forme de corne posé sur le ventre des mamans. Jeanine capte tout de suite les battements du bébé, moi par contre je dois m’y reprendre à plusieurs fois, je n’ai pas l’oreille très affutée. On ne change pas le drap vert entre chaque patiente, par contre le port de gants, et le changement de gants est correct. Je précise que les lingères, lavent depuis plusieurs jours le linge à la main, sur des grands lavabos car les 4 machines à laver sont en panne!!!

Tout à coup, une maman fait irruption dans la salle d’acc, courbée par la douleur des contractions et se couche à même le sol !! Jeanine, gentillement lui demande de se relever et d’aller sur le table d’accouchement; et sous mon oeil de musungu, la suite se passe en quelques minutes. Ici, donner la vie est un acte naturel, et je redécouvre ce que nos arrière-grand-mères vivaient au siècle dernier.

Une femme est en train d’accoucher de son 1er bébé, les autres, assises dehors chantent des chants en kirundi. Jeanine prend en main l’accouchement, car ici les infirmières sont toutes des sage-femme également. Elles font les épisiotomies, recousent, s’occupent des soins du nourrison …….. par manque de médecins, les infirmières sont polyvalentes.

La femme, gémit doucement sous la puissance des contractions, les douleurs de l’enfantement sont normales donc pas question de péridurale, de calmants ou d’un bain chaud ……. Les paroles s’accélèrent, une femme de ménage, en tablier et bottes en plastique fait son entrée dans la pièce et participe aussi à l’accouchement. Une petite tête, recouverte de petits cheveux crépus apparaît …….. la suite se passe en quelques secondes ………. oup , le petit est là, on le tient par un pied et il se met à crier …….. ouf, il est bien tonique et en pleine forme. Le cordon ombilical est coupé, le bébé part dans les bras de la femme de ménage, Jeanine l’infirmière, reste auprès de l’accouchée pour la suite…(placenta, suture de l’épisio) Je me dirige tout émue vers la table ou le petit garçon est couché. On l’essuie avec des compresses, on aspire les sécrétions de ses voies respiratoires avec une pompe en forme de poire, on noue un fil stérile sur le cordon, une compresse et le petit ventre est bandé avec une bande stérile, ensuite on l’emmitouffle dans un drap vert de salle d’op + une grande couverture reçue par une ONG …… pas de joli petit pyjama bleu ou rose, pas de bain sous l’oeil émerveillé du papa. Les papas, on les voit discrètement derrière le portail ……… l’accouchement reste un acte entièrement féminin ! Les petits africains naissent avec une peau très claire, presque rose ………. un petit musungu !!

Derrière le paravent, je vois Jeanine qui aide la jeune maman à se relever …. celle-ci vient voir son bébé. Elle le regarde de la tête au pieds mais ne le prend pas dans ses bras, ne l’embrasse pas. Elle va s’asseoir sur une chaise en plastique, se tient le ventre mais n’exprime pas sa douleur. Pour avoir accouché 3x, je peux affirmer que les douleurs de l’accouchement sont les pires douleures ressenties et j’ai apprécié les anti-douleurs.

Nous accompagnons la maman et le bébé dans leur chambre, et les installons les 2 dans le même lit.

De suite, apparaissent les grands-mères qui viennent aider la jeune maman. Le petit est mis au sein….l’allaitement va de soi……… pas de tire-lait, de tétrelle, de biberons après chaque tétée, pas de poids pris avant et après. La jeune maman exprime sa reconnaissance à Jeanine avec un sincère Murakoze, mais pas de sourire.

Pour moi, cette expérience est unique; j’apprécierai d’autant plus tout le confort que nous avons en Suisse pour pratiquer notre profession, la profusion de matériel de qualité, les médicaments toujours disponibles, pas de problèmes d’eau ou d’électricité ……. et je tire un grand coup de chapeau à tout le personnel médical dans les pays tropicaux.

Retour en terre neuchâteloise

Bonjour à tous !

Juste un petit mot pour vous dire que nous sommes de retour en terre neuchâteloise……

Lundi matin, Patrick a commencé son nouveau travail à l’Hebdo à Lausanne, Thibaud et Bastien ont retrouvé leurs terrains verts et les entraînements, Laure a également retrouvé ses chers amis les chevaux, et moi, je défais les valises et je retrouve les habitudes d’antant( ménage, cuisine, …). Nous reprenons le rythme européen, mais non sans peine…. nous avons le blues de Ruyigi et de tous les amis que nous avons rencontrés durant notre séjour à la Maison Shalom et bien souvent durant ces 2 jours, les larmes se sont mises à couler…

Mais on va se reprendre et continuer à vous écrire des textes; d’abord quelques histoires sur notre safari au Kenya et la suite de notre démarche avec la Maison Shalom de Maggy.

Bisous à tous et encore grand merci pour votre soutien et vos messages d’encouragements.

Véro, Patrick, Laure, Thibaud et Bastien

Le week-end à Bujumbura

En mettant de l’ordre dans les fichiers, j’ai trouvé ce texte que Thibaud a écrit la semaine dernière. Je le mets sans aucune retouche. Il revient un peu en arrière dans notre voyage. Dégustez-le!

Patrick 

On est arrivée a Bujumbura le soir vers 5 ou 6 heures du soir après 6 h de voiture pendant le trajet on est allé au source du Nil quant on est arrivé papa a dit « voila le tuyau le plus célebre du monde » tout le monde a rigoler. On arrive a la capitale aucun panneau de circulation ou quelque un déffoncée. On arrive au « Christmas Club Motel » on voulais mangé au resto mais il nous on dit : rester vous pouvez manger ici mais il y a un anniversaire de mariage et il n’y a plus de place est-ce-que vous pouvez manger dans vos chambres? Papa n’était pas d’accord il a répondu : sa nous dérange beaucoup. Alors ils nous ont mis une table et 2 bancs sur le parking. Après cela, tout le monde a commandé quelque chose qui avaient l’aire très bon. Pour attendre babou a dit : qui veut jouer aux cartes. Papa, Florianne et moi, on c’est porté volontaire. Une heure plus tard babou s’impassiente: c’est trop loin ou sa fait chier. Papa lui dit :va voire si le p’tit garçon qui nous tourne autour parle français. Babou alla voir le p’tit garçon. Il s’appellait General et il parlait trés bien le français. Plus tard le grand frère de General est venu jouer avec eux. 2H30 après avoir passer la commande arrive. Delicieux. On est allez au lit. Des tout petit lit pour 2 personnes des moustiquaire troué et des toilettes crades. Le landemain matin on se leve on commande une omellette ou des oeux au plat. Miam. Après les cartes pour attendre rugandyé. On part au marchée. J’étais choqué. Je n’arrive pas a vous le décrire. Il faut le voir pour le croire. On va au park national de la Ruzisi. A l’entrée du park un panneau: attention crocodiles. Tout le monde riaient.On rentre a l’hotel Rugandyé s’arrete. Il est 15h on va se tramper les pied au Tanganika. Après on va manger moi les délicieuses et traditionelles brochettes de chevres. 16H30 on mange. On rentre au Christmas. On croise Audace papa demande: tu connais un endroit ou on peut aller toute la famille Audace répond: bien sur. Je vais me laver les mains je vois un petit serpent de la taille d’un ver de terre.Papa par avec Audace et revienne 1h plus tard. Audace va chercher la voiture de sa soeur et un taxi. On y va on roule 10m et Audace nous dit: Eh je sais plus ou il est le resto. Alors il nous amene a l’Archipel. Babou s’endore, moi je reprend une brochette, papa aussi une brochette, Audace meme chose, maman et Florianne une salade de fruit et Laure des samboussa. On rentre a l’hotel. Le landemain Chavani vient nous chercher et on va dans un « kiosk » a souvenir. On fait le plein de souvenir et on rentre à Ruyigi. A bujumbura il faisait trop chaud et on était content de retrouvée notre maison.

Thibaud

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