Archive mensuelle de août 2017

Pensées sur le chemin du retour et réflexions sur notre mission 2017

Thibaud et les petits de l'école maternelle Mama Gina avec les footballeurs de Cahi collectif avec les filles de Burhale Xamax sur l'île d'Idjwi

Petit Bonjour depuis la mer Méditerranée que nous survolons actuellement !
Dans 1h20 nous serons à Istanbul, enfin. Istanbul , au carrefour des mondes et des cultures.
La Nuit a été longue mais j’ai pu m’assoupir quelques heures . J’ai mal aux fesses d’être assise
Quelle joie de découvrir et déguster le petit déjeuner turque : petit toast avec fromage fondu, champions et poivron, petits fromages avec olives et tomates et terminer par un petit gâteau aux abricots …. UN vrai bonheur !! Ça sent la maison.

Le bleu de la mer contraste avec les étendues jaunâtres des déserts et la neige sur les montagnes turques que nous venons de survoler . Notre petite planète bleue est vraiment Belle avec ces paysages africains contrastés et Notre Thibaud a de la chance de les avoir presque tous parcourus. Quelle richesse pour lui de ressentir et comprendre les joies et difficultés de chaque population.

Chaque voyage est pour moi une aventure … je partage le temps d’un vol ou trajet en bus, la vie de personnes inconnues. Qui sont-elles ? D’où viennent-elles et où vont-elles ? Que font faire les occidentaux et asiatiques dans les pays africains et vice-versa ; que vont faire les Africains en Occident?? Fuient-ils leurs pays pour cause de violence? Vont-ils étudier ou travailler pour nourrir toute une famille ?? Les aéroports sont témoins de larmes de joie ou de tristesse et ces moments de vie m’émeuvent beaucoup : Amoureux et familles qui se séparent le temps de qq jours, mois ou années, retrouvailles tant attendues … la notion du temps est si différente : parfois des secondes d’attente peuvent paraître une éternité , et des heures filent en 1 seconde ! 


J’aime la phrase de Mon Cher Jean Vanier :

« Chaque personne est une histoire sacrée »


OUI , chacun de nous vit son histoire et je remercie toutes les personnes qui ont fait un bout de chemin avec moi, parfois même sans le savoir !!

Mon expérience dans ma chère région des Grands Lacs me fait prendre conscience, après chaque voyage que nos conditions de vie sont différentes , et que c’est en allant sur place, sur le terrain ,  » dans les périphéries » comme le dit le Pape François que je peux mesurer et évaluer si nos projets sont pertinents et ont du sens !! 

Je ne supporte pas les personnes qui font des grands projets depuis l’Occident sans tenir compte des besoins et attentes des bénéficiaires et partenaires!!! C’est en travaillant ENSEMBLE , main dans la main , avec chacun un esprit d’ouverture que nous pourrons mener à bien un projet réaliste et réalisable!
Nous avons pris le temps avec nos partenaires les plus proches de faire un bilan, un feed-back des projets éducation et sport d’un seul but … quelles richesses dans nos discussions et échanges … Un équipement de sport et quelques ballons de foot, basket donnés …dans une telle école ou un petit village peuvent changer beaucoup de choses … la rencontre avec des coachs passionnés comme notre ami burundais Gervais et ceux du Kivu le prouvent à chaque fois : le sport apporte Beaucoup sur le plan humain et social et est également un vecteur de
graines de paix et de tolérance.

Le sentiment que nous avons travaillé selon les besoins , je l’ai vécu très fortement aussi dans le domaine médical en voyant que de jeunes médecins et infirmiers se sont lancés dans un projet d’ouvrir un centre de santé grâce au petit matériel reçu … blouses , draps , petits instruments médicaux, pour offrir à une population très démunie des soins d’urgence et de qualité!

Grande émotion aussi que moi, la petite infirmière, puisse partager ma pratique en Suisse, importance primordiale d’être pleinement présent au lit du patient en prenant compte tous ses besoins fondamentaux, en soignant notre patient dans sa globalité : physique, mentale, émotionnel et spirituel ! Une douleur diminue de moitié si l’on prend le temps d’écouter vraiment Notre malade , de s’asseoir à ses côtés et lui dire : j’entends et je vois ta douleur …

 

Voilà … je reviens grandie de cette belle mission 2017 et je remercie encore et encore toutes les personnes qui croient en nous et nous aident à donner du sens à nos projets d’Un SEUL BUT.

 

Témoignage de Thibaud sur son blog Sansmpaka après la visite à la prison de Kabare RDC , janvier 2017

Témoignage de Thibaud sur son blog Sansmpaka après la visite à la prison de Kabare RDC , janvier 2017

 

distribution de vivres avec l'équipe de l'aumônerie d'Adrien prison de Kabare

Le regard vide, le ventre creux

La première enquête d’Albert Londres, ayant fait scandale en France et plus largement dans le monde occidental, traitait du « Bagne de Cayenne ». Lorsque que je l’ai feuilleté, j’étais en partie convaincu que des atrocités pareilles ne pouvaient pas avoir lieu, cent ans plus tard. Un autre papier de ce célèbre reporter révélait les atrocités commises par les belges dans leurs colonies. C’est le fameux scandale des « mains coupés ». A nouveau, la barbarie dont faisait preuve certains coloniaux me paraissait être de l’histoire ancienne. Mais aujourd’hui, je sors de la prison de Kabare et tous mes idéaux se sont envolés. Ce bagne se situe à deux pas de Bukavu, la capitale du Sud-Kivu. Posé au sommet d’une montagne à l’entrée de la chefferie de Kabare, l’enceinte fait penser à une forteresse de brique rouge, laissée à l’abandon. Seuls les panneaux de l’entrée, annonçant de potentiels travaux, donnent l’illusion que quelqu’un se soucie encore de cet endroit.

Je m’y suis rendu aujourd’hui avec mon ami Adrien, qui est l’aumônier des prisons de la région. Il vient célébrer une messe pour les prisonniers à l’occasion du nouvel an. En effet, il a la lourde tâche de souhaiter une bonne année aux détenus.

Pour toutefois adoucir ce moment difficile, Adrien et l’équipe de l’aumônerie a toutefois prévu un petit présent à distribuer à chacun des prisonniers. J’étais déjà venu dans cet endroit il y a quelques jours

Les prisonniers paient le prix fort de la gestion inexistante du pays, l’indifférence et de la corruption des pouvoirs publics. Lors de ma première visite, j’avais appris qu’aucun d’eux n’avaient mangé depuis plusieurs jours déjà. Mais Adrien, en apprenant la nouvelle, a couru acheter des haricots pour ces pauvres hommes qui purent enfin se restaurer, pour la première fois depuis 5 jours. Depuis ce repas frugal, datant de la semaine dernière, rien ne leur a été donné, si bien que pour se rendre à l’office, beaucoup ont à peine la force de se déplacer. L’endroit en lui-même est plus qu’insalubre : les 242 détenus se partagent une cour principale et trois dortoirs. La plupart n’ont pas de lit et dorment par terre, entassés les uns sur les autres. La cour sert accessoirement de terrain de football, lorsque les détenus ont la force de jouer. Ma mère et Adrien essayent par ce biais, de rendre leur souffrance un peu moins invivable. Un dortoir a aussi été fermé à cause d’une tentative d’évasion où les hommes, morts de faim, ont tenté d’enlever les briques du mur à coup d’ongles. Ils y sont presque parvenus. Il ne restait qu’une brique.

Pendant la messe, la plupart d’entre eux sont assis par terre, leurs pieds nus dans la poussière. Malgré la chorale qui donne de la voix, tente de réchauffer l’atmosphère, ces hommes regardent dans le vide. Certains n’ont même pas la force de se lever. Adrien leur offre une messe pleine de messages d’espoir, mais il est difficile de savoir si ces paroles parviennent jusqu’aux oreilles de l’audience. Après quelques minutes, un homme s’effondre. Sans s’affoler, ses voisins lui empoignent les mains et les jambes et l’emmène dans la pièce qui sert d’infirmerie. Il recevra un peu d’eau et quelques biscuits, juste de quoi le réveiller. Il sera bientôt rejoint par un autre jeune homme, s’étant lui aussi effondré durant la messe. Mais lui n’a pas la chance d’avoir un lit, il restera sur les graviers devant l’infirmerie. Lorsqu’Adrien a terminé, nous leur offrons les cadeaux. Les petits sacs contiennent du savon, du sel, du sucre et du soja. Malgré quelques visages qui esquissent un sourire, la plupart continuent à venir demander davantage. Je comprends réellement ce que l’expression « mourir de faim » signifie depuis ce moment-là.

Le dernier cadeau est un sac de chou, que tous les détenus devront se partager. Il n’y en a toutefois pas suffisamment pour que chacun puisse en recevoir un. La distribution se fera à la lancée, celui qui attrapera un chou sera alors aussi heureux qu’en danger. Ici, c’est la loi du plus fort. Nous réservons toutefois deux choux pour la seule femme détenue dans ce bagne. Avec ses deux jumelles de trois ans. Ces enfants sont nés en prison et n’ont jamais vécu en dehors de ces murs de pierre. Le tribunal n’ayant trouvé personne pour les garder, elles ne connaitront jamais la liberté et l’insouciance de l’enfance mais la faim, la promiscuité et l’enfermement.

Ces gens ne sont sûrement pas des anges. Mais à défaut d’être des anges, ils restent des êtres-humains. Personne ne devrait vivre dans ces conditions. Une somme d’argent a surement dû être alloué par les pouvoirs publics à la gestion des prisons, mais elle a été détournée avant d’arriver jusqu’ici. Déjà que la vie en dehors de l’enceinte est particulièrement difficile, ici elle semble impossible. Même des enfants vivent dans cet enfer. Les seules personnes qui se battent et qui réussissent à faire survivre ces pauvres bagnards sont les membres du clergé. Sœurs, Abbés, ou simples membres de la communauté religieuse essaient de faire respecter les droits humains, de nourrir et de rendre un peu de dignité à ses pauvres oubliés. L’Etat profite, l’Eglise se débat, comme c’est le cas pour beaucoup de choses dans ce pays. Même les applaudissements et les sourires, lorsque Adrien m’a présenté comme celui qui leur amenait les ballons, le fils de Da Véro, ne me consoleront pas de la souffrance qui régnait dans cette prison et que j’ai ressenti si vivement. On m’avait prévenu que cette prison était une des plus dures du pays. Bientôt j’irai visiter la prison centrale de Bukavu, que l’on m’a décrite comme plus clémente. J’irai bientôt voir par moi-même ce que cela veut dire ici.

Heri Kwetu:le monde des fragilités humaines

THib et les enfants d'Heri Kwetu Moïse aime les cheveux de ThibaudDa Véro et ses petits amis d'Heri Kwetu

Lorsque l’on arrive au centre d’Heri Kwetu on plonge dans le monde des fragilités humaines et nous rencontrerons des personnes souffrants de handicaps différents ! De jeunes enfants marchant en béquilles ou avec des prothèse ( suite à des amputations causées par la Violence de la guerre et plaies par balles ) , des bébés plâtrés aux 2 jambes suite aux opérations de pieds bots que pratique chaque semaine le Dr Jeff Avec son équipe, enfants et adultes sourd-muets , patients paralysés … même si nos cœurs sont Remplis d’émotion, nous voyons que ce petit monde est JOYEUX.

Nous retrouvons la responsable qui nous accueille dans son bureau ; nous parlons sport et éducation et c’est avec une JOIE réciproque que nous échangeons. Elle nous parle des jeux paralympiques que le centre organise chaque année et nous lui donnons quelques ballons colorés, corde à sauter, petites ballons souples pour la rééducation… viendra encore des raquettes de tennis et ballon de foot.

Thibaud a tenu sa promesse faite à Laure : faire un bisou au jeune Moïse , enfant abandonné et IMC. Moïse est ravi de nous voir et tire allègrement les cheveux de Thibaud …

Nous passons aux ateliers de couture pour acheter de l’artisanat fabriqué ici. une manière aussi d’être solidaire et de valoriser ces chefs d’œuvres !! Un jeune Kiné nous fait la visite des salles de rééducation, étape si importante dans la rééducation des personnes… nous échangeons comme des collègues car j’ai Beaucoup travaillé dans ce monde du handicap. L’atelier de fabrication des prothèses intéresse bcp Thibaud.

Infirmière des prisonniers

 plaie au prisonnier brûléplaie brûlure

Une grande journée à la prison se termine….. fatiguée mais heureuse d’avoir pu participer à soulager un patient prisonnier gravement brûlé!
Le pauvre s’est renversé de l’huile brûlante … sa jambe droite est très atteinte et comme il attendait depuis ce matin pour nettoyer sa plaie, celle-ci servira de repas aux dizaines de mouches. 


Arrivée tôt le matin pour donner un petit cours sur les plaies , parler du sport, (explications- démonstration des exercices d’un parcours Vita adapté au milieu) et formation sur le massage, mes amis médecins ( aussi des prisonniers) me parlent d’un cas arrivé hier avec de graves brûlures. Un autre est décédé de diarrhées ( probable choléra) dimanche matin et au autre encore est mort de faim dans l’autre prison …. des drames terribles mais qui sont monnaie courante ici . Paix aux défunts.

Nous allons ensemble vers ce patient et comme j’ai du matériel de pansement spécifique je retraverse la ville pour aller le chercher.

Nous attendons l’infirmier de la prison pour nous mettre au travail … nettoyage de la plaie très étendue et mise en place d’un pansement à 4 mains Avec mon collègue congolais sous les conseils avisés des 2 médecins.

Un beau travail d’équipe où chacun a amené ses compétences. Le patient a souffert mais je prie pour que sa santé s’améliore vite.
À côté , sur un matelas crasseux posé à même le sol, un autre patient, d’une maigreur terrible regarde dans le vide en attendant que sa perfusion d’antibiotiques se termine …. il a le palu et est HIV …quelle détresse dans son regard.

De retour dans ma « maison », je vois encore la petite Jasmine, petite fille que avait touché le coeur de Laure avec des problèmes cutanés graves. La petite a bien grandi et s’est épanouie. Sa peau va mieux mais il faut continuer le traitement. Ma gratitude au Médecin dermato qui me soutient Beaucoup.
Comme cadeau, Jasmine chante une chanson pour sa tantine Laure, vidéo que j’enverrai ce soir.

 

« L’amour, ce n’est pas faire des choses extraordinaires, héroïques,

mais faire des choses ordinaires avec tendresse »
Jean Vanier

« Là où tu vas, va-y avec ton cœur »

un câlin tant attendu Thib à l'échauffement Thib à Libreco avec Birindwamatériel d'un seul but voyage en pirogue jusqu'à Idjwianimation avec la jeunesse de Kasihe

« Là où tu vas, va-y avec ton cœur »


Voilà déjà une semaine que je suis sur cette terre africaine … les jours ont filé à grande vitesse après des retrouvailles remplies d’une grande émotion avec Thibaud qui m’attendait à la frontière congolaise !

Beaux moments d’échange mère-fils avec Notre voyageur parti en septembre pour vivre son voyage de rêve : traverser l’Afrique du Caire en Egypte au Cap Town en Afrique du Sud.

Notre programme d’Un SEUL BUT a commencé le lendemain avec la préparation du matériel : Thib était impressionné de retrouver les sacs et cartons que nous avions préparés durant une année … les ballons qu’il avait dégonflé avec patience et les bouts de doigts déchirés … il les regonfle maintenant !La boucle est bouclée en quelque sorte.
Comme nous partons pour 5 jours dans plusieurs endroits, il faut penser à tout et avoir une mémoire d’éléphant.
Thib découvriras de nouvelles réalités et paysages , passant de la saleté, du bruit constant et de la désorganisation de Bukavu aux villages paisibles du bord du lac Kivu …et pour finir en apothéose avec l’île merveilleuse d’Idjwi.

Tout en laissant nos yeux admirer cette nature luxuriante, nous allons à la rencontre de nos amis et des centaines d’enfants et de jeunes qui nous attendent. Cris de Joie des retrouvailles avec certains, regards étonnés et curieux pour ceux qui nous voient pour la première fois. Une drôle d’équipe d’UN Seul BUT composée de Paul , notre Ami congolais, initiateur du sport dans la région de Katana, rentré pour qq semaines pour poursuivre les projets avec nous et de deux muzungu blonds et chevelus .. une mère et son fils.
Nos armes sont très pacifiques: des kabumbu ( ballons) et des jeux , des valeurs comme le Partage, l’entraide , la persévérance, le jeu collectif , Notre maître mots tiré du film fétiche et déclencheur : Africa united.

Nos déplacements provoquent des cris et nous sommes rapidement entourés de dizaines d’enfants qui marchent avec nous. UN enfant dans chaque main pour Da Véro l’ambassadrice des enfants

Nous innovons cette année avec des échauffements en musique , jeu de freesbee (toujours dans l’idée de jouer ensemble , collectif) et UN super entraînement de gardien par Thibaud, ancien gardien de Xamax. Les gardiens ont Beaucoup apprécié les exercices spécifiques, le placement … MERCI THIB pour ce partage de connaissances, tu as cartonné avec calme et motivation.

2 jours à Katana et nous voilà repartis avec nos bagages pour aller en pirogue sur l’île merveilleuse d’Idjwi. Sa Beauté est sans égale et nous tombons immédiatement amoureux de cet endroit paradisiaque, île qui n’a jamais connu de guerres (fait rarissime ici dans cette région des Grands Lacs)

Après avoir été accueilli par la famille de Paul, nous nous rendons au centre du petit village de Kasihe. Plusieurs rencontres sont au programme : dispensaire médical, école primaire et équipes de foot. Notre animation sera coloré et animée : jeux avec les parachutes de couleurs et estafettes qui exigent coordination et travail d’équipe. UN moment inoubliable pour nous tous , organisateurs et jeunesse.

Je vous parlerai dans un autre récit de notre rencontre avec les infirmiers du dispensaire et le directeur de l’école primaire.

Heureux et le coeur en fête, mais fatigués car écrasés sous la chaleur du splendide Soleil Africain , nous rentrons déguster les bananes, avocats, mukeke, mangues, maracuja puis nous plongeons avec délice dans l’eau du lac Kivu avec le Soleil couchant comme spectacle.

 

Dimanche 8 janvier 2017




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