Une journée pas comme les autres avec l’association Sentinelles

écoliers primaires à Nyantende Laure avec Safari et les orphelins maman Véro et les petits enfants du village paysage de Nyantende

Une journée avec l’association Sentinelles chez les veuves vulnérables de Nyantende  (sud Kivu RDC)

 

Je profite d’une journée de repos pour vous raconter notre première semaine. Nos corps sont éprouvés par la chaleur ( 25-28 degrés), des maux de ventre provoqués par la Malarone ( médic contre le palu)  et par la fatigue. Laure et moi venons de vivre 3 jours sans eau…… et l’électricité est un luxe ici et on ne parle pas de la connexion.

Une semaine remplie d’expériences incroyables et intenses, tant physiquement qu’émotionnellement. Notre Afrique est si belle mais aussi très dure, dure par ses contrastes….. ses inégalités et  injustices.

Nos journées commencent très tôt le matin (06h) et pas question de faire la grasse matinée. Les gens vivent au rythme du soleil et comme la nuit tombe à 18h30, les activités débutent de bon matin.

Nous avons partagé la vie d’une journée  de l’asso Sentinelle (dont le siège est à Lausanne) qui oeuvre auprès des veuves vulnérables ( très très pauvres). Deshi notre super chauffeur expérimenté est venu nous chercher avec Da Rachel et Safari, les assistants sociaux. Nous voici donc à 5 dans le véhicule qui nous amène dans le village de Nyantende, à qq kilomètres de Bukavu, la capitale de sud Kivu. Les routes congolaises sont sinueuses, sur la fameuse terre rouge et avec des trous partout. Au moment où la route nous paraissait presque impratiquable, passe la chanson de Black M «  sur ma route »…. grand éclat de rire général et nous nous mettons à chanter …. A ce moment, un convoi funéraire porte le corps d’une personne décédée et le ramène à la maison pour la veillée. Le village entier est à sa suite. Ici tout se vit en famille et avec la communauté, rien à voir avec nos habitudes occidentales où des personnes peuvent mourir seules dans leur appartement.

Nous nous dirigeons vers  l’école du village. Tout au long de la route des dizaines d’enfants de tous âges marchent avec leur cartables. Ce sont les enfants qui ont été chassés de l’école car les parents n’ont pas payé les primes scolaires ( 5-10$ par mois). Les écoles sont d’une extrême pauvreté, les toits quand il y en a sont en tôle au en paille…. 50-70 enfants dans la même classe. Ici Safari paie les frais scolaires des enfants des familles prises en charge par Sentinelle.

Notre périple se poursuit vers une première famille, dont la hutte en   terre et toit en paille était dans un tel état de délabrement que la pluie tombait dans la maison. Imaginez la vie de cette vieille maman ( env 75-80 ans) , sa fille et ses orphelins …. comment peut-on vivre dans une maison humide, dormir par terre sur des nattes mouillées, essayer de faire la cuisine avec des braises mouillées…. sans parler des maladies !!! Sentinelle a donc pris en charge de construire une petite maison en brique juste à côté. La vieille maman court nous saluer dès notre arrivée, courbée sous le poids de son petit fils qu’elle porte sur son dos. Elle danse et pousse des cris de joie, nous prend dans ses bras d’une maigreur extrême. Elle loue ses bienfaiteurs qui lui ont redonné la joie de vivre dignement dans une maison, une lumière intense brille dans ses yeux brûlés par le soleil. Rachel et Safari demandent des nouvelles de toute la famille. Laure et moi sommes très émues.

Nous remontons dans le véhicule pour nous diriger vers une autre famille. Le drame est encore plus grand puisqu’il s’agit d’enfants orphelins de père et abandonnés par leur mère. Un jeune garçon, beau comme un dieu africain vient à notre rencontre. C’est l’aîné et il devient le chef de  famille à 18 ans, responsable de ses 3 petites soeurs. Sa hutte est aussi en très mauvais état et ils n’ont aucun revenu. Ils ont été pris en charge par Sentinelle dans un état physique épouvantable, anémiés et très dénutris. La petite soeur, âgée de 6 ans en paraît 3 tant son développement a été retardé par la  malnutrition. Vivres, habits sont donnés au garçon, et les frais pour une formation dans la mécanique lui permettant de chercher un petit boulot. Ce jeune garçon dont nous ne connaissons pas le nom regarde Laure attentivement et lui fait de nombreux sourires. Il est comme toutes les personnes ici intrigué par les piercing sur le visage et ses tatouages. Autre coutume et culture, autre vision de la femme.

3ème famille. Une bien triste histoire aussi. Il faut dire que les femmes   veuves sont vraiment dans une extrême fragilité et isolement social, la communauté n’est parfois pas solidaire et ses pauvres mamans travaillent durement pour subvenir aux besoins de leurs nombreux enfants. Une petite fille, d’une maigreur incroyable est assise sur la porte. De suite nous observons chez elle un handicap physique et mental. Rachel nous raconte que lorsqu’ils sont intervenus auprès de cette famille, la fillette était dans un état végétatif, ne pesait que 6 kg pour un âge de 10 ans !!  les larmes nous viennent aux yeux et notre coeur se serre ……… difficile de résister devant cette misère profonde.

La maman, une belle femme mais fatiguée par la vie nous dit fièrement que la petite pèse actuellement 10kg, qu’elle a la force de se tenir assise et se déplace par terre. Elle peut manger , parle qq mots et son sourire radieux nous le prouve. Nous sommes émerveillées du travail fourni par toutes ces personnes de bonne volonté qui se dévouent chaque jour  malgré de petits moyens et révoltées au plus haut point par d’autres, ceux qui gouvernent et restent les bras croisés.

MERCI AKSANTI SANA à Rachel, Safari, Adrien, Mira, Pillar, Evelyne e tant d’autres de nous montrer votre engagement auprès de cette population du sud Kivu.

MERCI d’être pour nous des exemples de solidarité, de fraternité et de respect envers chaque être humain. Chaque personne est une histoire sacrée. L’histoire du colibri me revient à chaque instant : chaque petit geste posé, même s’il paraît dérisoire peut apporter du réconfort dans une vie, permettre à l’autre de vivre dignement.

MERCI à nos familles et tous amis suisses, qui eux aussi ont compris ce message et nous apportent leur soutien financier et matériel. Je le redirai chaque jour : chaque crayon, chaque livre, chaque ballon de foot,  chaque savon-brosse-à-dent, chaque compresse-pansement-médicament, chaque jeu pour enfant peut apporter beaucoup à ceux qui n’ont rien. Notre plus belle récompense sont les sourires et la petite flamme qui brille dans les yeux des enfants, des mamans, des jeunes sportifs que nous rencontrons. Nous reviendrons riches de tout cela.

Les prochains jours nous mèneront dans l’école maternelle et primaire pour Laure a ses projets de sport pour jeunes enfants, dans la prison de Bukavu pour moi. Chaque jour je soigne mes patients dans la petite salle de soins aménagée spécialement avec la table de massage reçue : pansements de plaie le matin, massage l’am.

Ensuite, nous enfilerons nos souliers de sport pour partir à la rencontre des jeunes écoliers et sportifs de Katana où les projets de sport sont déjà bien mis en place par notre ami Paul dès 2012 et maintenant par Nicodème, son corps enseignant et ses coachs de l’Ecofoot. Hâte de revoir tous nos amis avec nous travaillons depuis quelques années avec UN SEUL BUT.

 

 

 

 

 

 

 

 

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