La savane dans toute sa splendeur

Le vendredi démarre comme prévu. Déjeuner copieux avec omelette et bacon, pique-nique dans le carton et toit ouvert. Les singes accompagnent notre départ les massaïs essaient de nous vendre le bijous de pacotille. Abu n’est pas en forme: fièvre et maux de tête. Il redoute une poussée de malaria.

Mais il a promis les « chitas », il fera tout pour les trouver. 60Km nous séparent de la Tanzanie. Le chemin est bordé de découvertes: un cadavre de gnou qui fait le bonheur d’une bande de vautous (décidément ces oiseaux sont très très laids). Partout des groupes d’herbivores, la plupart du temps en mouvement. C’est la période de la grande migration et les gnous se déplacent en file indienne, mû par leur instinct ancestral. Puis Abu fait une pause près de la rivière. Pendant qu’il tente de récupérer de ses nausées, il nous confie à un garde-faune armé d’un fusil-mitrailleur. Nous partons à pied observer les hippopotames et les crocodiles. Des Crocos nous en verrons quatre dont deux à une vingtaine de mètres. Ils ont plongé devant nous, effrayés par notre arrivée. Le garde nous explique qu’ils se tiennent à cet endroit parce que les gnous y traversent la rivière et qu’ils sont des proies faciles. Nous le constaterons plus tard en contrebas en découvrant les cadavres gonflés que des vautours déchictent.

Lorsque nous repartons, c’est pour franchir la frontière. Abu a embarqué un autre garde armé. Nous apprendrons que cela facilite les passe-droit. Le fonctionnaire dans son uniforme beige guide notre chauffeur vers un arbre perdu au milieu de la pleine. En arrivant, nous découvrons quatre lionnes qui se reposent à l’ombre, indifférentes dans leur paresse à notre présence. Au risque de nous répéter, le spectacle est magnifique.

Nous repartons pour quelques centaines de mètres pour nous arrêter sous un autre arbre. Là, il n’y a aucun animal. Abu lance alors: « Vous pouvez sortir. Nous allons manger ici. » On est un peu interloqué. Nous peinons à le croire. A un kilomètre, nous savons qu’il y a quatre lionnes, nous venons de les quitter. En scrutant les environs, nous découvrons un éléphant mâle solitaire et en face à 100 mètres à peine, un troupeau de gnous et de zèbres qui s’étirent sans fin. Cela durera une heure sans interruption.

Les sandwiches sont avalés et la pause se termine. Irréelle…

L’étape suivante nous mènera vers les fameux « chitas », ces guépards qu’Abu et Babou ont en très haute estime. Les observer est un privilège, un véritable cadeau de la nature. Il y a toute une famille: les parents et quatre petits déjà bien plus gros que nos chats.. Ils dorment dans un bosquet. Nous savourons le moment.

Mais Abu et le garde s’agitet. Ils viennent d’entendre qu’une file de zèbres et de gnous traversant la rivière Mara. Une aubaine. La semaine précédente, une femme s’était postée durant trois jours complets à cet endroit, sans voir un seul zèbre nagé. Nous fonçons vers les berges. On se croit dans un doc de la chaîne thématique « Animaux ».

Les mammifères se jettent dans l’eau, au milieu des hippos et des… crocos. Les zèbres hénissent (je ne sais pas si c’est le terme exact, parce que cela ressemble plus à un hurlement d’âne qu’à un hénissement). Les berges sont glissantes. Les crocodiles à l’affût, immobiles, mais nous les voyons très distinctement. Laure tremble pour les cousins des chevaux. Heureusement pour elle, il n’y aura pas d’attaque.

Nous sommes comblés et nous ne cessons de le répéteré. Le garde nous indique alors le chemin d’un oint de vue où la rivière fait un coude. L’eau est basse en attendant les pluies et les roches sont apparents. Les carcasses gonflées sont là, les vautours aussi. Après quelques secondes de recherches visuelles, nous découvrons aussi les crocos. Il y en avait six, dont deux étaient énormes.

Les images s’entremèlent lorsque nous revenons sur territoire keynian. Abu m’indique discrètement qu’il serait bien de récompenser le garde. Je glisse 1000 shillings dans sa main. Il est comblé, cela représente une semaine de salaire. Pour nous, c’est moins qu’une séance de cinéma enfant, bien peu pour quatre heures hors de la réalité.

Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons dans une des lodges du parc. Abu espère consulter un médecin qu’il ne trouvera pas. Jusqu’à Nairobi, il devra se contenter des médics que lui donne Véro. Laure, elle, craque pour… un magnifique sac à main et des bagues en bois. Thibaud a la tête dans les nuages. Il vacille entre émerveillement et fatigue.

Nous sortons du parc pour dernière étape incontournable: la visite d’un village masaï. Là, nous retrouvons une réalité difficile, bien moins équilibrée que la nature sauvage du parc. Au-delà du folklore, nous retrouvons la pauvreté, ainsi que l’odeur et la saleté des excréments. Mais ce sera pour un autre jour…

Patrick

2 Réponses à “La savane dans toute sa splendeur”


  • quels récits passionnants…on s’y croirait….c’est toujours un grand plaisir de vous lire…ça m’a manqué pendant mes trois semaines de vacances….au plaisir de vous croiser dans le quartier.
    Bisous

  • c’est trop méga bien, mieux que toutes les sagas de l’été réunies,en plus c’est vrai on s’y croirait vraiment.
    Bravo et encore merci pour ces aventures passionnantes.
    Bisous à tous

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