Masai Mara: le film continue

Bonjour,

Ce texte a été écrit au Kenya, il y a 10 jours. mais je n’avais pas eu le temps encore de le retranscrire pour le mettre sur le blog. D’autres suivront encore.

Patrick

Pour la première fois depuis le début du voyage, je dois écrire à la main. Car dans la savane du Kenya, l’électricité est rare. Dans le camp de tentes o`nous avons pris nos quartiers ce jeudi, celle-ci provient exclusivement d’un groupe électrogène. Et comme le fuel est cher, la machine ne fonctionne qu’entre 19 et 21h.

Cette pénurie contrôlée n’est pas sans conséquences: tout le monde se couche tôt. Et tant pis pour le bar. Quand à moi, je me retrouve seul avec ma lampe à pétrole.

A Nairobi, jeudi matin, nous avons été, nous avons été pris en charge par Abu, jeune trentenaire, guide chauffeur pour touristes en safari dans tout le Kenya. Abu parle anglais, ce qui limite les conversations. Et les rallonge, car cette langue n’est ni pour lui – sa langue maternelle est le swahili – ni pour nous très spontanée. Qu’à cela ne tienne. Abu à pris Babou en amitié et il ferait l’impossible pour lui faire plaisir. C’est fou ce que Bastien plaît aux Africains. Abu doit être au moins le quinzième à vouloir le garder…

Dès le départ de Nairobi, nous avons perçu que la journée serait particulière. Au sortir de la capitale, les routes sont bien meilleures qu’au Burundi – d’une manière générale le Kenya semble nettement moins pauvre. On roule à gauche et les piétons traversent l’autoroute sans aucune arrière-pensée.

Abu pense à nous, pauvres Européens. Il roule prudemment, ce qui permet à de nombreux « matatu », bus taxi privé Toyota bourrés comme des oeufs, de nous dépasser. Mais à notre hauteur, leur vitesse ralenti fortement pour une tornée générale d’èeillade à Laure qui apris place à droite du véhicule. Heureusement, elle n’a pas provoqué d’accident, mais je pense qu’on en était pas loin…

Nous parvenons rapidement sur les bords de la Grande Vallée du Rift. Le panorama vers la profonde faille est superbe et nous réalsons alors que Nairobi est une capitale à plus de 1600 mètres d’altitude.

Après une courte halte « photos » – et oui, nous sommes maintenant des touristes -, nous plongeons dans la vallée pour quatre heures de route. Enfin, si l’on peut dire car sur près de cinquante kilomètres, celle-ci est en construction. La fatigue est immense et seules les premières gazelles et girafes nous remettent d’aplomb.

La route est difficile. Souvent, nous devons rouler sur les bordures pour éviter les trous. La moyenne horaire tombe à 40 km/h. Malgré les secousses dignes du meilleur « shaker », nous nous endormons à tour de rôle.

Nous parvenons à proximité du parc national vers 13 heures, le cul tané. Le camp de tentes nous tend les bras et nous en découvrons les particularités. Ainsi à 200 mètres de l’entrée, Abu nous signale une crotte d’éléphant. C’est pareil que pour un cheval, mais dix fois plus grand. Nous entrevoyons aussi des baboins et des dip-dips. Sans compter les nombreux massai occupés soit à garder les troupeaux de vaches, soit à essayer de soutirer quelques dollars aux touristes de passage. Comme disent Laure et Véro, « Ici, nous avons vraiment l’impression d’être des dollars sur pattes ».

Notre tente peut accueillir cinq lits. Nous décidons donc de n’en occuper qu’une. Les enfants, de facto, acceptent de subir mes ronflements, tant pis pour eux… Elle est située dans le bas du camp, à proximitié de la barrière extérieure et électrifiée. La paroi de toile des wc est déchirée, mais la douche est annoncée avec de l’eau chaude. Cela, on vérifiera plus tard.

Nous avons rendez-vous avec Abu à 15 heures. Il a promis des « lions » aux enfants qui trépignent d’impatience, même s’il faut retourner dans le Toyota Hiace. Babou est le premier à ressortir de la tente. Mais il revient en hurlant: « Bonjour, les singes. Bonjour, les singes! » On a cru qu’il nous faisait une farce. Toutefois, c’était la réalité: l’explorateur intrépide s’est en effet retrouvé nez à nez avec une colonie de primates: des gros, des petis, des moyens qui n’avaient pas eu la présence d’esprit de contourner le camp pour leur promenade de l’après-midi. Pire dans leur esprit libertaire, même les tentes se devaient d’être escaladées…

Dès le départ de notre « game » – c’est ainsi que l’on dit dans le langage branché safari – nous en avons pris plein les yeux. Troupeaux de gazelles et d’impalas, d’antilopes et de zèbres se succèdent sans interruption. Nous avons aussi approché des girages.

Mais Abu n’avait qu’une chose en tête: tenir sa promesse et rencontrer les « simbas » (lions en swahili). Il avait ouvert le toit et son oreille était scotchée à la radio centrale des guides. Tout à coup, il fait demi-tour, s’engage sur une piste « tertiaire », accélère, ne freine que parce qu’un troupeau de gnous la traverse au galop et s’arrête devant un bosquet. Un autre véhicule nous avait précédé. Là, dans les fourrés, nous apercevons alors la crinière noire d’un mâle et le pelage doré d’une femelle. Les lions dorment, mais le tableau est grandiose. Encore plus impressionnant que la famille d’éléphants dont nous venions de croiser la route.

Cependant, nous ne restons pas très longtemps. Car la radio annonçait un bain familial d’hippopotames dans la riviière Mara. En quelques minutes, nous nous sommes retrouvés sur ses berges à observer ces géants en train de chanter. Les paroles et les mélodies n’étaient pas très variés. Néanmoins, les mots « magnifiques, incroyable, phénoménal » revenait plus souvent qu’à leur tour.

C’est encore une fois Abu qui nous a tiré de notre béatitude en nous priant de remonter dans le véhicule. Sans explications. Sans le savoir, nous retournions vers nos lions.

Car la sieste était terminée. L’heure était venue de se rendre vers le garde-manger sauvage, en l’occurence un troupe énorme composé de zèbres, d’antilopes et de gnous. Nous avons donc précédé les lions, femelle à l’avant et mâle derrière, marchaient et trottaient à 2 ou 3 mètres de notre voiture. Nous étions le nez au vent, fasciné. La promenade a duré un bon quart d’heure. A observer les zèbres qui donnaient l’alerte, on s’est dit que nous assistions peut-être à un début de chasse. D’autant plus que de l’autre côté du groupe, deux lionnes s’étaient placées en attente. C’était mieux que dans le meilleur documentaire animalier.

Mais l’heure avançaient. Il fallait sortir du parc pour laisser la faune respirer tranquillement. Sur le chemin du retour, nous n’avons cessé de nous arrêter. Ici, deux éléphants mâles croisaient leurs défenses, pour les belles oreilles d’une femelle. Là un troupeau de buffles scrutaient les voitures d’un oeil torve. Abu ne les aime pas: « Ce sont les animaux les plus dangereux de la savane, avec les éléphants. Ils chargent tout ce qui bouge. »

De retour au camp, la nuit est tombée. Sous les étoiles, nous savourons avec Véro les six lumières qui scintillent dans les yeux des enfants, pendant que leurs bouches énumèrent les espèces entrevues dans l’après-midi.

Le repas est pris en commun. Babou ne peut se remplir. Abu mange avec nous. Il fixe le départ du vendredi à 8 heures. Au menu: une journée entière qui permettra de pousser jusqu’à la frontière tanzanienne. Avec une nouvelle promesse: on trouvera des « chitas » (guépards) et des crocos. Nous, on arrive pas imaginer. Tout le monde s’endort à la lueur d’une bougie, dans le vent et les bruits de la savane. Il n’y a aucune appréhension. Car la barrière électrifiée qui entoure le camp résiste à tout. Sauf, mais on l’apprendra plus tard, au déjeuner, aux éléphants qui se rendent chaque nuit dans la montage pour y dormir. Heureusement pour nous, ils ont sûrement fait nuit blanche.

Patrick

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