Le choc des mondes sur même continent

A 8h30, ce mercredi, ils étaient tous là: Maggy, magnifique comme toujours, Rugandie, Janvière, Shabani. Apolinaire, le papa de Michel, nous a amené une cargaison de mangues, bananes et fruits de la passion pas trop mûrs pour le voyage. Il amènerait les enfants directement à l’aéroport. Je suis parti avec Maggy et Rugandie. Nous avons déposé Maggy chez le président avant de partir acheter du café et du thé. Pour cet exercice, rien de tel que de suivre Rugandie. Il n’y a pas d’attente, malgré la file. Et le vendeur donne toujours un kilo de plus que la commande sans que cela n’apparaisse sur la facture. Puis, Rugandie est allé faire du change – lui il va dans la rue… – pour que je lui achète une caméra en Europe.

Janvière et Shabani nous ont ensuite amené à l’aéroport. A 10 minutes près, nous étions à l’heure. Les enfants étaient déjà là. Nous étions parmi les premiers. Janvière, complice de Laure, l’a aidée à écrire un petit mot à Viannet dans le hall d’enregistrement. Mais cela a pris tellement de temps que notre grande fille a failli rester à Bujumbura… Dernières accolades et nous voilà dans le hall d’attente avec des cartes d’embarquement provisoires. A midi, nous savions que nous ne décollerions pas avant 14 heures. A 13 heures, deux employées de Kenyan sont arrivées avec un paquet de cartes d’embarquement définitives, mais nous n’étions pas sur la liste. On balisait un peu, mais il faut avouer que nous avons bien géré la chose. Une demi-heure plus tard, il y a eu un deuxième paquet. Nous avons reçu nos sésames.

Aux environs de 15 heures, nous sommes montés dans l’avion. Mais les places attribuées étaient déjà occupées. Là encore, nous sommes restés zen. Nous nous sommes assis à côté des toilettes. Au moment du décollage, nouvelle surprise: le vol partait en direction de Kigali, au Rwanda. Avant de se rendre à Nairobi. Ce n’était pas prévu au programme. Néanmoins, personne n’a râlé. Je pense que tout le monde était déjà content d’avoir sa place. Nous avons décollé à l’heure où nous aurions dû atterir à Nairobi. Mais c’était pas plus grave que ça. J’étais juste inquiet par rapport à Njeri, la représentante de l’agence qui a organisé notre safari dans le Masai Mara.

Mais j’avais tord. Lorsque nous sommes arrivés à 19h à Nairobi, Njeri était là, souriante, malgré les heures d’attente. « Akuna matata, » m’a-t-elle lancé. « En Afrique, nous avons l’habitude ». Après avoir changé mes chèques de voyage en shillings kenyan, elle nous a présenté Abou qui sera notre guide dans notre quête d’animaux sauvages. Puis nous avons pris la route – ici, on roule à gauche – pour Nairobi.

L’arrivée à l’hôtel est plutôt choquante. En quelques minutes, nous sommes passés d’un monde de lutte permanente pour la vie à un établissement quatre étoiles. Nous ne l’avions pas demandé, mais les chambres étaient réservées. Au Macaranda, tout brille et tout fonctionne. Les gens sont affairés et les contacts sont des contacts de service. Il y a tout, même le wi-fi, que je vais essayé dans quelques minutes. Cette richesse opulente nous retourne les tripes. Nous ne cessons de penser à ces amis que nous venons de quitter, pour qui le prix affiché d’une chambre pour une nuit représente deux mois de salaire. Nous mangeons tard. La nourriture est excellente. Mais le malaise persiste. Avons-nous vraiment le droit? Véro et les enfants sont épuisés, mais nous mesurons l’écard entre les deux pays. Pourtant, nous ne sommes qu’à une heure trente d’avion…

Personne ne prend de dessert. Bastien préfère prendre une mangue du Burundi dans la chambre plutôt que le tiramisu proposé sur la carte. Je crois que nos esprits n’ont pas encore quitté Ruyigi. Et même si demain à 7h30, nous prendrons la route avec Abu direction la savane, on y sera encore pour longtemps.

Patrick

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