Concert à Bujumbura

 

Hier, on s’était quitté peu après le cabaret dans l’orage de Ruyigi, événement exceptionnel durant la saison sèche. Plusieurs de nos amis nous ont affirmé n’avoir jamais connu cela. Nous, on a un peu penser à chez nous, en se disant que les trombes d’eau étaient dignes des plus belles inondations.

Ici, c’est l’électricité qui a disparu. Nous avons vécu à la lueur des bougies, nous avons fait confiance au tatonnement de nos mains et nous nous sommes cognés dans la nuit (en tout cas moi).

C’est vrai aussi que j’avais des circonstances atténuantes: Amstel au pluriel et fatigue.

Le samedi matin, l’electricité n’était pas revenu ni dans les prises qui pendent du mur ni dans ma tête. Il fallait néanmoins repartir pour Bujumbura avec le projet d’assister le soir au premier concert des chanteurs aveugles de la Maison Shalom, le groupe Peace and Love.

Nous avons fait la route dans le bus Yahoo Express, 30 places officielles, 35 effectives. Nous étions accompagnés des adolescents de Buja venus animer la soirée du vendredi. Ce fut l’occasion d’échanger autrement, de dormir un peu et de se faire un torticoli. L’après-midi, on a surtout récupéré, avant de se rendre à 18h30 au Centre culturel français de Buja.

Pour une première, elle fut réussie. La salle (500 places environ) était pleine et les chanteurs en forme. Ce succès n’est pas très étonnant. Car les premières maquettes de leur album ont fait un tabac dans les radios du pays. Deux chansons sont sur toutes les lèvres. L’une est devenue incontournable dans les mariages: elle invite à boire pour célébrer la réconciliation.

Babou et Thibaud étaient au premier rang. Pris dans l’ambiance, nous les apercevions en train de se dandiner, Bastien tenant dans les bras, Sara, la petite soeur de Michel. A plusieurs reprises, la salle était debout, tapant dans les mains et dansant à en perdre haleine. Chose surprenante pour nous Européens, il est arrivé à plusieurs reprises que des personnes du public interpellent les chanteurs et que ceux-ci répondent. Ou que des fans trop heureux montent sur scène pour se trémousser avec les danseuses officielles.

Laure accompagnait Lisette, Lydia et Nadine. Elle aussi se laissait bercer par le rythme, mais en comparaison de ses amies, les ondulations étaient bien discrète. Avec Véro, on a alors pensé que c’était culturel, que les Africains ont plus le rythme dans le corps que nous.

Pour Laure, je dois avouer que l’on s’est trompé. Car quelques heures plus tard, une fois le concert terminé, nous avons atteri dans une boîte de nuit en plein air très à la mode pour la jeunesse branchée de Buja. En fait, c’est la piscine qui se transforme à minuit en lieu torride. C’est Pascal, alias Noussou (littéralement, la « moitié » parce qu’il était minuscule à la naissance), qui nous emmené. Laure était aux anges. C’est ce qu’elle souhaitait depuis le début des vacances: aller en boîte.

On est pas resté seuls très longtemps. Non, je dois préciser: Laure n’est pas restée seul très longtemps. Nous n’avons pu que constater son passage sur la piste de danse avec un gars qu’on nous avait présenté peu auparavant, du doux prénom d’Aimable. Nous l’avons récupéré avec grande difficulté deux heures plus tard. Pour notre part, nous nous sommes un peu trémousser, mais il faut dire que la musique n’était peut-être pas toujours à notre convenance. A deux heures, on a repris le taxi pour l’hôtel. Ah oui, j’oubliais! Nous ne sommes plus dans le même hôtel: lorsque l’après-midi nous sommes arrivés à l’hôtel Christmas, celui que Véro adore, il n’y avait plus de chambres libres. Nous nous sommes donc rabattus sur l’hôtel Pacific, à deux pas du Ministère des finances. Il est un peu plus cher (20 francs la chambre par nuit, contre 12 au Christmas), mais il est calme, propre et la cuvette des toilettes n’est pas sur la table de nuit. On a bien dormi. Laure était heureuse car elle avait eu un grand lit pour elle seule.

Les garçons ont dormi chez leur copain Michel, à trois dans un lit. Lorsqu’on les a retrouvé, Babou n’avait pas la mine des grands jours. Il affirmait avoir fait nuit blanche à cause du manque de place. Mais toutefois, son humeur était plutôt bonne: au déjeuner, il avait bu une tasse de Nesquik. C’est fou ce que des petites choses peuvent prendre de l’importance.

A bientôt

Patrick

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