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Archive journalière du 14 juil 2007

Thibaud au clavier

Bonjour a tous

Voici mes premières imprésion sur le Burundi. Moi j’adore être ici. Vous devez vous demander pourquoi. On fait du foot toute la journée, la soir du tambour burundais, plus tard on joue au carte ou on va manger les délicieuses brochettes de chèvres et le matin à huit heure on va a l’entrainement dans l’équipe de ruyigi. Hier (le vendredi 13 07) on est allé réinsérer une petite fille dans sa famille. Elle s’appellait Chantal. On a passé dans trois provinces: ruiygi, cankuso et muyinga. On est allez à l’évecher de muyinga pour ammener Anne ( une misionaire). On a passé dans le parc national du Burundi. A l’aller on a rien vu a par qulque ruche. Au retour on a eu beaucoup de chance de voir des singes (on crois que c’était des macaques) et quelques flamants pas roses parce-qu’il n’y a pas de crevette de le fleuve Ruvubu. Maintenant je vais vous parler de la pauvreté. Quant on est arrivé a la frontière de la Tanzanie on a vu des enfants qui n’avaient jamais vu d’enfants muzungus. Les musungus c’est nous ( les blancs). Ils étaient habillés de pull déchirés, de t-shirt 10 fois trop long et de pantalons du même état que les pull. Au même endroit un petit garçon est arriver avec un pneu et un baton. Quant on passait, dans tous les villages on nous faisait des signes de la main parce-qu’on est des musungus. Les maison c’est une pièce, quelque tapis et un toit en paille ou en toile. Ils sont de 2 a 15 dans une maison. Et si je vous parlais de l’état des routes. On goudronne les routes si on les utilise beaucoup comme la route qui part de bujumbura qui passe par Gitega et qui arrive a Ruiygi mais on l’utilise tellement que le goudrons s’enleve. Avec Laure on était assis derrière, en sortant de la voiture Laure avais une belle bosse sur la tete et on avait les deux mal au coccis. La route était tellement mauvaise goudronné mais pleine de trou et en plus c’était « rugandie » (le pire chauffeur de la maison Shalom mais le plus gentil) qui conduisait. On ne freinait presque jamais et on presque tout le tenps a environ 100 kmh. Merci pour votre attention et a bientôt

Thibaud

Des nouvelles de…

 

Je sais: sur ce blog, je prends beaucoup de place. La raison est simple: je dors peu. Et écrire me permet d’évacuer un peu en soirée, lorsque tout est devenu silencieux.

Véro, Laure, Thibaud et Bastien sont souvent heureux de se coucher. Ils n’ont plus vraiment la force de se mettre devant le clavier. Je vais donc vous donner quelques nouvelles de leurs activités. Elles sont indirectes, car je dois dire que, mis à part au réveil et pour les repas, c’est un peu la « famille courants d’air ».

Véro

Je pense que Maggy lui accorde une très grande confiance. Véro travaille un peu comme consultante à la construction de l’hôpital Rema. Elle saute de séance en visite. Les plans de la construction n’ont pratiquement plus de secrets pour elle. Elle accompagne Janvière, la future directrice, parle avec les médecins et livre ses remarques pratiques aux architectes. Le but: effectuer les changements essentiels alors qu’il est encore temps. Par exemple: ajouter une fenêtre dans certaines chambres pour les patients, faire poser un lavabo digne de ce nom dans la salle d’urgence. Je crois qu’elle s’est également penchée sur le stock de médicaments. Le projet de Maggy est un peu fou: il est devisé à 8 millions d’euros. Mais sans folie, rien ne se fera jamais.

Laure

Notre grande fille vit sa vie. Elle ne dort pas au même endroit que nous, mais avec Floriane, la demoiselle belge de 20 ans qui termine ses études de kinésithérapie. Dans ses activités, Laure a participé au triage de ballots d’habits et à une distribution le lendemain. Depuis, jeudi, elle tente également de communiquer à son corps les subtilités de la danse locale. Là aussi, elle est accompagnée de Floriane. Par contre, Véro ne peut le faire. Car ici, seuls les célibataires ont le droit de danser. Car une fois que l’on est marié, on est vieux!!! Merci… Parmi les mentors de Laure, il y a Lisette et Lydia, deux soeurs magnifiques aux tresses plaquées, que Maggy a personnellement recueillies après l’assassinat de leurs parents. Lydia avait un an et Lisette 5. Leur histoire est dramatique. Et même si les deux filles sont heureuses, on ne peut s’empêcher de penser en les regardant que celui qui a décapité leur père et brûlé vive leur mère habite de l’autre côté de la rue à Ruyigi.

Thibaud

Il vit ce voyage africain avec beaucoup de spontanéité. Il n’a visiblement pas peur de la différence ni de la barrière de la langue. Il passe ses matinées et ses après-midi à jouer au foot, au diabolo ou autres avec les enfants de la Maison Shalom. Parfois même, il dépasse ses limites, comme ce jour où il est venu dans le bureau où j’étais pratiquement déshydraté. Dans l’euphorie, il avait oublié de boire et même si le soleil n’est pas très chaud, on ne doit pas oublier que nous sommes en Afrique. Ses amis s’appellent Michel, Antoine ou Dieudonné. Michel, le neveu de Maggy nous a même appris qu’une fille du coin était amoureuse de lui. Thibaud nous a juré qu’il ne l’avait pas remarqué.

Le soir, à 17 heures, Thibaud et Bastien ont rendez-vous avec les tambours du Burundi. Soit un instrument qui pèse autant qu’eux et deux bâtons. Le spectacle est au rendez-vous. Evidemment, presque aucune journée ne se passe sans le traditionnel entraînement de foot.

Bastien

Bastien vit aussi sa vie. Certes, il a ses rendez-vous programmés avec les repas, le foot et les tambours. Mais pour le reste, il s’envole assez régulièrement pour ne réapparaître que quelques heures plus tard. Car Bastien a un pote: Prosper. Entre eux, le courant passe à merveille. Prosper est le responsable de la Cité des Anges. Et c’est là que Bastien s’évade. Car la Cité en question, c’est une petite piscine ( 6m sur 12m) où des compétitions nationales sont parfois organisées, un cinéma où le projecteur est en panne, une bibliothèque bien garnie, un atelier de menuiserie, un atelier de couture, un atelier d’informatique, un petit kiosque et beaucoup de monde de passage. Prosper a également promis de mener Bastien à la salle de billard.

Encore une remarque pratique:

Nous avons réalisé beaucoup d’images. Dans l’idéal, j’aurais voulu accompagné les mots de celles-ci. Malheureusement, la technique ne suit pas. La connexion internet à disposition est très lente. Balancer un texte sur le blog prend facilement un quart d’heure. Pour une photo, je ne suis jamais arrivé à terme. Mais je ne désespère pas. Merci aussi pour vos nombreux encouragement et remarques ici-même et par mail.

Chantal retrouve sa famille

Chantal est un petit bout de fille. De grands yeux ronds. Un bonnet rose et une robe blanche presque propre qui a dû faire l’admiration de parents européens dans une autre vie. Chantal a 14 mois. Sa maman est morte peu après sa naissance. Du sida? D’autre chose? On ne sait pas. On sait seulement ce vendredi matin tôt qu’elle est un des nombreux enfants recueillis par la Maison Shalom. Et que si cela n’avait pas été le cas, nous n’aurions jamais connu son regard, sa petite langue rose et son sourire lorsque Anne-Marie lui fait des papouilles dans le cou.

Pour Chantal, ce jour correspond à une seconde naissance dans sa famille. Non, elle ne sera pas baptisée. Mais réinsérée. Ce qui signifie qu’Anne-Marie, son éducatrice, et Charlotte, la responsable des éducatrices, vont la ramener dans sa famille. Comme cela a déjà été le cas pour près de 10’000 enfants burundais passés par la Maison Shalom depuis 1998.

Le 4×4 passe chercher Anne-Marie et Chantal à 8h30. Avec Michel, le jeune neveu de Maggy, Laure, Thibaud et Bastien, nous sommes déjà installés à l’arrière. Il n’y a pas beaucoup de place, car il y a aussi Floriane, une demoiselle bruxelloise de 20 ans qui passe le mois à la Maison Shalom, Célestin, le chef informatique, Anne et Steve. Mais Anne-Marie semble pouvoir se glisser partout.

Anne-Marie est fine. Son nez est droit, son visage allongé, ses membres longs et minces et ses yeux aussi vifs que ceux d’un animal sauvage. Elle bouge par gestes rapides et précis. Pour l’occasion, elle a mis une robe aux motifs colorés, avec de larges épaulettes et un petit collier de perles en plastiques d’un blanc jauni. Dans ses bras, Chantal se sent en sécurité. Le voyage est long et les suspensions du Toyota ne peuvent amortir les chocs d’une route trouée. Mais Chantal ne pleure pas. Elle suce son quignon de pain, dort lorsqu’elle en a envie. Anne-Marie la couve de son regard vif. Mais elle est émue. Lorsque l’attention des voyageurs est pris par le paysage, des larmes lui viennent au coin des yeux, qu’elle évacue avec la bavette de la petite avant qu’elles ne coulent sur ses joues. Dans le 4×4, l’atmosphère n’est pas totalement sereine. Parce que nous ne savons pas, nous les « musungus » si l’on doit se réjouir de ce retour dans sa famille. Il est vrai que ce que nous voyons de long de la piste, la misère de ces maisons et de leurs habitants peut engendrer le doute.

Après une heure de route, nous nous arrêtons à Cankuzo, village dans lequel la Maison Shalom dispose d’une antenne. Là, un chauffeur du lieu doit nous rejoindre. Parce que pour aller chez Chantal, c’est compliqué. « Très loin là-bas dans les montagnes, » indique Charlotte. Avant de glisser: « Réinsérer un enfant est toujours une fête. Nous prenons beaucoup de renseignements sur la famille avant de prendre cette décision. Mais celle-ci se révèle souvent la meilleure. » Et Chantal, où va-t-elle atterir? Charlotte continue: « C’est son oncle, le frère de son père, qui prendra en charge la petite fille. Le père est toujours vivant, mais il semble avoir perdu la raison. » Ce qui ne l’a pas empêcher de reprendre une épouse quelques semaines après le décès de la maman de Chantal.

Pour parvenir chez Chantal, il nous a fallu emprunter un tracé qui n’a plus rien de commun avec la piste précédente. Nous arrivons alors dans le village de Gitanga. L’oncle nous attend derrière le barrage situé à l’entrée du village. C’est un notable, le représentant local du gouvernement dans ce lieu oublié. Pour l’occasion, il a revêtu ses habits de cérémonie: un training rouge qui lui aussi a dû recueillir la sueur d’Européen avant d’atterir ici. L’homme est grand, quelque cheveux gris. Il sert la main de tout le monde. Puis indique que le père et le village nous attende en contrebas pour accueillir la petite fille. Nous reprenons la route. Les enfants rigolent des particularités de ces Blancs, mais, dans leurs haillons d’une rare saleté, ils sont fascinés. Des sourires sont échangés, des mains se touchent. Petits instants d’émotion volés à la misère. La voiture repart.

Elle s’arrête un kilomètre plus loin devant une maison de briques autour de laquelle courent des poules, un chien et des enfants de tous les âges. Quelques bananiers, du sorgo et du manioc poussent de manière désordonnée.

Lorsque nous sortons du véhicule, la cérémonie a déjà commencée. Le papa naturel est sorti de la maison. Des photos sont prises et une bonne trentaine de voisins sont sortis de nulle part, sans bruit. Chantal est toujours dans les bras d’Anne-Marie. Joseph, l’oncle, serre les mains et remercie. Fidèle, le papa, suit mécaniquement. Joseph est heureux. C’est un jour de fête. Sans compter qu’une famille d’Européens – c’est l’aspect familial qui l’impressionne – est présente.

Puis il explique que la réinsertion proprement dite se fera là haut dans le flanc de la montagne. « Une demi-heure de marche, dans les rochers. Les enfants ne pourront jamais monter. Il faut marquer l’événement une première fois ici. La fête en famille se fera plus tard. »

Le chef ordonne alors que l’on sorte deux petits bancs de bois. A l’arrière d’une voiture, il y a une caisse de Coca-Cola, bouteilles en verre de 30cl couvertes de poussière et de terre. C’est Coca pour tous. La poussière est enlevée et Joseph décapsule solennellement. Entretemps, sur la piste, la foule a plus que doublée. Comme il reste quelques bouteilles, Joseph les distribue de préférence aux plus anciens, par respect, même si ce sont souvent les plus touchés dans leur mental.

Une fois son devoir accompli, Joseph s’approche de moi. Son français est d’un bon niveau. Il explique sa situation, Chantal, son frère, ses sept enfants. Puis demande à ce que je lui transmette des photos de l’instant présent. A deux mètres, Charlotte emmaillotte la petite Chantal dans son drap et demande à Véro de s’accroupir. Véro avait toujours voulu essayer de porter un bébé à la manière des mamans de la région. Elle est maintenant servie. L’expérience ne dure que quelques minutes, mais le plaisir se lit sur son visage. L’assistance est captivée, étonnée puis amusée.

Joseph revient à l’essentiel: les photos. Je lui réponds que je le ferai volontiers à conditions qu’il me donne une adresse postale. Il m’a écrit ses coordonnées sur une demi-mouchoir en papier. Je ne sais pas à quoi ça correspond. Je tenterai le coup quand même.

Il est temps de repartir. Charlotte et notre chauffeur doivent se rendre à Muyinga pour y déposer Anne, une Française qui sillonne le burundi depuis 20 ans, à l’Evéché et Steve, un ado de 13 ans, à la station de bus. Anne-Marie est restée avec Chantal pour l’après-midi. Pour lui dire au revoir et donner quelques indications Nous la reprendrons au retour vers 18 h.

Depuis Muyinga, nous poussons jusqu’à la frontière tanzanienne. La route est meilleure, car il faut les camions tanzaniens puissent acheminer leurs marchandises: de l’essence et des containers d’aide humanitaire. Il n’y a malheureusement rien d’autres. Nous achetons une vingtaine d’ananas sur le bord de la route.

Il est maintenant temps de rentrer. Il est 15 heures. Nous savons que quatre bonnes heures de piste nous attendent. Mais nous allons aussi retraverser le parc national de Ruvubu. On pourrait y apercevoir quelques animaux, parmis les rares survivants des années de guerre. Le soir, ils sortent plus, parce que le soleil est moins chaud. La « chasse » se révèlera maigre: deux hérons et cinq singes qui se sont cachés rapidement. Par contre, sur le bord de la route, toujours le même paysage de misère: des milliers de personnes, souvent désoeuvrées, couvertes de la poussière de cette terre rouge. Des enfants par dizaine réveillés par le passage de cette voiture remplie d’êtres transparents.

Comme convenu, nous avons retrouvé Anne-Marie à Canduzo peu avant le couché du soleil. Lorsque nous parvenons à Ruyigi, il est plus de 19h. Nous venons de passer 10 heures pleine dans le 4×4 avec comme nourriture des beignets et comme boissons du Coca, du Fanta et du Fruito, la seule boisson locale à base de fruits de la passion.

La fatigue est immense. Le temps de manger et tout le monde se couche ou presque. Avant de dormir, nous discutons longuement avec Véro de ce que nous avons vu. Nous échangeons nos interrogations. Et elles sont nombreuses.

Patrick

 




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