Pensées sur le chemin du retour et réflexions sur notre mission 2017

Thibaud et les petits de l'école maternelle Mama Gina avec les footballeurs de Cahi collectif avec les filles de Burhale Xamax sur l'île d'Idjwi

Petit Bonjour depuis la mer Méditerranée que nous survolons actuellement !
Dans 1h20 nous serons à Istanbul, enfin. Istanbul , au carrefour des mondes et des cultures.
La Nuit a été longue mais j’ai pu m’assoupir quelques heures . J’ai mal aux fesses d’être assise
Quelle joie de découvrir et déguster le petit déjeuner turque : petit toast avec fromage fondu, champions et poivron, petits fromages avec olives et tomates et terminer par un petit gâteau aux abricots …. UN vrai bonheur !! Ça sent la maison.

Le bleu de la mer contraste avec les étendues jaunâtres des déserts et la neige sur les montagnes turques que nous venons de survoler . Notre petite planète bleue est vraiment Belle avec ces paysages africains contrastés et Notre Thibaud a de la chance de les avoir presque tous parcourus. Quelle richesse pour lui de ressentir et comprendre les joies et difficultés de chaque population.

Chaque voyage est pour moi une aventure … je partage le temps d’un vol ou trajet en bus, la vie de personnes inconnues. Qui sont-elles ? D’où viennent-elles et où vont-elles ? Que font faire les occidentaux et asiatiques dans les pays africains et vice-versa ; que vont faire les Africains en Occident?? Fuient-ils leurs pays pour cause de violence? Vont-ils étudier ou travailler pour nourrir toute une famille ?? Les aéroports sont témoins de larmes de joie ou de tristesse et ces moments de vie m’émeuvent beaucoup : Amoureux et familles qui se séparent le temps de qq jours, mois ou années, retrouvailles tant attendues … la notion du temps est si différente : parfois des secondes d’attente peuvent paraître une éternité , et des heures filent en 1 seconde ! 


J’aime la phrase de Mon Cher Jean Vanier :

« Chaque personne est une histoire sacrée »


OUI , chacun de nous vit son histoire et je remercie toutes les personnes qui ont fait un bout de chemin avec moi, parfois même sans le savoir !!

Mon expérience dans ma chère région des Grands Lacs me fait prendre conscience, après chaque voyage que nos conditions de vie sont différentes , et que c’est en allant sur place, sur le terrain ,  » dans les périphéries » comme le dit le Pape François que je peux mesurer et évaluer si nos projets sont pertinents et ont du sens !! 

Je ne supporte pas les personnes qui font des grands projets depuis l’Occident sans tenir compte des besoins et attentes des bénéficiaires et partenaires!!! C’est en travaillant ENSEMBLE , main dans la main , avec chacun un esprit d’ouverture que nous pourrons mener à bien un projet réaliste et réalisable!
Nous avons pris le temps avec nos partenaires les plus proches de faire un bilan, un feed-back des projets éducation et sport d’un seul but … quelles richesses dans nos discussions et échanges … Un équipement de sport et quelques ballons de foot, basket donnés …dans une telle école ou un petit village peuvent changer beaucoup de choses … la rencontre avec des coachs passionnés comme notre ami burundais Gervais et ceux du Kivu le prouvent à chaque fois : le sport apporte Beaucoup sur le plan humain et social et est également un vecteur de
graines de paix et de tolérance.

Le sentiment que nous avons travaillé selon les besoins , je l’ai vécu très fortement aussi dans le domaine médical en voyant que de jeunes médecins et infirmiers se sont lancés dans un projet d’ouvrir un centre de santé grâce au petit matériel reçu … blouses , draps , petits instruments médicaux, pour offrir à une population très démunie des soins d’urgence et de qualité!

Grande émotion aussi que moi, la petite infirmière, puisse partager ma pratique en Suisse, importance primordiale d’être pleinement présent au lit du patient en prenant compte tous ses besoins fondamentaux, en soignant notre patient dans sa globalité : physique, mentale, émotionnel et spirituel ! Une douleur diminue de moitié si l’on prend le temps d’écouter vraiment Notre malade , de s’asseoir à ses côtés et lui dire : j’entends et je vois ta douleur …

 

Voilà … je reviens grandie de cette belle mission 2017 et je remercie encore et encore toutes les personnes qui croient en nous et nous aident à donner du sens à nos projets d’Un SEUL BUT.

 

Témoignage de Thibaud sur son blog Sansmpaka après la visite à la prison de Kabare RDC , janvier 2017

Témoignage de Thibaud sur son blog Sansmpaka après la visite à la prison de Kabare RDC , janvier 2017

 

distribution de vivres avec l'équipe de l'aumônerie d'Adrien prison de Kabare

Le regard vide, le ventre creux

La première enquête d’Albert Londres, ayant fait scandale en France et plus largement dans le monde occidental, traitait du « Bagne de Cayenne ». Lorsque que je l’ai feuilleté, j’étais en partie convaincu que des atrocités pareilles ne pouvaient pas avoir lieu, cent ans plus tard. Un autre papier de ce célèbre reporter révélait les atrocités commises par les belges dans leurs colonies. C’est le fameux scandale des « mains coupés ». A nouveau, la barbarie dont faisait preuve certains coloniaux me paraissait être de l’histoire ancienne. Mais aujourd’hui, je sors de la prison de Kabare et tous mes idéaux se sont envolés. Ce bagne se situe à deux pas de Bukavu, la capitale du Sud-Kivu. Posé au sommet d’une montagne à l’entrée de la chefferie de Kabare, l’enceinte fait penser à une forteresse de brique rouge, laissée à l’abandon. Seuls les panneaux de l’entrée, annonçant de potentiels travaux, donnent l’illusion que quelqu’un se soucie encore de cet endroit.

Je m’y suis rendu aujourd’hui avec mon ami Adrien, qui est l’aumônier des prisons de la région. Il vient célébrer une messe pour les prisonniers à l’occasion du nouvel an. En effet, il a la lourde tâche de souhaiter une bonne année aux détenus.

Pour toutefois adoucir ce moment difficile, Adrien et l’équipe de l’aumônerie a toutefois prévu un petit présent à distribuer à chacun des prisonniers. J’étais déjà venu dans cet endroit il y a quelques jours

Les prisonniers paient le prix fort de la gestion inexistante du pays, l’indifférence et de la corruption des pouvoirs publics. Lors de ma première visite, j’avais appris qu’aucun d’eux n’avaient mangé depuis plusieurs jours déjà. Mais Adrien, en apprenant la nouvelle, a couru acheter des haricots pour ces pauvres hommes qui purent enfin se restaurer, pour la première fois depuis 5 jours. Depuis ce repas frugal, datant de la semaine dernière, rien ne leur a été donné, si bien que pour se rendre à l’office, beaucoup ont à peine la force de se déplacer. L’endroit en lui-même est plus qu’insalubre : les 242 détenus se partagent une cour principale et trois dortoirs. La plupart n’ont pas de lit et dorment par terre, entassés les uns sur les autres. La cour sert accessoirement de terrain de football, lorsque les détenus ont la force de jouer. Ma mère et Adrien essayent par ce biais, de rendre leur souffrance un peu moins invivable. Un dortoir a aussi été fermé à cause d’une tentative d’évasion où les hommes, morts de faim, ont tenté d’enlever les briques du mur à coup d’ongles. Ils y sont presque parvenus. Il ne restait qu’une brique.

Pendant la messe, la plupart d’entre eux sont assis par terre, leurs pieds nus dans la poussière. Malgré la chorale qui donne de la voix, tente de réchauffer l’atmosphère, ces hommes regardent dans le vide. Certains n’ont même pas la force de se lever. Adrien leur offre une messe pleine de messages d’espoir, mais il est difficile de savoir si ces paroles parviennent jusqu’aux oreilles de l’audience. Après quelques minutes, un homme s’effondre. Sans s’affoler, ses voisins lui empoignent les mains et les jambes et l’emmène dans la pièce qui sert d’infirmerie. Il recevra un peu d’eau et quelques biscuits, juste de quoi le réveiller. Il sera bientôt rejoint par un autre jeune homme, s’étant lui aussi effondré durant la messe. Mais lui n’a pas la chance d’avoir un lit, il restera sur les graviers devant l’infirmerie. Lorsqu’Adrien a terminé, nous leur offrons les cadeaux. Les petits sacs contiennent du savon, du sel, du sucre et du soja. Malgré quelques visages qui esquissent un sourire, la plupart continuent à venir demander davantage. Je comprends réellement ce que l’expression « mourir de faim » signifie depuis ce moment-là.

Le dernier cadeau est un sac de chou, que tous les détenus devront se partager. Il n’y en a toutefois pas suffisamment pour que chacun puisse en recevoir un. La distribution se fera à la lancée, celui qui attrapera un chou sera alors aussi heureux qu’en danger. Ici, c’est la loi du plus fort. Nous réservons toutefois deux choux pour la seule femme détenue dans ce bagne. Avec ses deux jumelles de trois ans. Ces enfants sont nés en prison et n’ont jamais vécu en dehors de ces murs de pierre. Le tribunal n’ayant trouvé personne pour les garder, elles ne connaitront jamais la liberté et l’insouciance de l’enfance mais la faim, la promiscuité et l’enfermement.

Ces gens ne sont sûrement pas des anges. Mais à défaut d’être des anges, ils restent des êtres-humains. Personne ne devrait vivre dans ces conditions. Une somme d’argent a surement dû être alloué par les pouvoirs publics à la gestion des prisons, mais elle a été détournée avant d’arriver jusqu’ici. Déjà que la vie en dehors de l’enceinte est particulièrement difficile, ici elle semble impossible. Même des enfants vivent dans cet enfer. Les seules personnes qui se battent et qui réussissent à faire survivre ces pauvres bagnards sont les membres du clergé. Sœurs, Abbés, ou simples membres de la communauté religieuse essaient de faire respecter les droits humains, de nourrir et de rendre un peu de dignité à ses pauvres oubliés. L’Etat profite, l’Eglise se débat, comme c’est le cas pour beaucoup de choses dans ce pays. Même les applaudissements et les sourires, lorsque Adrien m’a présenté comme celui qui leur amenait les ballons, le fils de Da Véro, ne me consoleront pas de la souffrance qui régnait dans cette prison et que j’ai ressenti si vivement. On m’avait prévenu que cette prison était une des plus dures du pays. Bientôt j’irai visiter la prison centrale de Bukavu, que l’on m’a décrite comme plus clémente. J’irai bientôt voir par moi-même ce que cela veut dire ici.

Heri Kwetu:le monde des fragilités humaines

THib et les enfants d'Heri Kwetu Moïse aime les cheveux de ThibaudDa Véro et ses petits amis d'Heri Kwetu

Lorsque l’on arrive au centre d’Heri Kwetu on plonge dans le monde des fragilités humaines et nous rencontrerons des personnes souffrants de handicaps différents ! De jeunes enfants marchant en béquilles ou avec des prothèse ( suite à des amputations causées par la Violence de la guerre et plaies par balles ) , des bébés plâtrés aux 2 jambes suite aux opérations de pieds bots que pratique chaque semaine le Dr Jeff Avec son équipe, enfants et adultes sourd-muets , patients paralysés … même si nos cœurs sont Remplis d’émotion, nous voyons que ce petit monde est JOYEUX.

Nous retrouvons la responsable qui nous accueille dans son bureau ; nous parlons sport et éducation et c’est avec une JOIE réciproque que nous échangeons. Elle nous parle des jeux paralympiques que le centre organise chaque année et nous lui donnons quelques ballons colorés, corde à sauter, petites ballons souples pour la rééducation… viendra encore des raquettes de tennis et ballon de foot.

Thibaud a tenu sa promesse faite à Laure : faire un bisou au jeune Moïse , enfant abandonné et IMC. Moïse est ravi de nous voir et tire allègrement les cheveux de Thibaud …

Nous passons aux ateliers de couture pour acheter de l’artisanat fabriqué ici. une manière aussi d’être solidaire et de valoriser ces chefs d’œuvres !! Un jeune Kiné nous fait la visite des salles de rééducation, étape si importante dans la rééducation des personnes… nous échangeons comme des collègues car j’ai Beaucoup travaillé dans ce monde du handicap. L’atelier de fabrication des prothèses intéresse bcp Thibaud.

Infirmière des prisonniers

 plaie au prisonnier brûléplaie brûlure

Une grande journée à la prison se termine….. fatiguée mais heureuse d’avoir pu participer à soulager un patient prisonnier gravement brûlé!
Le pauvre s’est renversé de l’huile brûlante … sa jambe droite est très atteinte et comme il attendait depuis ce matin pour nettoyer sa plaie, celle-ci servira de repas aux dizaines de mouches. 


Arrivée tôt le matin pour donner un petit cours sur les plaies , parler du sport, (explications- démonstration des exercices d’un parcours Vita adapté au milieu) et formation sur le massage, mes amis médecins ( aussi des prisonniers) me parlent d’un cas arrivé hier avec de graves brûlures. Un autre est décédé de diarrhées ( probable choléra) dimanche matin et au autre encore est mort de faim dans l’autre prison …. des drames terribles mais qui sont monnaie courante ici . Paix aux défunts.

Nous allons ensemble vers ce patient et comme j’ai du matériel de pansement spécifique je retraverse la ville pour aller le chercher.

Nous attendons l’infirmier de la prison pour nous mettre au travail … nettoyage de la plaie très étendue et mise en place d’un pansement à 4 mains Avec mon collègue congolais sous les conseils avisés des 2 médecins.

Un beau travail d’équipe où chacun a amené ses compétences. Le patient a souffert mais je prie pour que sa santé s’améliore vite.
À côté , sur un matelas crasseux posé à même le sol, un autre patient, d’une maigreur terrible regarde dans le vide en attendant que sa perfusion d’antibiotiques se termine …. il a le palu et est HIV …quelle détresse dans son regard.

De retour dans ma « maison », je vois encore la petite Jasmine, petite fille que avait touché le coeur de Laure avec des problèmes cutanés graves. La petite a bien grandi et s’est épanouie. Sa peau va mieux mais il faut continuer le traitement. Ma gratitude au Médecin dermato qui me soutient Beaucoup.
Comme cadeau, Jasmine chante une chanson pour sa tantine Laure, vidéo que j’enverrai ce soir.

 

« L’amour, ce n’est pas faire des choses extraordinaires, héroïques,

mais faire des choses ordinaires avec tendresse »
Jean Vanier

« Là où tu vas, va-y avec ton cœur »

un câlin tant attendu Thib à l'échauffement Thib à Libreco avec Birindwamatériel d'un seul but voyage en pirogue jusqu'à Idjwianimation avec la jeunesse de Kasihe

« Là où tu vas, va-y avec ton cœur »


Voilà déjà une semaine que je suis sur cette terre africaine … les jours ont filé à grande vitesse après des retrouvailles remplies d’une grande émotion avec Thibaud qui m’attendait à la frontière congolaise !

Beaux moments d’échange mère-fils avec Notre voyageur parti en septembre pour vivre son voyage de rêve : traverser l’Afrique du Caire en Egypte au Cap Town en Afrique du Sud.

Notre programme d’Un SEUL BUT a commencé le lendemain avec la préparation du matériel : Thib était impressionné de retrouver les sacs et cartons que nous avions préparés durant une année … les ballons qu’il avait dégonflé avec patience et les bouts de doigts déchirés … il les regonfle maintenant !La boucle est bouclée en quelque sorte.
Comme nous partons pour 5 jours dans plusieurs endroits, il faut penser à tout et avoir une mémoire d’éléphant.
Thib découvriras de nouvelles réalités et paysages , passant de la saleté, du bruit constant et de la désorganisation de Bukavu aux villages paisibles du bord du lac Kivu …et pour finir en apothéose avec l’île merveilleuse d’Idjwi.

Tout en laissant nos yeux admirer cette nature luxuriante, nous allons à la rencontre de nos amis et des centaines d’enfants et de jeunes qui nous attendent. Cris de Joie des retrouvailles avec certains, regards étonnés et curieux pour ceux qui nous voient pour la première fois. Une drôle d’équipe d’UN Seul BUT composée de Paul , notre Ami congolais, initiateur du sport dans la région de Katana, rentré pour qq semaines pour poursuivre les projets avec nous et de deux muzungu blonds et chevelus .. une mère et son fils.
Nos armes sont très pacifiques: des kabumbu ( ballons) et des jeux , des valeurs comme le Partage, l’entraide , la persévérance, le jeu collectif , Notre maître mots tiré du film fétiche et déclencheur : Africa united.

Nos déplacements provoquent des cris et nous sommes rapidement entourés de dizaines d’enfants qui marchent avec nous. UN enfant dans chaque main pour Da Véro l’ambassadrice des enfants

Nous innovons cette année avec des échauffements en musique , jeu de freesbee (toujours dans l’idée de jouer ensemble , collectif) et UN super entraînement de gardien par Thibaud, ancien gardien de Xamax. Les gardiens ont Beaucoup apprécié les exercices spécifiques, le placement … MERCI THIB pour ce partage de connaissances, tu as cartonné avec calme et motivation.

2 jours à Katana et nous voilà repartis avec nos bagages pour aller en pirogue sur l’île merveilleuse d’Idjwi. Sa Beauté est sans égale et nous tombons immédiatement amoureux de cet endroit paradisiaque, île qui n’a jamais connu de guerres (fait rarissime ici dans cette région des Grands Lacs)

Après avoir été accueilli par la famille de Paul, nous nous rendons au centre du petit village de Kasihe. Plusieurs rencontres sont au programme : dispensaire médical, école primaire et équipes de foot. Notre animation sera coloré et animée : jeux avec les parachutes de couleurs et estafettes qui exigent coordination et travail d’équipe. UN moment inoubliable pour nous tous , organisateurs et jeunesse.

Je vous parlerai dans un autre récit de notre rencontre avec les infirmiers du dispensaire et le directeur de l’école primaire.

Heureux et le coeur en fête, mais fatigués car écrasés sous la chaleur du splendide Soleil Africain , nous rentrons déguster les bananes, avocats, mukeke, mangues, maracuja puis nous plongeons avec délice dans l’eau du lac Kivu avec le Soleil couchant comme spectacle.

 

Dimanche 8 janvier 2017

Visite d’Un Seul But aux foyers de la Paix

Laure et son amie Moniqueéquipes foyers de la paixéquipe des filles Murhesarencontre entre femmes

Visite d’Un Seul But aux foyers de la Paix

Ce matin, nous reprenons nos valises après une semaine passée aux côtés de nos amis de Katana pour notre prochaine destination Kambehe, aux Foyers de la Paix de notre ami Roger.  Roger est un passionné comme nous, un homme de grand coeur qui oeuvre depuis des années pour amener la paix dans cette région meurtrie par les guerres, la violence. Nous nous réjouissons profondément de cette journée , c’est l’aboutissement de plusieurs années de collaboration où notre participation principale réside dans l’envoi de matériel de sport et pédagogique.

Romain, Rosette ( soeur et frère de Roger) et ses enfants viennent nous chercher en voiture et nous sommes choyées comme des princesses. Le trajet est rempli d’espoir et d’impatience de plonger dans ce monde de Kambehe surnommé, « crèche des artisans de Paix », est en quelque sorte, une ECOLE DE VIE. On y apprend tout ce qui entretient la relation à l’autre, dans le respect et dans la dignité dont chaque personne a besoin pour grandir humainement.

Toute une équipe de jeunes, chapeautée par Roger travaille d’arrache-pied dans ces projets de travail communautaire : ce travail communautaire est  un lieu de rencontre, d’expression et de valorisation des capacités humaines, spirituelles, techniques, de collaboration, de compassion et de partage. Des jeunes issus des milices armées sont pris en charge par notre ami Roger et celui-ci les a sensibilisés à jeter les armes et à venir au Foyer de Paix en vue d’un encadrement de détraumatisation et d’une  formation professionnelle.  C’est donc avec les emblèmes de paix, respect et solidarité que nous arrivons avec notre ballon de foot….

L’accueil sur place nous laisse sans voix ! Des femmes, des mamans , belles comme des princesses sont là pour nous saluer aux rythmes de leurs chants et danses. Comme le dit  notre Ami Roger : « lorsque les mamans dansent c’est la vie qui renaît dans nos familles ». La hutte traditionnelle, construite par les jeunes est splendide et nous plonge dans la réalité locale… un endroit sobre, beau, fonctionnel où seul le nécessaire est présent… belle leçon de vie pour nous occidentaux habitués au superflu et « luxe ». Tous les groupes des Foyers de la Paix sont là… mamans, apprentis de menuiserie et maçonnerie, appentis couturières, et NOS FOOTBALLEURS.

Discours d’accueil, remerciements…. des mots qui nous touchent au plus profond de notre coeur et nous prouvent que nos équipements, nos ballons, notre soutien vaut la peine et redonne forces et confiance aux gens d’ici.

Des cadeaux arrivent vers nous avec des chants et danses…. un superbe coq et un lot de bananes…. olalalal, je vous jure que je n’en menais pas large de porter ce coq ( 1ère fois de ma vie)

A notre tour de remercier nos nouveaux amis-amies, de leur dire notre joie d’être parmi eux, de partager leur vie durant quelques heures. ON EST ENSEMBLE, TUKO PAMOJA.

La visite se poursuit avec un arrêt vers la fontaine (faite en collaboration avec une association Suisse AMANU KWENU, dont nous sommes partenaires ) MERCI Erika d’avoir apporté l’eau dans ce village. L’EAU, si importante pour la vie quotidienne et exige un travail harassant des femmes et jeunes filles qui doivent porter sur leur dos des 20kg …

Nous repartons en dansant pour la suite du programme :  visite dans les champs où les femmes travaillent durement à planter les graines de haricots, de manioc, de blé…  reboisement des terres par la plantation d’arbrisseaux , très important dans cette région où l’on coupe les arbres pour cuisiner… Roger est un grand écologiste et pense à l’avenir de ce pays. Heureusement, nous sommes venues en basket et nous sillonnons les chemins aménagés et travaillés à la sueur du travail . Nous rencontrons sur les petits chemins, les enfants étonnés de voir 2 musungu … belle rencontre avec des jeunes enfants aux sourires merveilleux… la joie est partout malgré la grande pauvreté : 2ème leçon de vie !

 Après un délicieux repas pris dans les murs du Grand Séminaire et surtout partagé autour d’une table d’amis, nous repartons avec des forces nouvelles sur … LE TERRAIN DE FOOT  et nous allons à la rencontre des joueurs. Grande joie de voir tous ces maillots de foot colorés  de nos équipes donatrices en Suisse… Grandson Tuileries, Rheinach….

6 équipes, aux couleurs d’UN SEUL BUT vont jouer sous un magnifique soleil et les cris des supporters. Mots de salutations et encouragements aux diverses équipes : la première est une équipe composée des ex-enfants soldats, d’une jeunesse sacrifiée par les seigneurs de la guerre nous attend . Grande émotion de les voir évoluer, jouer ENSEMBLE et dans un cadre fair-play , de jeu collectif. Une autre équipe de filles vient de voir le jour et nous les encourageons fortement à poursuivre sur cette voie de l’émancipation des jeunes filles par le sport ( confiance en soi, respect, valorisation, ouverture sont nos mots d’encouragements). D’autres équipes viennent nous saluer, nous demander un soutien matériel…grand rôle d’ambassadrices du sport !! Laure,  ma belle aux yeux bleus est fortement sollicitée par la gente masculine et sportive  et a même trouvé une petite amie qui ne veut plus lâcher sa main. Rencontre et PONT entre nos 2 mondes.

 La journée se termine et nous repartons avec des émotions fortes plein le coeur, des signes d’amitiés et de reconnaissance, de nouveaux visages, de nouveaux espoirs.

Je terminerai ce récit par les mots de notre Ami Roger

« CONFIANCE !  J’ai confiance en Dieu. A son école, j’apprends chaque jour à faire confiance en l’homme et en ces femmes qui m’ont donné la vie  !  Les expériences de la vie m’ont donné le temps de rêver, de me casser le nez, de tomber et de me relever… Et ce n’est pas fini !   Néanmoins, je découvre que les moments les plus sublimes  sont ceux où j’ai fait confiance… La vie demeure belle  et elle vaut la peine d’être vécue.

Il n’y a que l’AMOUR et la CONFIANCE d’un Enfant qui peuvent  nous garantir la JOIE devant les « événements »  de l’histoire. Heureux ou douloureux, ils demeurent « nos maîtres intérieurs ». Roger

 

Laure organise des activités sportives auprès des enfants de la maternelle dans le cadre d’UN SEUL BUT.

Laure a l'école maternelle Mama Gina enfants 1ère année maternelle DSCN2263

Laure organise des activités sportives auprès des enfants de la maternelle dans le cadre d’UN SEUL BUT.

J’aimerais ici vous parler de l’expérience de LAURE, notre grande fille de 23 ans, sportive depuis petite puisqu’elle a pratiqué différents sports depuis son jeune âge ( gym mère-enfant, équitation, tennis, gym à l’école, football, ski, snowbord, patinage, roller, natation…..)

Elle a monté un projet avec la responsable d’une école maternelle à Bukavu et a rencontré les enfants et les maîtresses durant plusieurs jours. Ensemble, ils ont partagé de beaux moment riches en couleurs, en mouvements, au rythme du tambour et des claquements de mains. L’effervescence était à son comble lorsque Laure a apporté du matériel pédagogique : quelques ballons, cerceaux, balles de tennis, raquettes, cordes… et des dossiers pour le corps enseignants.

Pour nous, le sport chez les petits enfants est très important parce qu’il développe la psycho-motricité, l’agilité, le jeu d’équipe, la solidarité entre enfants…. Laure en image en faisant le parcours du canard, du crabe, du singe….voir l’album photo !! Beaucoup de belles rencontres, des émotions et quelques larmes au moment des adieux…. MERCI à toi Laure d’avoir donné un mois de ta vie à nos jeunes sportifs-ves et à nos projets d’UN SEUL BUT

J’ai eu la chance également d’animer quelques séances avec l’école maternelle de l’EPPK…. des jeux, des rires, de la danse…. Les enfants enchantés des nouveaux jeux…. avec un ballon, on peut faire beaucoup : jouer, lancer, attraper, rouler, nommer les couleurs, les formes, le nombre un jeu qui développe la psychomotricité, l’éveil et l’intelligence

Nous remercions encore toutes les personnes qui ont donné du matériel : CIS Marin , les écoles , Goéland , les clubs de sport, les particuliers.

Selon le concept de Youpla bouge, pratiqué à Récif ( centre de rencontres des femmes et enfants migrants de Neuchâtel, j’ai eu la joie de découvrir ces principes avec Sara notre éducatrice. Ils nous sont utiles maintenant dans nos projets d’UN SEUL BUT.

Les voici : Une activité physique régulière favorise les capacités motrices et le développement sensoriel. Le corps peut ainsi réagir aux différents défis du quotidien.

Le mouvement rend habile Par le mouvement, les enfants découvrent leur environnement physique. Ces découvertes sont essentielles pour le développement des capacités cognitives, surtout valables si les enfants peuvent découvrir et créer des espaces de liberté par eux-mêmes.

Le mouvement favorise la concentration Le mouvement et le jeu permettent aux enfants d’interagir les uns avec les autres. Il s’agit d’une des conditions pour créer des contacts sociaux.

Le mouvement fait plaisir Le mouvement est promoteur de santé. Il est notamment favorable à la circulation sanguine et à la bonne santé du cœur. Il diminue le risque de mauvaise posture et contribue à prévenir les accidents.

Le mouvement aide à rester en bonne santé Les enfants qui découvrent le plaisir du mouvement ont moins de risque d’être sédentaires une fois adulte.

Le mouvement rend aussi les adultes actifs selon le concept de Youpla bouge

 

 

 

 

 

Ambassadrices du sport, du respect et du vivre-ensemble

foot tennis formation Maître de tes émotions avec les coachs de Murhesa Laure et ses amiesAmbassadrices du sport, du respect et du vivre-ensemble

 

Nous voici plongées depuis 3 jours dans nos rôles d’ambassadrices du sport et nos slogans sont : le respect, pour soi et pour les autres, le vivre-ensemble, l’égalité fille-garçon, la connaissance de soi et de ses émotions, offrir un encadrement de qualité afin que les jeunes  deviennent des adultes responsables et citoyens……… un grand programme qui nous tient à coeur et m’a demandé un travail titanesque, lectures, formations au Forum Educasport afin d’élaborer la formation sur powerpoint que nous allons donner dans diverses structures.

Pas moins de 30 personnes ( coachs, enseignants, infirmier, joueuses-joueurs) se sont présentées samedi matin. Nous arrivons chargées de matériel , ordinateur et beamer. Par chance il y a l’électricité à l’école de l’ESPK et nous pouvons rapidement nous installer. Laure est à la régie et moi devant notre public.

Nous débutons notre séance par la présentation d’UN SEUL BUT, son organigramme, sa philosophie, ses objectifs et ses limites.  Notre travail en Suisse et en Afrique, les donateurs et les bénéficiaires, le cahier des charges des responsables et des coachs. Le tout basé sur le bénévolat, tant en Suisse qu’en Afrique. Nous sommes une toute petite structure avec de petits moyens financiers, juste de quoi payer l’envoi l’envoi du containerAprès cette intro très importante, nous nous lançons dans notre thème : être maître de ses émotions, plonger au plus profond de soi pour apprendre à se connaître, à comprendre les réactions de notre corps par rapport au mental, tant sur les terrains de sport que dans la vie de tous les jours, dans nos rôles respectifs. Je me sers abondamment d’exemples des matchs de foot de la CHAN, où l’équipe de la RDC ( République démocratique du Congo) LEUR EQUIPE NATIONALE EST DEVENUE CHAMPIONNE. Qu’avez-vous ressenti lors de la victoire de votre équipe ? Quels sentiments ? Lors des buts ? Lors de l’égalisation de la Guinée lors de la 1/2 finale ? Comment votre corps a réagi ?

Des exemples concrets et vécus intensément il y a qq jours…… ce tremplin me permet d’avancer dans la démarche. Vient le tour de l’exercice pratique où chaque participant reçoit une feuille avec une silhouette du corps humain et des gomettes de 4 couleurs. Ils doivent réfléchir où ils ressentent les émotions suivantes : joie, colère, tristesse, honte. Quelles parties du corps sont touchées, quels symptômes physiques ?

L’exercice parait difficile et est innovant mais le but est atteint : se mettre en question face à son corps, ce qu’il nous envoie comme signaux physiques. Nous abordons ensuite le vase émotionnel, ce baromètre qui est en nous, on connaît tous la goutte qui fait déborder le vase …… et les émotions qui explosent et engendrent la violence, l’agressivité, la frustration, l’incompréhension.

Petite pause bienvenue avec installation des filets de foot-tennis. Grande attraction face à ce nouveau jeu.

Nous reprenons encore pour quelques minutes afin d’aborder les outils, les moyens de faire diminuer ce vase émotionnel, comment prendre en compte nos besoins. Le sport nous offre beaucoup d’exemples, dont je me sers abondamment : la préparation mentale des joueurs avant une compétition, devant un pénalty, Usan Bolt avant un 100 mètres, un boxeur avant un combat, une escrimeuse…. la confiance en soi, savoir se recentrer, la place de la méditation-relaxation et la respiration : le MINDFULNESS en anglais.

Après quelques exercices respiratoires, je propose de vivre une séance de méditation-relaxation, une grande première ici car le concept est peu connu. Laure lance une musique douce et apaisante.

 

Notre 1ère séance de formation se termine avec de belles rencontres, distribution de matériel. Pas le temps de traîner car nous sommes attendues pour un match de foot, qui se vivra sous une pluie torrentielle. Les joueurs courageux seront trempés jusqu’aux os, des flaques immenses rempliront le terrain, le jeu ressemble plus à du waterpolo…. il faudra songer à récolter des palmes au lieu des souliers de foot….. lol. Nous reviendrons à la maison , boueuses jusqu’aux genoux  mais avec une grande satisfaction. Notre mission se réalise.

 

 

Derniers jours de notre voyage au Congo entre joies et peines

Laure et Moïse rayonnantVianney et le jeune footballeur aveuglevisite des malades du Dr Jeff à Heri Kwetu les enfants handicapés d'Heri kwetu

Derniers jours de notre voyage au Congo entre joies et peines

 

Le réveil n’a même pas besoin de sonner… je suis réveillée et je me lève à 05h30 car mon premier patient arrive à 06h00. En pagne africain, je l’attends dans ma salle d’infirmière. Sa 1ère question : tu étais où Da Véro depuis plusieurs jours ? En effet, nous avons beaucoup beaucoup voyagé cette semaine, sur les routes rouges et sinueuses des collines verdoyantes pour rendre visite aux écoliers, clubs de sport, à la prison et hôpitaux bénéficiaires d’UN SEUL BUT.

Mais revenons à sa plaie. Elle évolue favorablement mais lentement. Je lui redonne du matériel pour poursuivre les pansements mais lorsque je lui dis que nous partons demain il est triste… qui va me soigner Da Véro si tu pars…. je lui explique que nos famille, nos amis, mes malades et mes élèves de français m’attendent en Suisse, mais que nous serons toujours ensemble : TUKO PAMOJA.

A peine la porte refermée, et un chai à la main, j’entends quelqu’un m’interpeller par la porte : Da Véro, ta petite Jasmine est là. C’est la petite protégée de Laure , Jasmine, sa soeur et sa maman.

Jasmine et sa peau si abîmée par l’excéma. Après quelques progrès, sa peau est à nouveau lésée, très très sèche et rugueuse. J’ai parlé avec mes amis médecins congolais et ils pensent que c’est un excéma grave. Je ferai tout mon possible pour trouver les médicaments ( antibiotiques et pommade) pour cette petite princesse fragilisée, voir même je consulterai un dermato à Neuchâtel. Jasmine,très timide ne parle presque pas mais elle a voulu à tout prix offrir des cadeaux à tantine Laure et son infirmière Da Véro. De très beaux cadeaux en bois, artisanat local. Celui de Laure est un beau poisson, coupe à fruits et quand Laure se mariera elle pensera toujours à sa petite amie, et pour moi, un cadre avec des mamans affairées à moudre du grain dans un grand plat : c’est Da Véro qui prépare les médicaments et pommade pour Jasmine et tantine Laure qui l’aide…… des larmes de bonheur dans les yeux , nous serrons notre petite princesse en rose. Il n’y a pas de plus grand bonheur que celui de donner mais aussi d’accueillir et recevoir des MERCIS, des sourires et des petits cadeaux remplis d’amitié et de joies. Notre princesse part à l’école. Juste le temps de prendre une douche froide et voici mon 3ème patient. Un travailleur de notre ami Adrien, qui décharge le container à peine arrivé à Bukavu. Il souffre du dos, comme beaucoup de personnes. Encore une fois, j’offre mes mains sur ce dos fatigué et douloureux. Le Perskindol fait son effet…. je crois que je vais demander du sponsoring car tant de mes patients ont vu leur vie changer avec cet petit tube jaune.Quelques amis, rencontrés durant notre périple viennent nous saluer et nous dire au revoir. Laure a pris la poudre d’escampette ce matin…. elle a la joie de visiter un zoo avec des singes et reptiles avec d’autres amis. Malgré le fait de circuler encore une fois sur des routes difficiles, elle est ravie de cette excursion et je « lui donne volontiers congé ».

 

Nous nous préparons à aller au centre Heri Kwetu, un centre pour handicapés au centre de Bukavu. Hier déjà nous y étions déjà et grâce au Dr Jeff, nous avons pu visiter les enfants aveugles, sourd-muet, les enfants et adultes opérés des pieds bots, des malformations, des traumatismes médullaires tels que paraplégie ou tétraplégie. C’est très dur émotionnellement mais la joie des enfants est si grande et vraie que nous avons vite refoulé nos larmes pour rire avec eux.

Une nuée de petites mains viennent vous saisir, vous touchent la peau comme s’ils voulaient voir si le blanc était réel…. ils aiment caresser nos cheveux et remettent en place mes mèches folles. Avec notre guide, qui opèrent tous ces enfants, nous allons de dortoirs en dortoirs, dans la cuisine. Là un jeune garçon commence à s’agiter sur sa chaise haute. C’est Moïse , un enfant abandonné à la naissance ; il ne pesait que 2 kg !! avec l’amour des soignants et de l’équipe d’Heri Kwetu, Moïse a pu grandir et s’épanouir, malgré un grand handicap mental. Ses cris de joie nous prouvent que nos visites apportent un peu de réconfort et des étincelles de bonheur.

Il est de temps de visiter les locaux de soins, salles de kiné ….. là, rien mais rien de comparable à nos structures suisses. De vétustes installations sont là, souvent en bois attendent les dizaines de patients qui viennent faire de la kiné. Je ne peux m’empêcher d’être triste devant ce fossé immense entre nos 2 continents…. et cela m’encourage à continuer jour après jour à récupérer tout matériel de soins, de kiné, de gym chez nous.La salle de fabrication des plâtres et prothèses est elle assez moderne et de belles jambes artificielles sont en pleine confection. Cela peut paraître barbare et indécent, mais je vous jure que lorsque une personne qui n’a jamais pu marcher, qui se traînait sur les mains voit sa vie transformée avec une jambe en métal et plastique. ETRE DEBOUT , ETRE LA TETE HAUTE….. pour affronter la vie et ne plus ramper comme un petit animal blessé. Chaque personne est une histoire sacrée et c’est à nous de faire en sorte de leur apporter aide, compassion et humanité.

La nuit tombe et nous devons prendre congé de nos petits amis fragilisés. Il est difficile pour nous de les quitter. Un jeune aveugle joue au foot avec son copain……improbable me direz-vous !! et bien non ! Dans le ballon de foot il y a quelque chose qui fait du bruit et permet au jeune aveugle de se diriger en qq secondes sur le ballon. Ses sens ont été modifiés et donc celui de l’ouïe est décuplé.

Aujourd’hui donc, nous allons avec mon ami Adrien acheter des objets confectionnés dans les ateliers d’Heri Kwetu….. poupées africaines aux couleurs chatoyantes, animaux, sacs, bijoux…. un vrai bonheur. Je suis heureuse de mes achats tout en sachant que l’argent sera bien investi.

Je ne suis pas venue les mains vides…. quelques ballons, orange, bleu et rose accompagnent un beau ballon de foot (Kabumbu) et une corde à sauter. La responsable, une soeur italienne âgée est heureuse. Son beau sourire se fane lorsqu’elle parle de la situation de précarité dans laquelle le peuple congolais du sud Kivu doit faire face. Notre pays s’embellit et s’enrichit mais notre population se meure….. nos enfants meurent comme de mouches, affamés  et terrassés par les maladies. Nos dirigeants se remplissent les poches et les citoyens n’ont RIEN. Nous avons choisi ce pays et nous souffrirons avec nos gens jusqu’au bout.

 

Des larmes de joie et de chagrin inondent mon coeur. Oui, ce pays est rempli de contrastes, de beautés et d’horreurs, de gens formidables prêts à sacrifier leur vie et d’autres prêts à tuer père et mère pour un bout de pain ou quelques dollars mais :

 

« La sagesse de la joie nous incite à vivre au coeur du monde pour en épouser les contradictions et tenter d’être un levain dans la pâte afin de contribuer à sa transformation.

La sagesse de la joie rime avec ENGAGEMENT.

Frederic Lenoir

 

 

Mes mains d’infirmière pour soulager mes patients africains.

mes patients après matchma salle de soins et massagematériel de soinsétat cutané de Jasmine le 11.02

Mes mains d’infirmière pour soulager mes patients africains.

 

Il est 7h du matin, je suis réveillée depuis 5h30 avec les cloches de l’église. Je me prépare à rejoindre mon petit bureau d’infirmerie que nous avons aménagé avec la table de massage et tout le matériel de soins et médicaments reçu par mes chères collègues de Nomad, les pharmacies, les amis qui ont fait des dons.

Mon premier patient arrive…. une grosse plaie au genou suite à un accident de moto. La plaie évolue bien et je suis heureuse car mon patient marche mieux et souffre moins. Son grand sourire me rassure sur la bonne évolution.

2ème patient : un homme un peu âgé qui lui aussi a eu un accident de circulation…. une moto-taxi l’a bousculé et lui a roulé sur la jambe. Il faut préciser que les motards sont les rois de la route ! L’homme assez pauvre ne peut se payer les frais médicaux malgré une plaie au tibia profonde et infectée. Tout en prodiguant des soins, je donne des conseils et prépare dans un petit sachet quelques médicaments contre la douleur,un peu de pommade  pour lui permettre de travailler toute la journée.

Vient le tour des malades qui souffrent de maux de dos. Les conditions de vie, les routes sont si difficiles ici que les personnes souffrent beaucoup. Je leur offre un temps de massage, et d’un coup, toute la salle sent le fameux Perskindol. Le massage n’est pas une pratique courante ici et la population est plus en état de survie, peu de confort et les notions de bien-être sont peu connues.

Tout en faisant voler mes mains sur leurs corps douloureux, je leur offre mon écoute, ma présence, mon amitié. Le toucher est important pour se mettre en communion avec l’autre. Nos couleurs de peau sont si différentes, mais nos coeurs battent à l’unisson.

Après le massage, je leur offre un temps de repos avec une musique douce et apaisante.

Quel peut être plus beau cadeau que ces personnes qui repartent avec un sourire et me disent MERCI DA VERO, tu nous a soulagés, tes mains nous font du bien

Hier, après nos activités, nous nous retrouvons avec Laure et partageons nos expériences. Elle me dit avec une voix émue : tu sais maman, à l’école il y a une petite fille toujours triste, qui ne participe pas aux activités. Elle est couverte de plaie sur le corps et souffre beaucoup. J’ai demandé à la maîtresse et directrice de l’école Mama Gina si tu pouvais venir soigner cette petite fille. Ohhhh  mon coeur de maman a été émerveillé devant ma grande fille et sa réaction face à la souffrance de cette fillette. Elle a été touché par cette petite princesse fragilisée. Je vais soigner cette petite patiente de 3 ans afin de lui redonner la joie de vivre et le sourire.

 

 

 

 

 

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