Gervais, entraîneur par passion

dsc02405.jpg  dsc02404.jpg 1resmesures.jpg dsc02409.jpg

 Il le fait par passion

Par Fidèle Nsabimana
vendredi 23 septembre 2011         à 16 : 36 : 00

Un entraîneur de football a encadré bénévolement 70 élèves pendant les grandes vacances. L’initiative est saluée par les parents et l’administration.

Il s’appelle Gervais Habiyakare. Agé de 40 ans, il est entraîneur de football de formation. Durant les grandes vacances, il s’est attelé à encadrer les jeunes vacanciers par le ballon rond. Gervais est au stade avant-midi et après-midi. Il a formé plus de 70 jeunes qu’il a subdivisés en deux équipes (les moins de 13 ans et les moins de 15 ans).

En plus de l’apprentissage des différentes techniques et tactiques du football, Gervais prend son temps pour leur parler de la bonne cohabitation et de la citoyenneté. « Je fais tout cela gratuitement parce que j’ai la passion du football et de la jeunesse », déclare-t-il. Aruna Nimubona , 11 ans, a été formé comme attaquant. « J’ai appris comment je peux m’y prendre entre deux défenseurs », raconte-t-il. Le jeune footballeur demande que des encadrements du genre soient organisés pendant toutes les vacances. Ambitieux, Aruna souhaite continuer le football jusqu’à se comparer à l’Argentin Lionel Andres Messi, le n°10 du FC Barcelone, son idole : « J’aime le jeu de Messi et je souhaite devenir comme lui. »

« Il a pu encadrer nos enfants »

Les parents des enfants saluent très vivement l’initiative de Gervais. Amri Nzeyimana père des enfants encadrés par Gervais : « Moi, je ne sais pas comment remercier cet homme. Il a pu encadrer nos enfants alors qu’il nous était difficile de les maîtriser pendant les vacances. » Chantal Nibizi, conseillère du gouverneur de Ruyigi chargée des questions socioculturelles salue et apprécie le projet : « Je suis bien au courant de ce que fait Gervais. C’est très louable, mais nous n’avons pas de budget pour l’appuyer. Ce que nous faisons se limite au soutien moral. » Cependant, des concertations sont en cours pour voir comment l’appuyer financièrement dans les prochaines vacances.

2eme Tournoi de Football féminin en salle organisé par Neuchâtel Xamax féminin

Dimanche

21 février 2010

Dès 7h45, salle de la Riveraine à Neuchâtel

Demi-finales et finales dès 17h45

Organisé par l’équipe féminine de Neuchâtel Xamax, en faveur du FC Etoile de l’Est, club de football burundais. Avec le soutien de l’Association neuchâteloise de football (ANF)

equipef20092010.jpgp1000386.jpg 

Animations

- Ambiance assurée par notre super speaker et entraîneur Jean-Pierre Marcon, de JPP Animation

- Cantine variée (cuisine chaude à midi, sandwiches, boissons avec ou sans alcool)

- Tombola richement dotée (maillot dédicacé par les joueurs de la première équipe de Neuchâtel Xamax, bons
d’achats Manor,
sacs de spo rt, t’shirts , friteuse offerte par VAC..)

- Concours de jonglage avec un ballon des rues africain confectionné avec un sac poubelle

Venez nombreux encourager

ces joueuses

de foot!!!

Décaillette, 10 000 habitants et mille morts qui n’existent pas

 Décaillette, 10 000 habitants et mille morts qui n’existent pas

Désolation. Dans Port-au-Prince dévastée, les quartiers livrés à eux-mêmes sont nombreux. Leur tare: difficilement accessibles, ces bouts de bidonvilles ne font pas partie des circuits «d’aide CNN». Reportage à Décaillette, aux confins de Carrefour-Feuille

PATRICK OBERLI
ENVOYé spécial en Haïti

Carrefour Feuille, bidonville de briques et de ciment de Port-au-Prince. Pour y parvenir, il faut monter et descendre des collines de roche friable, colonisée par l’expansion anarchique de la capitale d’Haïti, 3 millions estimés d’habitants. Du quartier de Delmas, nous devons demander notre chemin dans Pétionville, Canapé-Vert et de multiples autres lieudits aux noms poétiques. Mais depuis, le 12 janvier, la voix du poète s’est muée en sirènes de l’enfer.

Carrefour-Feuille, quartier de Décaillette. La pente de la route qui y mène n’a rien à envier à celle du Petit-Chêne à Lausanne. Le pick-up est en première, slalomant entre les gravas des maisons écrasées et les échoppes de rue improvisées à même le sol. A la misère habituelle s’ajoute la souffrance des survivants du séisme. Les visages scrutent abasourdis une terre meurtrière qui les a piégés par surprise. Un sol qui se dérobe, jour après jour dans des répliques terrorisantes, et pour lequel la confiance n’est plus possible. Les démarches des passants sont lourdes et lentes. La faute aux carences de nourriture. A la chaleur aussi. Les femmes sont assises sur des pas de porte serrant dans leur bras des enfants traumatisés, dont la seule obsession est un sachet plastique d’eau. Ici, dix jours après le drame, l’aide humanitaire est un fantasme exacerbé par les hélicoptères insaisissables des Nations unies qui sillonnent le ciel. Carrefour Feuille est aussi trop éloigné des standards de l’«aide CNN» livrée au monde par des télévisions aux gros moyens, mélange bien huilé de distributions d’eau organisées sur le Champ de Mars ou de sauvetages spectaculaires. Aucun parmi les dizaines de véhicules se déplaçant sirène hurlante dans la cohue du centre de Port-au-Prince, n’a trouvé l’entrée du quartier de Décaillette. Car celui-ci n’existe simplement pour personne. Ni avant – aucune école publique, aucun policier –, ni après le séisme.

«Vous êtes journaliste?» Pourtant nous avons bien rendez-vous à la rue Snelac avec Jean-Marc Andris, reconnaissable à sa queue de cheval fournie. Vingt-quatre heures plus tôt, l’homme, 25 ans, nous avait abordés dans la rue à quelques encablures du Palais présidentiel. Il cherchait à attirer l’attention de quelqu’un: «Vous êtes journaliste? Venez chez nous. Il y a des choses à dire. Venez voir comment nous avons géré les morts. Combien? Beaucoup. Non, nous n’avons pas reçu d’aide pour le faire.»

Jean-Marc nous accueille en compagnie de sa femme Néaline Exil et de quelques amis. Devant leur demeure fissurée, la route, puis une falaise d’où provient l’écho de coups sourds. Deux hommes sont sur le toit d’une maison aplatie, «crasée» comme l’on dit ici. Armés de marteaux, ils tentent de casser la dalle de béton. Leur espoir? Aucun, sauf à récupérer un bout de métal, une planche ou quelque objet leur permettant à la fois de continuer à vivre et de se rappeler qu’il y a eu un avant. Peut-être aussi une dépouille que l’on brûlera. Car le cimetière, situé à 100 mètres de là, déborde.
Jean-Marc est le coordinateur d’une association créée il y a un peu plus d’un an: l’Organisation des jeunes Haïtiens pour une mentalité nouvelle de Décaillette. Tous ses membres sont du coin. Ils s’appellent Samuel, Philippe, Josué ou Philippe. Leur rêve: se construire un avenir. Hurler dans cet état corrompu, où l’on ne peut espérer travailler sans le soutien d’un «parrain» ou d’une «marraine», que la jeunesse est un espoir. Et pour Carrefour Feuille, que l’endroit existe et qu’ils ont de l’énergie pour transformer le pays.

783 cadavres Le 12 janvier a modifié leurs plans. Livrés à eux-mêmes, ces jeunes gens sont devenus contre leur gré administrateurs de cimetière et fossoyeurs. «Dès le premier jour, nous sommes allés vers toutes les familles. Nous avons recensé les vivants, les disparus et les morts pour chacune d’entre-elles. Aussi si les maisons étaient complètement détruites», se souvient Jean-Marc. Mais le nombre de morts, il ne pourra le sortir de sa gorge. Dans cette petite cour, assis sur des chaises que Néaline a pris soin d’épousseter, le silence est de plomb. Finalement, c’est Philippe, en sortant de sa serviette un cahier d’écolier devenu registre d’état du drame, qui se lance: «783 corps retrouvés.» Il y a quelques jours Decaillette comptait près de 10 000 habitants. «Nous avons passé la semaine à les enterrer dans le cimetière. Venez.»

Trente centimètres La venelle qui monte au lieu de paix ne laisse passer qu’une personne à la fois. L’entrée du cimetière est commune avec celle d’une maison sans toit. A deux mètres de la première fosse, deux fillettes, cheveux tressés et tenus par un ruban rose et un petit garçon, attendent. Seule une paroi de tôle les sépare du royaume des morts. C’est à cet endroit également que les cadavres ont été entassés avant de trouver une place pour l’éternité.

Jean-Marc ne peut entrer. C’est Néaline et Samuel qui prennent le relais. Le cimetière est exigu: 30 mètres sur 40. Partout la terre est poussièreuse et fraîchement remuée. Les allées sont bosselées. Néaline s’arrête: «Nous avons creusé partout.» Je regarde le sol sous mes pieds. «Oui, c’est bien une fosse», confirme-t-elle. Les jambes tremblent. «Nous avons creusé très profond pour mettre le maximum de corps. 20, 30 par fosse? Nous ne savons pas.» Trente centimètres de terre recouvrent les derniers cadavres. «Notre souci, c’est la pluie. Que va-t-il se passer si elle emporte cette fine couche?» Silence.
Impossible de recenser le nombre de fosses. Deux d’entre-elles sont identifiables par des couronnes mortuaires de fortune. Armature de fer entouré de plastique noir dans lesquelles sont plantés des morceaux de bois. A l’autre extrémité des «fleurs» confectionnées dans du plastique rose ou bleu sorti des décombres.

Toutes les anciennes tombes ont été réouvertes et les cercueils de bois des défunts les plus récents démontés. Pour faire de la place. Les caveaux bleu ciel et blanc surmontés de croix blanche ont été démurés. Là aussi les cercueils ont été sortis pour entasser la chair meurtrie. «Parfois nous avons placé six, jusqu’à dix corps, dans un emplacement prévu pour un seul», continue la jeune femme la voix cassée, en montrant les cases fraîchement murées. Elle se déplace jusque vers deux hommes accroupis. Ceux-ci plantent un arbuste avec leurs mains. Ce sont les fossoyeurs attitrés du lieu. Néaline leur touche l’épaule, échange un sourire et quelques mots en créole. Le malheur soude.

Nous rejoignons Jean-Marc dans la rue. La baie d’un azur limpide à couper le souffle. De loin, les artères de Port-au-Prince sont mieux dessinées que sur une carte routière. De près, elles sont bouchées. L’embolie cérébrale n’est qu’une question de temps. Dans ce grand corps meurtri, Carrefour-Feuille n’est qu’un membre. Un doigt. Et ses habitants luttent contre l’amputation.

Le bonheur des rats Des campements de fortune ont été montés dans les zones que les bâtiments ne menacent pas. Comme dans la cour de cette école privée. Quelques bouts de planches récupérées, des draps et des rideaux offrent une protection fragile à des matelas souvent éventrés. Inutiles contre la pluie. Inutiles aussi contre les rats qui sont nombreux dès la tombée du jour. Attention aussi où l’on met les pieds: hors des sentiers étroits comme des fils, pierres et touffes d’herbes sont autant de WC improvisés. A deux pas, les entrées des demeures de fortune sont réservées aux casseroles bosselées, dans des cuisines improvisées.

Quinze viols L’atmosphère est tendue. Une voiture, des étrangers: il doit y avoir à manger, peut-être de l’eau. Un homme décline son identité dans un allemand enrobé de créole. Il perd la tête, s’échauffe. Jean-Marc, Néaline et Samuel sont inquiets par l’attroupement qui se créée. «Nous ne devons pas rester. Non, il ne faut pas parler avec les gens. Cela pourrait être dangereux. Pour vous et pour nous.» Parce qu’ici, un simple contact inhabituel suscite la jalousie. Les hôtes doivent bien avoir reçu quelque chose.

Depuis le drame, l’insécurité est montée d’un cran à Décaillette. Et les rats ne sont pas les seuls à en profiter. Leurs cousins humains, les chimères, tueurs à gage de l’ex-dirigeant Aristide, aussi rigolent. Le séisme a éventré la prison centrale de Port-au-Prince où ils étaient détenus. Les brigands se sont envolés. «Plusieurs ont trouvé refuge dans notre quartier. Ils savent comme tout le monde qu’il n’y a aucune force de sécurité.» Certains sont des anciens du lieu. Résultat: le nombre de viols de jeunes filles a pris l’ascenseur. «Nous en avons recensés une quinzaine en sept jours», se désole Néaline à qui les victimes racontent leur traumatisme. «Je suis devenu un peu leur grande sœur.» Elle ne dira pas, par pudeur, que les familles des victimes sont impuissantes face à cette violence brute. A la rue, elles se retrouvent totalement à la merci de représailles de gangs couronnés rois par les gravats et la disparition de l’Etat. Un phénomène similaire s’est produit dans le bidonville de Cité-Soleil, situé au bord de la mer. Mais vendredi dernier, les habitants se sont révoltés. Ils se sont rendu justice en éventrant et découpant «Blade», chef de gang du quartier de Boston, qu’ils avaient réussi à attraper. L’homme était haï et craint pour les enlèvements d’enfants qu’il finissait toujours par tuer malgré la remise de rançons se montant parfois à 1000 dollars.

Prier plutôt que dormir A Décaillette également, les parents tremblent pour leur petits. Les nuits sont particulièrement difficiles. Les groupes alors se tournent vers Dieu pour se donner du courage: «Souvent nous prions sans interruption. C’est plus important que de dormir et cela permet de protéger nos enfants», raconte Néaline qui «a très peur pour (sa) fille de 2 ans. Sans compter que ces abris ouverts aux vents font la part belle aux loups-garous. Ils sont très nombreux et maléfiques en Haïti. Nos enfants sont fragiles.»

La prière encore lorsque la Terre a des soubresauts. Solidarité gratuite. Comme le mardi 19 où, à l’aube la réplique a dépassé les 6 sur l’échelle de Richter. «Nous avons pensé que les dernières maisons allaient s’écrouler et que nous allions tous mourir», explique Jean-Marc en montrant du doigt les fissures qui n’épargnent aucun mur. Mais finalement, il n’y aura eu «que huit morts dans le quartier.» Après la secousse, les habitants se sont réunis pour des louanges, parce que sept jours après le drame, ils étaient encore en vie et «qu’Il doit être remercié pour cela. C’est Lui qui permet au cœur d’Haïti de battre encore, même faiblement.»

Deux cuillères Dans ce chaos, l’Organisation des jeunes Haïtiens pour une mentalité nouvelle est devenu l’unique voix vers l’extérieur. Mais à l’image des pancartes «SOS, we need help» qui fleurissent partout dans Port-au-Prince, elle peine à être entendue. «Nous avons téléphoné à la télévision pour qu’elle parle de nous. Sans réponse», constate sans animosité Jean-Marc. Un effort surhumain lorsque l’on sait que l’électricité est rare et que recharger son téléphone dans la rue coûte 50 gourdes (un peu plus d’un dollar). «Comme les vendeurs d’eau, dont le prix a doublé, les gens qui ont une génératrice profite du désarroi.»

Malgré les difficultés, le groupe bénévole s’accroche. «Nous avons préparé une lettre. Nous irons à la radio. Peut-être qu’un directeur nous laissera entrer.» Espoir futile, mais essentiel, qui permettra peut-être à l’aide d’urgence de trouver le chemin du quartier. Car jusqu’à présent, la seule action de soutien dont les habitants de Décaillette ont bénéficié est dérisoire. «Un magistrat habitant ici a fait préparer un repas pour la population. Cela nous a permis de distribuer deux cuillères de riz-pois par personne. Un autre soir, une voisine a voulu préparer du thé. Mais nous n’avions pas assez», explique Néaline. D’eau? De thé? Peu importe.

Une photo pour vivre On se quittera plus bas, hors de Décaillette. En laissant deux bidons de 10 litres d’eau, quelques centaines de gourdes pour les ramener sur la colline en moto-taxi et des «bonbons», ces biscuits secs dont rêve chaque survivant. Un «trésor» qui sera distribué avant la tombée de la nuit, mais qui ne calmera aucune angoisse. Car dans la désolation de Port-au-Prince, il y a les survivants sauvés des décombres, les blessés soignés dans les hôpitaux d’urgence, les cadavres dont on se débarrasse, les gens qui fuient la capitale, mais aussi et surtout des gens debout pas sûrs d’être en vie. Détruits au plus profond d’eux-mêmes, ils cherchent à se persuader par les moyens les plus dérisoires qu’ils ne sont pas aux portes de l’enfer. Comme de quémander une photo en donnant son nom. Le portrait instantané sur l’écran digital, associé au patronyme écrit sur un coin de papier, est une preuve de vitalité, plus convaincante que la soif. Un premier pas vers le futur. Même si, c’est sûr, le traumatisme psychologique ne pourra jamais se refermer.

Commentaire

Frustration
A la lueur d’une torche, dans la nuit noire de Port-au-Prince, Igor m’avertit: «Ce que vous allez voir, sentir, vivre, vous ne pourrez le partager avec personne, même les gens qui vous sont les plus proches. Parce qu’il n’y a pas de mots pour expliquer les vibrations de la chair.» Ce médecin français sait de quoi il parle. Depuis plus de vingt ans, il quitte son hôpital en urgence pour se mettre à disposition sur les lieux de crise. Il a tout connu. Mais n’en tire aucune gloire.

Avec un peu de recul, je sais déjà qu’Igor a raison. Et pour un journaliste – censé rapporter, communiquer, transmettre – la frustration est réelle. Certes, on peut raconter les sauvetages, montrer les montagnes de dépouilles, décrire les conditions de vie précaires, les immeubles qui n’ont pas résisté à la fureur de la terre, l’aide humanitaire héroïque ou désorganisée, les batailles géopolitiques. Mais cela restera toujours partiel, incomplet.

Il manquera toujours ces éléments qui se gravent au plus profond des tripes. Comme le vertige face à la masse, l’agression de la poussière des débris, la panique lors des répliques, l’accoutumance honteuse qui protège  de l’odeur pesante des cadavres, le sentiment d’impuissance. Une troisième dimension que  les plus belles images et les phrases  les mieux construites ne pourront jamais rendre. Trop subjective ou trop intime. Par pudeur aussi.

Enfin, il y a cette quatrième dimension, inacessible, à mi-chemin entre la vie et la mort. Elle se niche au plus profond de l’âme de ces gens debout, physiquement entiers, mais psychiquement détruits. Qui pour avoir la paix font l’économie de la parole, baisse le regard. Ce ne sont pas des victimes au sens des décomptes. Au mieux des sans-abri. Pourtant, c’est dans les gravats de leur esprit que l’horreur restera coincée. Un ultime abîme sans retour possible, que l’on ne découvrira jamais dans aucun média.√

La nuit des fantômes ( reportage de Patrick à Haïti)

 Une semaine après le séisme, la situation est toujours dramatique. Envisager la reconstruction de Port-au-Prince tient de la psychanalyse. Dans le crépuscule, les fantômes des vivants et des morts hantent les rues et les trottoirs.

« Tu vas descendre dans la marda! Tu sais ce que c’est? Le caca comme vous dites en Europe! » Beeghoon vient de remettre en place les essuie-glace du bus, assurant la liaison entre Santo Domingo, la capitale de la République dominicaine, et Port-au-Prince. La septantaine, ses yeux sont trop vieux pour pleurer. Mais ils hurlent la haine et la révolte. Ce musicien à la retraite, qui a joué au Festival de Montreux en 1978 et habitant Montréal, est venu donner un coup de main. Par hasard, il était en vacances il y a 10 jours à Haïti, lorsqu’il a vu « la mer s’ouvrir, un jet de gaz monter dans le ciel et vu les bâtiments s’écrouler. Le gens étaient dans la rue, pris au piège, écrasés. Je ne pouvais plus partir »

Le regard fixé sur les grillages du poste frontière de montagne de Jimani, à l’extrémité du lac Azuei, il regarde ses compatriotes agglutinés derrière les grillages, bien décidés à un exil que le pays voisin n’accorde plus. « Tout ça, c’est la faute des Américains. Ils savaient, mais n’ont pas informé la population. Ils débarquent maintenant par légions. 12 000 militaires! Imaginez, ce que cela représente! Ils ont pris le contrôle de l’aéroport, le gouvernement leur a refilé la sécurité. Port-au-Prince est mort.» Joanne, la trentaine, abonde: «Je me pose aussi des questions. Qu’ils nous aident, c’est bien. Mais là c’est un peu trop. » Elle hurle: « On a pas de gouvernement, seulement de la corruption. » La jeune femme, habillée de jean, avait amené sa fille chez sa tante à Santo Domingo, « parce que l’école est mieux. » Un voyage qui lui a sauvé la vie. Le lendemain de son départ, « la terre s’est mise à trembler. Une partie de ma famille s’est retrouvée sous les gravats. Mais je ne sais pas encore qui. »

L’arrivée à Port-au-Prince lui donne raison. Personne n’est là pour l’accueillir, si ce n’est les GI’s en arme. L’incertitude se prolonge. Et la nuit est tombée. Son défi sera de traverser une ville qui a perdu tous ses repères. Où la désolation et le dénuement entraînent tous les excès. Mais n’est-ce pas normal quand il s’agit de survivre?

Dans le crépuscule, les gens déambulent sur la rue de Tabarre à la lumière des phares de voiture, comme autant de zombies gris errant vers le néant. Ils passent devant l’ex-demeure de Jean-Bertrand Aristide, « ce fou de pouvoir ». L’ex-dirigeant, destitué par les Américains, est en exil en Afrique du sud. La catastrophe lui a donné des envies de retour. Mais la population ne veut pas d’une deuxième catastrophe. « La devise des dirigeants du pays depuis deux siècles, c’est de plumer la poule, mais en prenant garde de ne pas la cuire. Aujourd’hui, il n’y a plus rien à plumer, se désole Molege Deliscar, étudiant, incapable de manger depuis trois jours l’estomac noué par la peine. Il a eu sa part. » Comme un pied de nez, une femme à la démarche vascillante, robe bleu ciel, s’arrête devant la grille, soulève sa jupe et se soulage. Le flot interrompu des passants l’ignore. Le peuple haïtien marche, mais il n’a plus de demeure.

Sur les trottoirs, les survivants ont remplacés les sacs de plastique abritant les cadavres ensevelis dans les fosses communes. Dans la pénombre, les ombres des bâtiments se font menaçantes. Elles se déforment, comme malaxées par les âmes des corps encore ensevelis sous les décombres. 80 000 morts, estimait-on lundi soir. Combien demain? « Un ami aux Etats-Unis m’a appelé pour me signaler que des proches l’avaient joint avec leur portable depuis sous les décombres. Mais ils ne savent pas où ils sont pour alerter les secours. Ils vont mourir, de soif et de douleur. » La puanteur des corps, si souvent relatée par les médias, est toujours lourde. Avec le manque d’eau, la décomposition des corps promettent des épidémies.

A intervalle régulier, des feux illuminent la rue et les murs fissurés, se reflétant aussi sur les fusils-mitrailleurs des soldats américains, visages fermés, déployés pour assurer la sécurité. Autour des flammes de gens s’agglutinent. Certains murmurent des cantiques, accroupis, en regardant s’envoler ce qui était un épouse, un enfant ou un frère.

La « marda ». Le mot de Beeghoon, surnom dû à ses longs cheveux de jeunesse raisonne encore. Sa rancoeur contre la présence US et son admiration pour Hugo Chavez aussi. Haïti pourra-t-il se relever du désastre? Ernesto Bafile, coordinateur général de la mission de Médecins du Monde France, en doute: « Avant de penser plus loin, il faut encaisser l’amplitude de la catastrophe, tenter de faire le deuil. Le vrai défi, c’est le redémarrage. Mais sera-t-il possible dans un pays qui a toujours manqué de leadership? Franchement, si tu ne savais pas qu’il y a eu un tremblement de terre, tu penserais à une nouvelle occupation américaine. Reconstruire, c’est une utopie. » Et si les Américains s’en occupait? « Peut-être, mais je n’y crois pas. S’ils le font, ce serait pour le business.» A-t-il toujours en tête les 48 heures de perdu par l’avion les amenant à Port-au-Prince en raison d’une interdiction d’atterrissage américaine?

A deux pas, son équipe de chirurgiens tente d’évacuer la journée. Amputations en série, choix des blessés pouvant être sauver, la charge psychologique est lourde: « On ne peut rien faire d’autre que couper. Les membres sont pourris, certains grouillent de vers, » décrit Igor, anesthésiste normand. Plus tard, sans les projecteurs, le défi sera de gérer une société handicapée.

Dans le jardin de Didier, un Français expatrié travaillant dans le secteur de l’eau potable dont la maison a résisté au séisme, une vingtaine de lits de fortune sont installés permettant à l’équipe de dormir quelques heures à l’abri des répliques. Igor, en avalant sa ration de survie, continue de raconter l’hôpital, les rencontres. Comme celle avec Bill Clinton, passé dans l’après-midi avec sa fille. Claire, infirmière de 25 ans: « Il a été sympa. Il voulait nous faire parvenir des respirateurs. Igor lui a demandé des drogues. Les respirateurs ne servent à rien, il n’y a pas d’électricité. Ce qu’il faut c’est soulager les gens. Une heure plus tard, nous recevions une boîte de médicaments. »

Ce coup de pouce n’efface cependant pas le malaise né de la rencontre du dénuement, de l’humanitaire de terrain et du paraître. Les rumeurs de visite bruissent. Sarkozy, un commssaire européen? Ernesto dégage en touche. L’important est la mise en place de dispensaires délocalisés. « De nombreux blessés renoncent à rejoindre la cour des miracles des hôpitaux. Trop de monde. Ils attendent qu’on vienne les chercher. »

Minuit. Dans les environs de la villa du Mont-Joli, les coups de feu se répètent. Tout le monde semblent armés. Les pères de famille, sur le trottoir devant leur demeure, pour défendre leurs enfants et leurs biens. Les brigands pour attaquer, avant de piller. La « marda ». Selon Marc Paquette, responsable de MdM Canada, il faudra deux générations pour que le pays se relève. Peut-être. Avec ou sans les Américains. Le Québecois confirme ce malaise vis-à-vis du grand voisin. Mais il date d’avant. Pour les Haïtiens les plus éduqués en particulier, la Mission des nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH) était déjà une force d’occupation. Le drame n’a fait qu’accélérer les choses. Mais en l’état, sans ministères, sans plus aucun document, il n’y a pas le choix. C’est ça ou rien.

Patrick Oberli, article paru dans l’Hebdo, le 21 janvier 2010

Allume une bougie d’amour et de paix pour les enfants du monde

 

ALLUME UNE BOUGIE images.jpg

Allume une bougie, une bougie pour la vie

Allume une bougie, aujourd’hui

Une bougie d’AMOUR

pour les enfants blessés

Une  bougie du CIEL

pour l’enfant des prisons

Une bougie de PAIX

pour l’enfant de la guerre

Une bougie de JOIE

aux enfants de la Terre

Nous vous souhaitons à tous de belles fêtes de fin d’année, remplies de lumière, de chaleur et d’amitié. Et que l’année 2010 réalisent vos souhaits les plus chers.

Amitié

Véronique et Patrick

Laure, Thibaud et Bastien

Nous sommes fiers de NOS CHAMPIONS DU MONDE, magnifique équipe multiculturelle des M17

Bonjour à tous,

voici quelques jours, nous avons vibré en regardant la coupe du monde des M17, qui se déroulait   sur un continent que nous adorons : L’AFRIQUE. Comme la foot est la passion de toute la famille, vous imaginez l’ambiance. Et que dire lorsque nos jeunes et talentueux joueurs suisses ont gagné la finale contre le Nigeria. Nous espérons que cette expérience donnera du rêve et du bonheur à tous les footballeurs, d’ici et d’ailleurs, et  surtout à nos amis du FC Etoile de l’Est au Burundi.

Voici l’article que Patrick a co-écrit dans l’Hebdo, le tout agrémenté de photos de nos champions. VIVE LE FOOT.

M17: La victoire d’une nouvelle philosophie

78863502.jpg 78863090.jpg 78875990.jpg keyimg20091113114894270.jpg keyimg20091113114894220.jpg keyimg20091113114894250.jpg keyimg20091113114894280.jpg keyimg20091113114896770.jpg keyimg20091113114894200.jpg imageprincipale.jpg kamber.jpg 78957077.jpg 78956934.jpg 78957041.jpg

Par Christophe Schenk, Patrick Oberli -- Mis en ligne le 18.11.2009 à 15:11

FOOTBALL. Derrière la victoire de Nassim Ben Khalifa et ses équipiers, on découvre la réussite du système de formation suisse. Plongée dans les coulisses d’un exploit.

Dimanche 15 novembre, 20 h 50, Abuja, Nigeria. Au terme d’une finale épique, l’équipe suisse de football est championne du monde… des moins de 17 ans. Devant leur petit écran, près d’un million et demi de spectateurs suisses ont vécu cet exploit en direct. Inconnus du grand public il y a quinze jours encore, Ben Khalifa, Seferovic, Veseli ou Siegrist accèdent soudain au statut de héros de la nation. Avec tout ce que cela implique de rêves et de projections. Les «Rougets» soulèveront-ils un nouveau trophée dans cinq ans au Brésil, en catégorie A cette fois? A deux semaines de la votation sur les minarets, les musulmans de la Nati ne représentent- ils pas la meilleure réponse à l’UDC? Avec 13 binationaux, cette équipe suisse n’incarne-t-elle pas l’extraordinaire pouvoir d’intégration du football?Responsable du Centre de préformation de l’Association suisse de football (ASF) à Payerne, José Ehrbar ne cache pas son scepticisme face à ces beaux discours. «Réussir dans le football n’est pas un critère pour juger de l’intégration religieuse ou nationale», rappelle le Neuchâtelois de 50 ans, qui se définit autant comme un entraîneur que comme un éducateur. «L’intégration, c’est autre chose, comme se saluer ou échanger.» L’homme sait de quoi il parle. Dans le centre de la Broye, il a notamment accueilli Nassim Ben Khalifa et Frédéric Veseli, deux des héros de l’épopée des «Rougets». Un centre qui continue de former la relève du football suisse.Aux racines de l’exploit. Au lendemain de la victoire des M17, ils sont 16 à s’entraîner sur le terrain du stade municipal de Payerne, à proximité de la gare et de son ballet de wagons pleins à ras bord de betteraves. Le ciel est bas, l’horizon bouché par les nuages, mais les jeunes joueurs ont encore des étoiles plein la tête. La veille, ils ont regardé la finale à la télévision. Certains ont pleuré de joie, d’autres en ont rêvé la nuit. Tous ambitionnent désormais d’emboîter le pas à leurs aînés. Ils s’appellent Thomas, Kevin, Salim ou Hidajet, ont entre 14 et 15 ans et viennent de toute la Suisse romande. Sous les ordres de José Ehrbar et de Michel Mora, ils poursuivent leur formation dans le centre créé en 2000 sous l’impulsion de Mario Comisetti, chef du Service football d’élite de l’ASF, première structure du genre en Suisse (trois autres centres existent aujourd’hui à Emmen, à Tenero et à Huttwil, pour les filles). La semaine, ils foulent les pelouses de Payerne, le week-end, ils rejoignent leurs clubs respectifs. Mais n’en oublient pas les bancs de l’école ou la table familiale pour autant.«Nous leur demandons de toujours donner le maximum, que ce soit sur le terrain, à l’école ou dans leur famille d’accueil», explique Michel Mora. Loin des académies privées ou des fabriques de champions de l’ancien bloc communiste, le centre de Payerne incarne une philosophie ouverte sur le monde extérieur. Sélectionnés après une batterie de tests, les jeunes joueurs rejoignent la Broye à 14 ans, pour une durée de deux ans. Placés dans des familles d’accueil, ils gardent le contact avec les autres adolescents de leur âge, notamment en intégrant l’école secondaire de la ville.Une école de vie. «L’intégration n’a rien à voir avec le football. Elle passe par la vie de tous les jours», observe Michel Mora. Mais également par un encadrement adéquat. Qu’il s’agisse de l’entraîneur du centre de Payerne ou de ses confrères plus médiatisés à la tête des équipes nationales -- de Claude Ryf à Dany Ryser, entraîneur des M17 sacrés au Nigeria – une grande partie d’entre eux ont une formation d’enseignant ou d’éducateur. Le football peut être une école de vie, mais il lui faut d’abord s’en donner les moyens.«Nous mangeons et rigolons avec eux, partageons leurs peines et effectuons des devoirs surveillés, raconte José Ehrbar. Nous apprenons à certains à manger des légumes, à d’autres à serrer la main.» Disciplinés sur le terrain, les jeunes joueurs de Payerne le sont également en dehors. Un règlement interne régit la vie en communauté. Gros mots, utilisation du portable sans autorisation ou mauvais comportement en classe sont sanctionnés par des coches. «Au début, nous leur faisions payer 1 franc par coche, explique Michel Mora. Mais, comme ces petites sommes ne les dissuadaient pas toujours, nous avons également dû mettre en place des privations d’entraînement.» Une punition efficace, surtout quand il s’agit de l’entraînement du vendredi matin, donné par un certain Stéphane Chapuisat, ex-international et vainqueur de la Ligue des champions avec Borussia Dortmund.Talent et caractère. Loin de leurs familles et de leurs amis, assidus à l’entraînement comme à l’école, les jeunes joueurs ne comptent par leurs efforts pour espérer un jour devenir footballeurs professionnels, même si les chances sont minimes. Statistiquement, il est plus facile pour un enfant de devenir chirurgien que footballeur, aime-t-on dire dans le milieu. Au niveau national, pour chaque volée de joueurs, seuls trois ou quatre parviennent à intégrer l’équipe de Suisse A. A peine plus s’il s’agit d’une volée exceptionnelle comme semble l’être celle des M17 couronnée au Nigeria.

Les deux formateurs de Payerne se souviennent avec un plaisir teinté d’émotion des «héros d’Abuja» qui sont passés par le centre. «Ben Khalifa ne doutait jamais, raconte Michel Mora. Quand il est arrivé, il avait une technique fine, mais devait encore apprendre à travailler pour l’équipe.»

Quant à Frédéric Veseli, José Ehrbar le rapproche de Johan Djourou, défenseur d’Arsenal également passé par Payerne. «Il ne possédait pas de qualités extraordinaires, mais il était appliqué. Surtout, il avait un caractère fort. En M15, à la veille d’un match international, il s’est cassé un doigt. Plutôt que de renoncer à jouer, il s’est rendu à l’hôpital pour réduire la facture. C’est depuis là qu’on lui a confié le brassard de capitaine.»

Une suite encore à écrire. S’ils retirent une certaine fierté de la réussite des «Rougets», les deux hommes y voient surtout la validation d’un système et d’une philosophie mis en place par le Zurichois Hansruedi Hasler directeur technique de l’ASF. Et, si le sacre d’Abuja est un exploit historique, il ne représente qu’un palier dans une croissance loin d’être terminée. «Il va falloir aider ces joueurs à revenir sur terre, explique Yves Débonnaire, entraîneur de l’équipe suisse des moins de 16 ans. Ils seront sur le devant de la scène durant une dizaine de jours, mais, ensuite, ils devront se raccrocher à des compétitions moins prestigieuses, à la dureté des entraînements et de la préparation.» Il faudra attendre cinq ans encore pour savoir si la génération de Ben Khalifa et Veseli est réellement hors du commun.

Quant à savoir si les binationaux resteront fidèles à l’équipe de Suisse, c’est une autre histoire. Malgré le «serment» fait au Nigeria, certains M17 pourraient choisir un autre pays, comme avant eux Petric et Karitic, formés en Suisse mais portant aujourd’hui le maillot de la Croatie. Un choix qui peut être influencé par des critères sportifs, par un certain lobbying – on parle même de mallettes d’argent qui circuleraient – mais aussi par le cœur. «Le football conserve une dimension émotionnelle, observe Yves Débonnaire. A nous de leur offrir un projet ambitieux et émotionnel au-delà de la formation.» L’engouement populaire et les SMS d’Ottmar Hitzfeld, sélectionneur de l’équipe A, suffiront-ils à retenir les joueurs les plus hésitants? L’avenir seul le dira. Mais il conviendra de se rappeler qu’un choix sportif, quel qu’il soit, ne remet pas en question l’intégration de ces jeunes dans leur patrie d’adoption.

Journée des droits de l’enfant : il est temps de s’unir et de marcher ensemble

En ce jour de la journée internationales des droits de l’enfants, je vous propose d’aller faire un tour sur le site de Junior Tshaka, chanteur fervant des droits de l’Homme, de l’amour, de l’égalité et de la justice……………

Voici une chanson magnifique, que nous demande de nous unir, de nous rassembler et de marcher ensemble !!!

 lesgarons.jpg lesfilles.jpg 5copains.jpg mirnababou2.jpg familles.jpg thibestsesfans.jpg patetlestambourinaires.jpg laureetsesamis.jpg

IL    EST   TEMPS

Il est temps qu’on s’unisse, il est temps qu’on se rassemble,

qu’on se découvre et qu’on puisse enfin marcher ensemble.

que tous nos petits frangins puissent enfin danser ensemble

Que ceux qui nous divisent à jamais ne se taisent.

Qu’on puisse changer de prise et écouter d’autres thèses.

Il est temps de se connaître, il est temps de vivre ensemble.

Jeter nos  haines par les fenètres, avant que tout devienne cendre

Finie la phase d’essai, l’humain a fait le cobaye

SI on n’se disait pas « good day » ,va falloir dire goodbye.

Maintenant que tout est lié et qu’on a bâti les rails

c’est l’moment d’ajouter du coeur dans la bataille.

Place aux enfants de la Terre, place aux enfants de la vie

On peut pas laisser l’enfer étouffer le paradis.

Certain qu’y a tout à faire alors que tout semble dit.

Si le changement est dans l’air, il nous sauvera la vie.

Il est temps d’innover et l’être humain sait le faire

Enlève-lui ses libertés et il se met en colère.

Regarder le passé, les erreurs à ne plus faire

demander Pardon, pardonner, accepter qu’on est tous frères.

Enfants de la Terre, il est temps de réaliser

que la nature nous a confiés à tous, de quoi vivre en PAIX.

SI certains ont décidé que le monde serait divisé,

il n’est jamais trop tard, non pour y remédier!!

Briser les chaînes et les frontières, viser le respect

Porter la vois à ceux soumis à rester muets

face à tant d’injustices, de dilemmes concrets

Il est temps qu’on s’unisse, il est temps qu’on se rassemble,

qu’on se découvre et qu’on puisse enfin marcher ensemble.

QUE TOUS NOS PETITS FRANGINS PUISSENT ENFIN DANSER ENSEMBLE

Découvrez « DES HUMAINS », le nouveau clip de Junior Tshaka sur le site officiel www.junior-tshaka.com !

http://www.junior-tshaka.com/

A bientôt290407163330echoproductionsgsntq91.jpg m88511e698a864c50932bfb030882e17e1.jpg tshakawinner09.jpg

 Les Oberli’s

Neuchâtel Xamax est magique, jusqu’au Burundi

Nous sommes fiers de vous présenter le texte paru dans l’Infomax de dimanche 13 septembre 2009, lors de la rencontre au sommet : Neuchâtel Xamax contre YB. Cet article nous a permis de remercier toutes les personnes qui nous ont soutenus, motivés, aidés d’une manière ou d’une autre. Et surtout, de leur dire  combien ces ballons, maillots, souliers ont apporté la joie et le bonheur pour des dizaines de jeunes joueurs-joueuses de football du Fc Etoile de l’EST.

Alors, bonne lecture et allez Xamax                                                                                                                                                  gervaislentranementchaquematin8h30unecentainedejuniorssontprsents.jpgpremierentranementsurlenouveauterrainlasemainequisuitlesenfantsenlverontlesderniresracines.jpg

  »Le nom de Xamax n’est pas seulement magique à Neuchâtel. C’est aussi le cas à Ruyigi, petite ville de 50 000 habitants dans l’Est du… Burundi. Des centaines d’enfants et d’adultes se promènent jour et nuit avec les maillots blancs, rouges ou noirs de notre club préféré. Ce n’est pas un canular, mais le hasard du destin.

L’histoire a commencé il y a trois ans. Lorsque nous préparions un voyage humanitaire dans un orphelinat de Ruyigi, Laure, Thibaud et Bastien, 13, 11 et 9 ans à l’époque, découvrent l’existence du club de football de l’Etoile de l’Est. Et aussi que les enfants y jouent avec des ballons composés de sacs-poubelle, sans maillot et pieds nus. Ils d écide nt alors de demander quelques maillots de football trop petits à leurs copains. La récolte est inespérée. Et en 2007, plusieurs centaines de tenues et des dizaines de ballons sont offerts à Gervais, président-entraîneur d’un club qu’il a fondé en 1999, en pleine guerre ethnique (plus de 300000 morts pour 7 millions d’habitants), pour offrir une occupation aux enfants.

L’histoire des maillots auraient pu s’arrêter là. Mais la machine était lancée. Le matériel a continué d’affluer. Les trois enfants eux ont rejoint les rangs de l’équipe féminine pour Laure, des équipes juniors de NE Xamax pour les deux garçons. Le bruit s’est propagé dans le petit monde du football neuchâtelois, jusqu’à parvenir aux oreilles du président d’honneur, Monsieur Gilbert Facchinetti. Qui, avec son épouse, a décidé d’offrir des centaines de maillots, shorts et bas à cette cause. Sans savoir, sur la confiance. Un geste fabuleux représentant des milliers d’histoire et de souvenirs.

Aujourd’hui, toutes les équipes du FC Etoile de l’Est portent fièrement ces tenues en matches officiels. Mais aussi dans la vie de tous les jours, parfois à l’envers pour protéger les couleurs et la publicité de la poussière. Pour l’anecdote, la première équipe du club a grimpé tous les échelons pour atteindre en 2008 la première division. Elle était composée en grande partie d’enfants ayant débuté l’aventure avec Gervais. Trois d’entre-eux ont intégré les contingents des équipes nationales juniors.

Mais le lien entre NE Xamax et l’Etoile de l’Est est bien plus large. Au terme des deux dernières saisons, joueurs et responsables du mouvement juniors ont offert le matériel usagé. Ballons, chasubles et chaussures par dizaines ont pris la direction du centre de l’Afrique par containers. Et puis, il y a le geste de solidarité extraordinaire de l’équipe féminine – dont l’entraîneur n’est autre que Jean-Pierre « JPP » Marcon, votre speaker préféré -, avec qui nous avons organisé un tournoi féminin en février 2009 à Cernier. Le bénéfice de 2500 francs a été partagé en deux. Une moitié pour la caisse d’équipe et l’autre pour développer les infrastructures du FC Etoile de l’Est. Chose faîte lors d’un deuxième voyage à Ruygi, en juillet dernier, où cet argent a permis d’aménager en deux semaines, un terrain de football en terre battue.

Nous profitons de cette tribune pour remercier en notre nom et en celui du FC Etoile de l’Est, de la présidente de la Fédération burundaise de football et du ministre des sports du Burundi (!) tout le club de son appui et de sa solidarité. Ainsi que tous les particuliers et les clubs de la région, de Colombier à Marin, en passant par La Chaux-de-Fonds, qui ont offerts l’inaccessible à des footballeurs d’un des pays les plus pauvres de la planète. Leur bonheur n’a pas de prix. »

Laure, Thibaud, Bastien,Véronique et Patrick Oberli

Hommage à la femme africaine

Voici un poème (écrit par Moïse Lekpaï) que j’ai découvert sur internet et que j’aimerais partager avec vous. Durant nos voyages en Afrique, j’ai été touchée, ébahie, ébranlée, fascinée par les femmes africaines. Sans elles, l’Afrique ne tournerait pas !!! Elles enfantent sans un cri, travaillent dans les champs, marchent des heures durant avec des paniers remplis de fruits ou légumes sur la tête, s’occupent de leur maison et de leurs enfants sans relâche …………. je leur exprime ici, par les mots d’un jeune homme africain , toute mon admiration !!

Moïse Lekpaï : « j’ai composé à l’occasion de la fête des mères pour ma mère et pour aussi rendre hommage à toutes ces braves femmes oubliées. Ce poème est dédiée à toutes les femmes africaines du monde rurale, ces femmes que souvent l’on ignore mais qui portent en elles la semence de vie et qui travaillent avec abnégation pour nous nourrir! A travers elle je salue toutes les mères du monde entier qui souffrent pour nous et qui portent sur leurs frêles épaules les souffrances du monde. »

afr86   p1020795.jpg  mamanetcolin.jpg  mresenfants.jpg nadineetsonbbjpg.jpg p1010559.jpg pict00391.jpg

Femme brave, femme paysanne

C’est pour toi que j’écris, femme Africaine !

Dans la solitude de la nuit tu connais le moindre battement de mon cœur

J’aurais aimé à jamais sur tes genoux poser ma tête

Tes genoux qui supportèrent toutes les souffrances de la vie.

Je revois ces genoux qui furent pour moi plus moelleux que des coussins de laine.

Femme paysanne, femme Africaine

C’est pour toi que je crie, mère Noire !

Dans le froid de l’harmattan ta douce poitrine me réchauffait le frêle corps

Blotti contre ton sein je ressentais l’immense amour que tu portes en toi.

L’amour avec lequel tu supportas ma turbulence, mes gaffes et espiègleries

Mère, ton image à jamais restera gravée dans ma mémoire !

Femme Africaine, femme Noire

Je te loue, ô implacable guerrière du quotidien !

Zoua, l’amazone des forêts denses, l’amazone qui sait se donner en sacrifice pour les siens.

Tu sus conquérir à force de sueur et d’abnégation le respect et l’admiration de tous.

Jamais ton bras ne se reposait ni ton foyer ne s’éteignait

Tu connaissais par cœur les moindres secrets des champs

Et tu étais le pilier de la famille, la pierre angulaire de la société.

Femme rurale, femme souvent oubliée

C’est pour toi que je prononce ces mots, ô limon fertile de la sève libidinale !

Toi qui donnes la vie et s’occupe fidèlement de tes rejetons

Ton dos connut le soleil, la pluie et toutes les souffrances

Et sans rechigner dans le labeur, tu nous donnas un modèle de vie inestimable !

Mère, c’est à toi que je veux rendre hommage !

Je veux te louer pour cette douce voix qui me chantait des berceuses

Je veux magnifier ces mains angéliques qui m’essuyaient les larmes

Chantons pour ce sourire immortel qui en premier nous accueillit

Ce sourire qui guide nos pas et nous accompagne dans la vie.

Des tonnes d’encre versées, du papier noirci, des flots de paroles

Ne sauraient te dire merci pour ton chef-d’œuvre, génitrice de l’humanité !

Femme Noire, femme du monde, femme qui donne la vie

J’aimerais te serrer dans mes bras aussi fort que le permettent mes forces

J’aurais aimé toujours sentir ce chaleureux cœur battre contre le mien

A l’unisson ils chanteraient un hymne à la vie, un hymne à l’humanité

Car dans ce cœur de chair, dans ce cœur de femme, l’être faible et fragile,

Est enfermé, je vous en conjure, ce que l’humanité a de plus précieux :

L’AMOUR ! Amour du prochain, amour de la vie, l’amour sacrifice de soi.

Maman, permets moi de poser sur ta joue fanée de femme meurtrie par la douleur

Sur cette joue de femme rurale plus douce que l’étoffe de la meilleure soie

Poser, en signe de reconnaissance, un baiser d’amour

Ce baiser qui contient toutes mes larmes, mes peines mais aussi mes joies, mes rires et mes espoirs

Tu m’as donné la vie et chaque jour, tu combattis pour moi sans relâche

Infatigable, à travers ronces et épines, sentiers tortueux, recouverte de rosée

Au bord des marigots, dans les champs, sur les places des marchés

Mais aussi dans le foyer tu sus te battre pour les siens.

Merci mère pour ce dévouement !

Je grave ces mots pour que l’humanité se souvienne de toi

Pour que la postérité te respecte et te loue, mère soumise mais dévouée :

Femme de la pure tradition africaine

Née dans le creuset de la civilisation séculaire

Eduquée dans la rigueur ancestrale pour servir et conseiller la société,

Tu es le soleil qui éclaire les nuits sombres du chef de famille

Etoile céleste qui veille sur le sommeil candide de l’enfant innocent

Femme au cœur large comme la surface de la terre 

Avec patience, douceur et beaucoup de bonté tu éduques l’humanité

Aide et compagne inséparable et fidèle de l’homme depuis la nuit des temps

Inspiratrice des grands hommes de ce monde

A jamais tu seras célébrée, femme du monde entier, femme de l’humanité !

Que Dieu, le créateur divin veille sur toi

Que toutes les mains du monde la bénissent

Et que tous els cœurs se joignent au mien

Que toutes les langues chantent à l’unisson un hymne de vie

Un hymne de paix et d’amour pour ma mère, pour la femme !

Offrons-lui toutes les roses du monde

Ouvrons-lui grands nos cœurs, aimons-la et chérissons-la.

 

 

Thibaud, entraîneur des gardiens du Fc Etoile de l’Est

 Jambu à tous les internautes qui suivent nos aventures palpitantes et extravagantes !!!!!

J’ai passé un magnifique voyage au burundi et je vais vous raconter certaines parties qui m’ont marquée, certaines ou j’ai appris quelque chose !!!

gervaisdonnelesinst.jpg entr3.jpg entr2.jpg entr1.jpg

 

Alors pour commencer je vais vous parler de l’étoile de l’est , l’équipe ou j’ai été l’entraineur spécifique des gardiens .

Le premier jour nous arrivons au terrain principal de Ruyigi. Je vais vous en faire une petite description. C’est un terrain d’une grandeur normale avec 2 goals et des lignes tracée avec du sable…  normal quoi, mais on peut diviser se terrain et trois partie.La première partie est la plus facile à jouer car c’est plat, sans trou et dur (bien trop dur, on dirait du béton… ) et elle recouvre devant un goal, elle m’a fait vraiment très mal cette partie de terrain. La deuxieme partie on pourait l’appeler : la zone de transition car c’est pas encore la broussaille mais le gazon commence à pointer le bout de son nez.  Il y a quelque trous mais c’est rien comparé  à la troisieme partie. Cette dernière partie on pourait l’appeler la brousse : il y a des trous partout l’herbe mesure entre 15 et 35 cm et elle est presque injouable.

Bon, nous arrivons sur ce fameux terrain pour le premier entrainement et par malchance nous sommes  en retard…   donc Gervais(l’entraîneur) nous demande de nous échauffer  avec des ……. Tours de 16 metres !!!  Alors  après env 15tours ont peux commencer  l’entrainement.  Au menu  skipping puis gervais c’est occupé des plus petits , est ensuite venu vers moi et m’a demandé: alors tu est prêt pour donner un entrainement de gardien ??????? Moi pris au dépourvu j’ai approuvé et il m’a laissé seul avec  5 jeunes gardiens à entrainer. Pour commencer l’entrainement j’ai parlé des bases ( prises de balle, technique de plongeons et de mises a terre) mais j’avais l’impression qu’ils ne comprenaient pas tout ce je leur disais jusqu’à ce que Vincent(un autre entraineur vraiment très gentil) arrive a la rescousse de ce jeune entraineur de gardien musungu que je suis. Alors a partir de là quoi de plus facile je donnais des instuction et il traduisait alors je me suis lancé dans des chose plus dur comme l’explication des différentes relances …… tout roulait !! puis l’entrainement c’est  très bien terminé !! j’ai fait presque toujours les mêmes exercises  a mes autre entrainement .

Je voudrais aussi vous raconter un matin qui m’a marqué. Nous avions un tournoi organisé pour le matin et nous devions etre a 8h30 au foyer (terrain annexe de l’étoile de l’est, plus jouable que l’autre mais pas plat vraiment plat …) et en bon européen, à 8h40 nous étions au foyer. Personne…..       Alors je croise Cris(un des gardien que j’entraine) qui me dit : ils vont arriver !! Ok alors on attend. 20 minutes passent alors Cris vient vers moi et me dit : échaufement !! Alors on court…1…2….3….4…..5….6….etc tours de terrains puis on s’arrete et on fait des étirements. Il était 9h40 et toujours personne …    alors je refais des étirements. Avec papa on discute… 10h …     puis on decide de rentrer, on longe l’enceinte de la maison shalom et qui est là en train d’arriver ???? Tous les juniors de l’étoile de l’est suivi des entraineurs … Comme dirait Kurt Cobain : take your time    hurry up    choise is yours DON’T  BE  LATE….. bon mais le tournoi c’est très bien passé après …

Quelque chose d’autre qui m’a marqué c’est la rencontre avec le groupe LION STORY dans leur studio. C’est un groupe de reggae. ( c’est la musique qui m’a permi de survivre dans un univers de reggeaton, zouk, etc   moi qui suis grand fan de rock et principalement de grunge ….  Merci junior tshaka, bob marley, dub et tout les groupes de reggea ..) Ce groupe m’a étonné dans leur dynamique et de la qualité de la musique dans les conditions ou ils doivent travailler franchement CHAPEAU A TOUS LES MEMBRES !!!!!! et bonne continuation.

Sinon j’ai adoré se voyage merci a tous ceux qui nous soutenus et a bientôt pour de nouvelles aventures !!!!!!!